Du 9 au 10 mai 2026 s’est tenu à Ouagadougou, un atelier de formation des femmes de Baskuy. L’initiative pilotée par l’Association Vision Nouvelle (AVN) en partenariat avec Sp/palu, Voix Essentielles, Kamy et SpeakUp Africa s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le paludisme.
Pendant deux jours, ces ambassadrices dénommées Kampougdba ont été outillées sur les causes, les mesures de prévention du paludisme ainsi que les techniques de sensibilisation. L’appellation kampougdba a une signification particulière. « les kampougdba ont un poids au niveau des familles, des quartiers, dans la communauté, quand elles prennent la parole, elles sont écoutées », a expliqué la directrice exécutive de l’AVN, Irène Zoungrana.
Pour la deuxième journée, deux communications étaient à l’ordre du jour. D’abord, la directrice exécutive de l’association Irène Zoungrana s’est entretenue avec les kampougdba sur le leadership féminin et le rôle de ces dernières, dans la lutte contre le paludisme au sein de leurs communautés. Elle a esquissé plusieurs rôles à savoir, la médiation, l’accompagnement, l’influence des comportements, la sensibilisation et le plus important, l’hygiène dans les maisons et les quartiers. Car c’est le manque d’hygiène qui cause la multiplication de l’anophèle femelle, moustique responsable du paludisme.
La deuxième communicatrice Roukiétou Ouédraogo s’est entretenue avec les femmes sur les actions concrètes à mener dans les communautés pour éradiquer la maladie. Elle a d’abord, rappelé qu’il n’y a pas de petite action dans la lutte contre le paludisme. Toutes les actions comptent.

Un tour de table a ensuite, permis de révéler l’engagement et la détermination des kampougdba.
« Le paludisme laisse des séquelles. Partout, où je serai, j’enseignerai les gens à vivre dans la propreté. N’ayez pas peur des préjugés du genre : vous êtes un blanc », conseille Isabelle Compaoré, présidente de l’Association des femmes catholiques de Kolg-Naaba.
« Le palu fait très mal. Mon engagement commence, dès aujourd’hui. Je suis dans un centre de formation. Si l’AVN pouvait former les gens du centre, ça sera très bénéfique », affirme Marguerite Sama.
Certaines ont déjà commencé la sensibilisation à l’image de Odette Bagré. « Quand j’ai quitté ici, je suis allée au marché pour sensibiliser les femmes sur l’hygiène. On m’a dit que la saleté ne tue pas, que les fous sont sales. Mais, ils ne meurent pas. Et j’ai dit : certes la saleté ne tue pas. Mais, la maladie tue. À la fin, je lui ai dit que j’ai fait ma part et que c’est à elles, maintenant de faire la leur en informant aussi les autres », explique t-elle.
« Je suis de Ouahigouya et je rentre, de temps en temps, au village pour voir mes parents. Désormais. quand je rentrerai, je vais partager mon expérience avec eux », s’exprime une autre, Minata Ouédraogo.
Assèta Guingané, représentante du CSPS du secteur 8 dit avoir beaucoup appris auprès des Kampougdba lors de cette formation. « J’ai appris beaucoup de choses notamment la stratégie d’approche de la communauté. Ce n’est pas facile les gens parce que les gens n’ont pas confiance aux agents de santé. Mais, les ambassadrices vont beaucoup nous aider vu leur proximité avec les familles. Certaines mêmes ont déjà données des idées », affirme t-elle.
Lors de ces échanges, un témoignage qui a retenu l’attention est celui de la réticence de la population face aux agents de santé. Face à cela, Irène Zoungrana a souligné la nécessité de faire confiance aux agents de santé et de se départir des préjugés sur les médicaments et vaccins offerts lors des campagnes de Chimioprevention du Paludisme Saisonnier (CPS). Une mesure gouvernementale pour sauver les enfants de 3 à 59 mois du paludisme.

Mais, ces préjugés viennent pour la plupart du temps, des parents dont les enfants ont réagi différemment aux médicaments. Ils se forgent alors une opinion selon laquelle ces médicaments sont mauvais pour la santé. Présent à l’atelier, le Médecin spécialisé en santé publique Stéphane, a réagi sur ce point essentiel souligné par les femmes. « Le gouvernement mène des études avant de prescrire des médicaments pour une campagne. Chaque médicament peut avoir des effets indésirables. Si le pourcentage des effets positifs dépasse l’indésirable, on prescrit le médicament. Et on a pas le même organisme la réaction de ces enfants c’est ce qu’on appelle les effets indésirables. Ce n’est donc pas une question de mauvais médicaments », a dit-il.
Certaines participantes ont également réagi à travers des témoignages positifs car ayant déjà fait l’expérience des moustiquaires MILDA, des médicaments et vaccins CPS sur leurs enfants ou petits-enfants.
Les femmes se sont alors engagées à l’unanimité pour sensibiliser et briser les clichés sur les médicaments antipaludiques.
Pour Irène Zoungrana, l’initiative est en phase pilote, si celui-ci se montre efficace, elle sera répandue sur tout l’ensemble du territoire national. Car l’ambition est d’avoir un Burkina sans paludisme horizon 2030.
Françoise Tougry
Latyfah Sawadogo stagiaire
Queenmafa.net


