Entre blessures invisibles, quête d’authenticité et porter le poids du passé, la conseillère en psychologie et coach Norah Kafando livre une réflexion profonde sur le désalignement intérieur. Elle a lancé, ce mardi 5 mai 2026, en Facebook Live et TikTok Live, la saison 2 de son émission Healing Time. Pour inaugurer cette nouvelle saison, elle a ouvert la thématique sur une blessure aussi répandue qu’invisible : la blessure du non advenu, ou l’art douloureux de vivre dans une vie qui n’a jamais existé.
Avant d’aborder la blessure proprement dite, Norah Kafando a posé le cadre conceptuel de toute la série du désalignement intérieur.
« L’alignement intérieur, c’est l’état dans lequel mes émotions, mes pensées, mes valeurs et ce que je suis sont en harmonie avec ce que je présente, ce que je vis et le travail que je fais », À l’inverse, le désalignement survient lorsqu’une personne est contrainte de vivre en faisant semblant, mettant l’accent sur les apparences, sur sa vie au travail, dans ses relations, dans ses engagements jusqu’à ne plus se reconnaître.

Ce fossé entre l’être et le paraître, précise-t-elle, ne touche pas uniquement les personnes en difficultés. Il frappe aussi, et surtout, celles qui réussissent en apparence parce que selon Norah Kafando, on peut avoir une belle position sociale, réussir financièrement et ne pas être épanoui, malgré tout. « Ça se voit sur le visage. Ça se voit sur la façon d’être », a-t-elle fait remarquer.
La blessure du non-advenu
A en croire la coach, la blessure du non-advenu est l’une des quatre formes de la blessure de l’alignement intérieur dont elle a parlé plus haut.
En termes simples, la blessure du non-advenu est la souffrance née, non pas de ce que l’on n’a jamais vécu. Mais, de ce que l’on aurait aimé vivre. Cela peut être une relation parentale absente, un amour qui n’est pas venu, un soutien qui n’a jamais été offert ou encore des opportunités manquées.
« Si seulement j’avais grandi avec ma mère… Si seulement mon père m’avait aidé… Si seulement mon mari m’avait écouté… ». Ces deux mots «Si seulement » deviennent, selon Norah Kafando, le point de départ d’une vie imaginaire contraire à la vie réelle. La personne blessée construit mentalement un scénario alternatif, une existence parallèle qu’elle estime lui avoir été volée, et finit par vivre dans la nostalgie de quelque chose qui n’a jamais existé.
Ce qui rend cette blessure particulièrement sournoise, insiste-t-elle, c’est son fondement sur une illusion pure. « Rien ne te dit que si tu avais vécu cette situation, ça se serait passé comme tu l’imagines. Peut-être même que Dieu t’a protégé », a interpellé la coach.
Comment reconnaître qu’on est atteint de cette blessure ? La coach en dresse un tableau.
Une tristesse inexpliquée s’installe, d’abord, jusqu’à devenir un trait de caractère. La personne est « triste de naissance », dit-on autour d’elle, sans que personne ni elle-même ne comprennent vraiment pourquoi.
Vient ensuite, l’incapacité à jouir du temps présent. Tout ce qui est là, maintenant, semble insuffisant, parce qu’il est constamment comparé à ce qui aurait dû être. La figure maternelle qui existe pourtant, une grand-mère, une tante, une belle-mère ne compte pas aux yeux de cette personne. Pour cette dernière, ces gens ne représentent pas la mère dont elle a rêvé. Il y a un vide qu’elle n’arrive pas à combler.
S’en suit donc, le sentiment d’être passé à côté de sa vie. Puis, progressivement, une posture de victime traduite par cette phrase, « La vie ne m’a pas donné ce que je méritais ». Un glissement qui paraît subtile. Mais, ravageur, dans lequel la personne se complexe sans s’en rendre compte.
Enfin, la coach pointe le piège de la restitution. C’est le fait de retourner sans cesse vers la personne qui n’a pas donné ce parent, cet ex-conjoint, ce manager… en espérant qu’elle finira par donner. « Chaque fois, tu retournes. Chaque fois, tu reçois une gifle sur la même blessure. Et chaque fois, tu repars en pleurant », a-t-elle confié.
Ce qui touche profondément dans le style de Norah Kafando, c’est qu’elle parle de son histoire, de ce qu’elle a vécu.
« Il y a eu un temps dans ma vie où j’avais cette sensation. Comme si j’étais là, et ma vie était ailleurs, séparée de moi. Comme si j’étais divisée en deux », a soutenu Norah indiquant que cela correspond à une sorte de retraite spirituelle qui l’a conduite à réaliser qu’elle ne vivait pas sa propre vie. « Ce qui a abouti à la vie que j’ai aujourd’hui. Pas forcément, la plus fortunée financièrement ! Mais, celle dans laquelle, je suis réellement épanouie ».
Le fait de reconnaître qu’elle a traversé et vécu cette situation peut être vu comme une faiblesse. Cependant, elle fait remarquer que c’est plutôt une leçon tirée de cette expérience et qui lui a permis de mettre un nom sur ce qu’elle ressentait. Au regard de ce qui précède, elle propose des pistes de solutions.
Première étape : identifier la blessure
De quoi s’agit-il exactement ? Quelle relation n’a pas existé ? Quel manque continue à dicter les comportements d’aujourd’hui ? Voici les questions qu’il faut se poser.
Deuxième étape : faites le deuil ! Acceptez que ce qui n’a pas eu lieu, n’aura jamais lieu ! Que cette personne, ce parent, ce conjoint… ne pourra pas donner ce qu’elle n’a jamais eu la capacité de donner !
« Fais le deuil ! Arrête de retourner réclamer quelque chose que tu n’obtiendras pas ! », a-t-elle insisté.
Troisième étape : revenir au présent
Elle invite tout un chacun à ne plus penser aux événements passés et à laisser dieu agir, à croire en la restauration divine. Mais, pas celle venant des personnes qui sont à l’origine de ces blessures. « L’important n’est pas ce que tu n’as pas reçu. L’important, c’est ce que tu décides de faire avec ce que tu es, aujourd’hui », a-t-elle signifié.
Avec cette deuxième saison, Norah Kafando confirme sa place singulière dans le paysage du coaching et du développement personnel. Son approche mêlant psychologie, foi chrétienne et expérience personnelle parle au public dans un langage simple.
Healing Time, en plus d’être une émission de bien-être, est un espace où l’on prend le risque de regarder en face ce que l’on préfère éviter. Les prochains épisodes de la série Les blessures de l’alignement intérieur promettent d’explorer les autres formes de ce mal silencieux.
Farida Konaté stagiaire
Queenmafa.net


