Burkina : Le WANEP tend une main aux femmes accusées d’allégation de sorcellerie  

En marge de la journée internationale de la femme, le West Africa Network for Peacebuilding (WANEP-Burkina Faso), a organisé une visite de solidarité aux femmes accusées d’allégation du Centre Delwendé à Sakoula, ce 26 mars 2026. L’objectif est de renforcer la visibilité de la problématique des accusations d’allégation de sorcellerie, en tant que forme de violence basé sur le genre et d’exclusion sociale.

Placée sous le thème mondiale « Droit, Justice, Action pour toutes les femmes et les filles », la visite s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la journée internationale des droits des femmes. L’initiative a rassemblé les responsables de la structure et des représentants du Ministère de la Famille et de la Solidarité, soulignant l’engagement concret de WANEP-Burkina Faso, envers les femmes et les personnes vulnérables.

Photo de famille

À l’occasion de cette activité, les femmes du centre ont bénéficié d’un important appui humanitaire estimé à plus de 2 millions de FCFA. Composé de biens alimentaires, non alimentaires et d’une enveloppe financière de 270 000 FCFA, cet appui est destinée à renforcer l’assistance et à répondre à certains besoins prioritaires.

Prenant la parole, la coordonnatrice nationale de WANEP-Burkina Faso, Alice Combary née Soulama, a précisé que ce don a été rendu possible grâce à la mobilisation des associations membres du WANEP, de ses partenaires et des personnes de bonnes volontés.

La coordonnatrice nationale de WANEP-Burkina Faso, Alice Combary née Soulama

Elle a insisté sur la nécessité de renforcer la solidarité et la cohésion sociale, rappelant que ces femmes accusées à tort, sont avant tout des mères et des tantes, et appelle les communautés à changer de regard et à favoriser leur réintégration familiale. « Celles qui sont ici sont nos mamans, d’autres sont nos tantes. Si nous laissons parler nos cœurs, nous pouvons comprendre leurs défis et contribuer à leur retour chez elles », a-t-elle souligné.

Selon elle, le retour de ces femmes dans leurs familles constitue une condition essentielle pour une paix durable et un meilleur vivre-ensemble.

La porte-parole des bénéficiaires exprime sa profonde reconnaissance invitant à la continuité de ce genre d’action. La responsable du centre sœur Germaine Sawadogo a quant à elle souligné que le centre a besoin d’une assistance continue. Les besoins concernent l’assistance sanitaire, l’appui alimentaire, la sécurité et l’autonomisation.

La responsable du centre sœur Germaine Sawadogo

Créé en 1966, le Centre Delwendé, géré par l’archidiocèse de Ouagadougou, accueille environ 145 pensionnaires, dont une majorité de femmes âgées, ainsi que trois hommes. Parmi eux 60 sont invalide âgées de 80 à 90 ans.

Toutefois, en raison de leur âge avancé, la plupart des femmes ne peuvent plus exercer d’activités génératrices de revenus. Ce qui accentue leur dépendance à l’aide extérieure. Un appel a ainsi été lancé à l’ensemble des partenaires, institutions et bonnes volontés afin de renforcer les actions de soutien.

Le WANEP-Burkina Faso, a réaffirmé son engagement en faveur de la protection des droits des femmes et de leur réintégration sociale. Il entend poursuivre le plaidoyer auprès des autorités afin de renforcer le leadership féminin et la participation des femmes à la consolidation de la paix et du développement. C’est dans ce sens que Marie Thérèse Sombougma, représentante de la Directrice Général de la promotion de la Femme et du Genre, a salué cet engagement de WANEP-Burkina Faso qui apporte sa solidarité aux pensionnaires du centre Delwendé et souhaite que ce genre d’initiative se perpétue.

Marie Thérèse Sombougma, représentante de la Directrice Général de la promotion de la Femme et du Genre

Cette visite de solidarité au Centre Delwendé de Sakoula apparaît comme un acte humanitaire fort et un plaidoyer pour la dignité des femmes marginalisées. Elle met en lumière l’urgence de renforcer la solidarité envers les femmes vulnérables et de lutter contre les stigmatisations liées aux accusations de sorcellerie, en vue de bâtir une société plus juste, inclusive et pacifique.

Bamouni Ange (Stagiaire)

Jolivette Mboumba  (Stagiaire)

 

 

 

 

 

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