L’automédication chez l’enfant peut entraîner des complications graves, parfois très dangereuses. C’est le constat fait par la pédiatre Dr Alice Zoungrana Kaboré.
Parmi les principales complications, on peut citer :
– Des problèmes neurologiques
L’enfant peut faire des convulsions à cause d’une forte fièvre mal traitée ou d’un mauvais dosage de médicaments. Dans certains cas, un mélange de produits peut provoquer un coma toxique.
– Des atteintes du foie
Certains médicaments pris en trop grande quantité, comme le paracétamol, peuvent abîmer gravement le foie et entraîner une insuffisance hépatique.
– Des difficultés respiratoires
Certains médicaments peuvent ralentir dangereusement la respiration. De plus, une maladie respiratoire comme une pneumonie peut s’aggraver lorsqu’elle est mal diagnostiquée ou simplement masquée par des traitements pris sans avis médical.
– Des infections graves
L’automédication peut cacher les signes de maladies sérieuses comme la septicémie, la méningite ou une pneumonie sévère, retardant ainsi la prise en charge médicale. La septicémie, c’est quand une infection devient très grave et se répand dans tout l’organisme.
– Le paludisme grave
Un traitement inadapté ou commencé trop tard peut transformer un simple paludisme en une forme grave, avec anémie sévère et parfois, un risque de décès.
– Une déshydratation sévère
Par exemple, lorsqu’une diarrhée est mal prise en charge à domicile.
– Des problèmes rénaux
Certains médicaments peuvent être toxiques pour les reins et provoquer une insuffisance rénale aiguë.
« C’est pourquoi, il est important d’éviter l’automédication chez l’enfant et de demander conseil à un professionnel de santé avant de donner un médicament », recommande la pédiatre.
Selon Dr Zoungrana, chez les enfants, l’un des facteurs expliquant le recours à l’automédication est le coût des consultations et des médicaments. Toutefois, elle fait remarquer que depuis plusieurs années, la politique sanitaire au Burkina Faso a intégré la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants jusqu’à l’âge de 5 ans.
« Ceci a fait baisser considérablement l’automédication. Cependant, beaucoup reste encore à faire, en prenant en compte les autres facteurs liés à l’automédication », précise-t-elle.
Françoise Tougry


