Le leadership féminin : Le club Ouaga Forum Toastmaster interroge les obstacles persistants à l’affirmation des femmes

Dans le cadre de la tenue de leur 17e session de formation en art oratoire, le club Ouaga Forum Toastmaster a initié ce samedi 14 mars 2026 à Ouagadougou, un panel autour du thème, « le leadership féminin est-il un enjeu de compétence ou de combat culturel ? ». La rencontre vise à créer un cadre d’échange sur la place des femmes dans les postes de responsabilité et les défis qu’elles rencontrent dans la société et dans le monde professionnel.

C’est une première dans l’histoire du club d’initier un panel lors des sessions de formation. Et pour une première, les panélistes étaient de taille, car toutes sont non seulement membres actives du club, mais aussi occupent des postes de responsabilité dans des entreprises de la place.

Dès l’entame des échanges, les panélistes ont été unanimes sur un point : les femmes sont compétentes. Les obstacles à leur ascension vers les postes de responsabilité relèvent moins d’un déficit de capacité que de croyances sociales profondément ancrées. En effet, depuis l’enfance, le pouvoir est souvent associé au masculin, ce qui freine l’initiative féminine et fait naître l’autolimitation. « Depuis notre enfance, on nous fait comprendre que lorsqu’on parle d’autorité, de pouvoir, c’est masculin. Ce sont les hommes qu’on doit mettre en avant », a déploré Faousiatou Semdé. Toutefois, les intervenantes ont reconnu une évolution progressive des mentalités, portée notamment par l’éducation et l’engagement croissant des hommes en faveur de la scolarisation des filles.

Le débat a également mis en lumière une réalité nuancée. Celle que les femmes et les hommes disposent aujourd’hui d’opportunités comparables. Cependant, les femmes hésitent davantage à les saisir. La peur de s’affirmer, le doute sur leur légitimité et la crainte du jugement restent des freins majeurs.

De ce fait, le message adressé aux participantes a été clair : sortir de sa zone de confort, s’affirmer sans se placer dans une logique de concurrence avec les hommes, et accepter pleinement les responsabilités qui leurs seront confiées. « Révélons nos compétences. Il faut rompre avec les barrières culturelles. Mesdames, disons-nous que nous pouvons saisir toutes les opportunités qui nous sont offertes. Nous avons du potentiel mais souvent nous avons peur de nous affirmer. Sortons de zones de confort et affirmons-nous », a déclaré Germaine Bako, l’une des panélistes de cette rencontre.

Les panélistes ont souligné que la confiance accordée aux femmes leaders est souvent élevée. Lorsqu’elles acceptent un poste, elles s’investissent pleinement pour démontrer qu’elles le méritent. Être femme leader, ont-elles rappelé, c’est aussi savoir faire la part des choses : s’engager professionnellement sans renoncer à sa vie familiale, dans un équilibre exigeant mais possible.

Gisèle Tamini, quant à elle, a insisté sur le rôle que peuvent jouer les hommes dans la promotion du leadership féminin et la place réelle de la femme dans la société. Leur soutien est essentiel afin d’encourager l’éducation des filles et permettre aux femmes de participer pleinement à la vie sociale et professionnelle. Les femmes ne doivent pas être confinées uniquement à des tâches domestiques, mais doivent aussi pouvoir s’épanouir dans tous les domaines.

« Aujourd’hui dans des familles, des hommes ont compris qu’ils doivent faire en sorte que leurs filles aillent à l’école et deviennent leader demain. La place de la femme n’est plus qu’à la cuisine », a-t-elle expliqué.

Il y a les inégalités auxquelles les filles ont longtemps été confrontées dont l’accès à l’éducation, où pendant de nombreuses années, la priorité était souvent accordée à la scolarisation des garçons. Une situation qui s’est reflétée plus tard dans les parcours scolaires et dans l’accès aux professions les plus spécialisées majoritairement occupées par des hommes. « La fille est dotée de la même intelligence que l’homme. Pour ce faire elle a besoin d’être entendu, inspirée, d’avoir cette confiance en soi pour pouvoir s’affirmer… », a affirmé Rasmata Compaoré.

Des actions concrètes pour valoriser le leadership féminin

Au terme du panel, plusieurs pistes d’action ont été dégagées, notamment renforcer l’autonomisation économique et sociale des femmes, encourager la prise d’initiatives et de responsabilités, développer des mécanismes d’accompagnement et de mentorat et promouvoir la confiance en soi et la solidarité féminine.

Au-delà des mots, il faut noter que le leadership féminin est d’abord une question de compétence, mais il demeure aussi un combat culturel collectif, qui appelle à l’engagement de tous pour faire émerger des femmes leaders audacieuses, authentiques et pleinement légitimes.

Anouchka Zongo (stagiaire)

Fabrice Sandwidi

 

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