Dans les marchés burkinabè, la vente de la graine de palme ou noix de palme appelée Teï, constitue une source de revenu pour de nombreuses femmes. Utilisée pour extraire l’huile rouge ou préparer la succulente sauce graine qui accompagne le placali ou autres recettes, elle connaît aujourd’hui, une flambée qui inquiète, clientes et vendeuses. C’est le cas de Korotimi Zoungrana, vendeuse de noix de palme depuis une vingtaine d’années.
Ici, au marché de Paglayiri à Ouagadougou, nous avons rencontré Korotimi Zoungrana. Exerçant ce métier depuis plus de deux décennies, tout le marché la reconnaît comme une passionnée de ce commerce.
Arrêtée devant sont étal, c’est avec entousiasme qu’elle relate son parcours, son quotidien, les difficultés rencontrées et les changements observés au fil des années.
Mariée et mère, elle vivait en Côte d’Ivoire. Lorsque son mari a pris sa retraite, les conditions de vie étaient un peu, difficiles et ils ont décidé de regagner le bercail.
Une fois au pays, il lui fallait une occupation pour soutenir son mari. C’est ainsi qu’elle se lance dans le commerce de graines de palme. Elle débute avec une petite quantité, reflétant ses moyens de bord. Puis, avec le temps, son activité évolue doucement.

Habitant à Kouritenga, elle se rend à pied à SITARAIL pour payer les noix de palme et venir revendre dans ce marché. Durant tout le trajet, elle porte sa marchandise sur sa tête. Avec l’âge, elle ne peut plus parcourir de longue distance et continuer à porter également de lourdes charges.
En son temps, la denrée coûtait moins chère. En effet, la mesure de huit bols se vendait à seulement 5500 FCFA. Ensuite, le prix a augmenté à 6500F. Aujourd’hui, elle est passée à 6 500 FCFA pour seulement 7 bols, influençant par la même occasion, le prix de l’huile de palme. Non seulement, elle perd en quantité. Mais aussi, en chiffres d’affaires. Une hausse qui complique les ventes. « Quand il y a marché et qu’on arrive à écouler vite, il y a du bénéfice. Mais, quand les ventes sont lentes, c’est très difficile », confie-t-elle.

Korotimi Zoungrana explique que le prix de la graine de palme n’a cessé d’augmenter.
Plongée dans son commerce depuis de nombreuses années, dame Zoungrana précise qu’elle a pu, profiter malgré tout, de son commerce car cela lui a permis de nourrir sa famille et de payer la scolarité de ses enfants qui, aujourd’hui, sont grands et responsables.
Un commerce, de nombreux défis
Elle souligne qu’avec les différentes spéculations, certains clients pensent que les vendeuses exagèrent sur les prix, alors que ce n’est pas de leur faute.
Un autre défi lié à la vente des noix de palme est la conservation. Lorsque la graine reste longtemps exposée au soleil, elle noircit comme si ça avait été préparé. « Les clientes pensent que c’est gâté et elles n’achètent pas. Pourtant, c’est juste la texture qui a changé. C’est toujours bon à l’intérieur. Celles qui achètent finissent par revenir témoigner de la bonne qualité », clarifie-t-elle.

La vendeuse importe sa marchandise du Ghana et de la Côte d’Ivoire. « Mais, en fonction du pays d’origine, la texture est différente», précise t-elle.
Les choses ont changé car la marchandise vient à elle, maintenant. Grâce à ce commerce, elle a pu subvenir aux besoins de sa famille lorsque son mari a pris sa retraite. Aujourd’hui, elle exprime sa gratitude au tout puissant car ses enfants sont autonomes et peuvent se prendre en charge.
Elle partage aussi une pensée qui résume sa philosophie de vie : « Quand on accepte de vivre dans la difficulté, un jour, ça ira. Mais, si l’on refuse, on devient un voleur », conclut-elle.
Pour elle, la situation actuelle du pays influence beaucoup le commerce. Mais, elle garde néanmoins espoir quant au retour de la paix au Burkina Faso.
Latyfah Sawadogo (stagiaire)


