Les stagiaires de Queen Mafa ont eu l’opportunité d’échanger, ce lundi 18 mai 2026, avec Clémence Tuina, journaliste à la RTB Zenith et spécialiste en intelligence artificielle (IA). Forte de 18 années d’expériences dans la production d’émissions télévisées et radiophoniques, elle a échangé avec les stagiaires sur les enjeux et l’impact de l’intelligence artificielle dans le journalisme et leur a prodigué des conseils.
Journaliste chevronnée et spécialiste en intelligence artificielle, Clémence Tuina était l’invitée de la rédaction de Queen Mafa ce lundi 18 mai 2026.Fort de ses 18 ans d’expériences dans le métier, madame Tuina a livré un master class sans détour aux jeunes stagiaires présente dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Voix féminines pour l’égalité des genres et la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel à travers le journalisme d’impact ».
D’entrée de jeu, Clémence Tuina a fait savoir que les grands médias comme Washington post et le Monde, utilisent déjà l’IA dans leurs productions. « L’IA est un assistant, il ne fait qu’exécuter ce qu’on lui demande. On lui délègue des taches. Mais, on garde la main. Si on ne lui donne pas des instructions claires, il va halluciner. C’est-à-dire que l’IA va aller dans tous les sens. L’IA n’est pas mal en soi, c’est l’usage qu’on en fait qui fait la différence », indique-t-elle.
Interrogée sur les risques liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour reproduire le style d’écriture d’un journaliste expérimenté, Clémence Tuina a reconnu que cela est aujourd’hui, possible grâce aux outils d’IA. « On peut utiliser l’IA pour copier le style de quelqu’un. Mais, il faut apprendre à trouver son propre style », insiste-t-elle. Elle a aussi parlé du phénomène d’uniformisation des contenus, de plus en plus visible avec l’usage de l’intelligence artificielle.
La formation, clé du succès
S’adressant particulièrement aux stagiaires, elle les a encouragés à se former davantage et à construire leur propre style d’écriture. Sur cette question, Clémence Tuina estime qu’il devient difficile, de nos jours de déterminer avec certitude si un texte a été produit par une intelligence artificielle ou non. Elle a évoqué certains cas où des textes de William Shakespeare auraient été identifiés comme générés par IA par certains logiciels. Une situation qui, selon elle, peut entraîner des injustices dû aux doutes.
L’invitée a également pointé du doigt, la problématique de l’utilisation de l’intelligence artificielle pour tester ou vérifier un document. Comment peut-on se fier entièrement à l’IA pour détecter, qu’un travail est généré par l’IA, s’interroge-t-elle. Elle renchérit : « Que le texte soit généré par l’IA ou non, l’essentiel reste le résultat ». Pour elle, il est important de se poser ces questions : est-ce que mes propos apportent une valeur ajoutée ? Mon écrit a-t-il une valeur informative ? Apporte-t-il quelque chose d’utile au lecteur ?
À la question de savoir si les données fournies à l’IA ne pourraient pas, un jour, porter préjudice aux utilisateurs, Clémence Tuina affirme : « Que ce soit avec l’IA ou avec nos ordinateurs, nos données sont stockées sur des serveurs. Même avec nos e-mails, nos informations peuvent être piratées, mais cela ne nous empêche pas d’utiliser des services comme Gmail. Avec l’IA, il faut surtout établir des règles. Il faut savoir quelles informations partager ou non, et si nécessaire, transmettre des données en gardant l’anonymat ou en modifiant certaines informations sensibles».
Clémence Tuina a confié que son émission « IA au quotidien » est produite à 60 % par l’IA et 40 % par l’humain. « Les outils IA sont du pain béni, la seule limite, c’est notre imagination. L’IA est là pour repousser nos limites et faire de nos des humains augmentés », conclue-t-elle.
Béatrice Koala (Stagiaire)/Queenmafa.net


