Les filles dans les TIC : un webinaire sur l’IA et l’avenir numérique

Le mouvement Femmes TIC Burkina Faso a organisé un webinaire intitulé Girls in ICT sur le thème « L’IA au service du développement : les filles façonnent l’avenir numérique ». Cet événement, tenu le 23 avril 2026, a réuni des ingénieures, entrepreneures digitales et formatrices pour échanger sur les opportunités et les défis liés à l’intelligence artificielle. Les discussions ont mis en lumière, la place des femmes dans le numérique, les risques de dépendance aux outils d’IA, les modèles inspirants et les perspectives pour l’éducation en Afrique.

 

Plusieurs voix féminines se sont exprimées au cours du webinaire. La première intervention est venue de Oukaya Mahamat Traoré, depuis le Tchad. Elle a partagé son intérêt pour l’événement et posé une question centrale : comment éviter de tomber dans la dépendance à l’intelligence artificielle, alors qu’elle s’impose désormais dans tous les domaines ? Cette préoccupation a trouvé un écho auprès des panélistes qui ont insisté sur la nécessité de garder l’humain au centre du processus de réflexion.

Dans la continuité des échanges, Annie Djolbé, ingénieure en informatique, a interrogé les intervenantes sur les femmes qui les inspirent dans la tech et sur les outils d’IA indispensables pour les jeunes filles et femmes, aujourd’hui. Sa double question a ouvert un débat sur les modèles féminins et sur les outils pratiques qui peuvent accompagner les femmes dans leur quotidien numérique.

À la suite de cette intervention, Nouriatou Ouédraogo, ingénieure réseaux et systèmes informatiques, a soulevé une autre problématique. Elle a rappelé que toute technologie comporte des avantages. Mais aussi, des inconvénients. Elle a demandé aux panélistes de préciser les conséquences de l’IA ainsi que les conseils pour éviter d’en subir les effets négatifs.

Enfin, pour élargir la réflexion, Kadidia est intervenue avec une question tournée vers l’avenir. Elle a orienté le débat vers l’éducation, en demandant comment intégrer l’IA dans l’enseignement de base en Afrique afin que les enfants deviennent des créateurs et non de simples consommateurs.

Les réponses des panélistes

Les panélistes, notamment Faridatou Ouédraogo et Massogona Coulibaly, ont apporté des éclairages riches et nuancés. Elles ont souligné que l’IA doit être utilisée comme un assistant et non comme un substitut à la réflexion humaine.

L’un des conseils majeurs a été d’éviter le copier-coller des réponses générées par les outils d’IA et de toujours apporter une touche personnelle, en relisant et en adaptant les contenus à la réalité.

Faridatou Coulibaly a insisté sur l’importance de continuer à se former dans son domaine afin que l’IA reste un complément et non, la base de la connaissance. Elle a rappelé que l’IA peut aider à créer des plans ou des structures de contenu. Mais, c’est à l’utilisateur de développer ses idées.

Concernant les outils, les intervenantes ont cité ChatGPT, Canva, Perplexity, Notion AI, Gamma, ainsi que des plateformes de gestion de projet comme Trello et Asana. Elles ont également mis en avant l’importance de savoir « bien prompter », c’est-à-dire poser les bonnes questions à l’IA pour obtenir des résultats pertinents.

Sur la question de l’éducation, Faridatou Ouédraogo a proposé d’introduire la pensée algorithmique dès le plus jeune âge, afin que les enfants comprennent la logique des machines avant même d’utiliser les outils d’IA. Cela permettrait de former des créateurs capables de commander la machine plutôt que de la subir.

Les parcours inspirants des panélistes

Le webinaire a aussi été l’occasion pour les panélistes de partager leurs parcours. Faridatou Ouédraogo a raconté son cheminement dans le numérique, marqué par des obstacles tels qu’un accident en première année et le fait d’être la seule femme dans sa promotion de Master en Big Data et IA. Elle a insisté sur le manque de modèles féminins visibles dans la tech tout en  affirmant sa volonté de montrer aux jeunes filles que ce domaine est aussi fait pour elles.

Massogona Coulibaly, entrepreneure digitale et promotrice du programme Yiriwali, a expliqué comment elle accompagne les femmes à passer du statut de femme au foyer à celui d’entrepreneure digitale à succès grâce aux outils numériques et à l’IA. Pour elle, le digital est un métier d’avenir qui permet l’indépendance financière et l’autonomisation des femmes.

Ce webinaire Girls in ICT a permis de mettre en lumière, les enjeux liés à l’intelligence artificielle pour les femmes en Afrique. Les échanges ont montré que l’IA est une opportunité formidable pour renforcer les compétences, améliorer la productivité et ouvrir de nouvelles perspectives. Mais, ils ont aussi rappelé que l’IA ne doit jamais remplacer la réflexion humaine.

Les participantes ont insisté sur la nécessité de former les jeunes filles aux outils numériques, de promouvoir des modèles féminins inspirants et d’intégrer l’IA dans l’éducation de manière créative et critique. En plaçant l’humain au centre et en encourageant l’apprentissage continu, l’IA peut devenir un levier puissant pour l’inclusion et l’égalité de genre dans le numérique.

Elisabeth Koama (Stagiaire)

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