Hausse des prix des produits de grande consommation : Le Burkina Faso durcit les mesures contre la spéculation

Le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat a réuni, ce lundi 10 août 2026 à Ouagadougou, les hommes et femmes de médias autour des mesures de lutte contre la hausse des prix des produits de grande consommation. Une occasion pour le ministre Serge Gnaniodem Poda, d’apporter des éclaircissements sur les actions engagées par le gouvernement pour contenir la hausse des prix, lutter contre la spéculation et préserver le pouvoir d’achat des populations.

Le Camarade ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda a relevé la hausse persistante de plusieurs produits, notamment le sucre, les œufs, le savon, la viande, le poisson, le ciment et les motocycles.

En effet, en juillet 2026, les services du ministère ont constaté une hausse d’environ 18 % du prix du sucre SN SOSSUCO, alors que le sucre granulé en vrac est fixé à 600 F CFA, le kilogramme. La plaquette d’œufs, dont le prix est plafonné à 3 000 F CFA, connaît également une hausse d’environ 16 %, tandis que le savon Citec enregistre une progression de plus de 16 % par rapport au prix réglementé de 400 F CFA, la boule.

Selon le ministre, ces hausses sont liées à plusieurs facteurs, notamment les tensions géopolitiques, les difficultés d’approvisionnement, l’augmentation des coûts de transport et la forte demande intérieure.

Par ailleurs, il pointe du doigt certaines pratiques spéculatives, la rétention de stocks et la fixation illicite des prix par certains opérateurs.

Entre 2025 et le premier semestre 2026, plus de 52 000 opérateurs économiques ont été contrôlés ayant permis de relever plusieurs infractions, notamment la pratique de prix illicites, le stockage clandestin, la fraude ainsi que la commercialisation de produits périmés ou prohibés.

Face à ces pratiques, le gouvernement annonce un durcissement des mesures. Les contrevenants s’exposent ainsi au paiement d’amendes, à la saisie ou à la confiscation de marchandises. Pour les récidivistes, les sanctions pourront aller plus loin allant de la fermeture définitive de certains lieux de vente au retrait des titres ou autorisations d’exercer.

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A l’issue de cela, le ministre a également évoqué la possibilité de mesures contraignantes, notamment la réquisition de certains récidivistes pour des travaux d’intérêt commun.

Le secteur des motocycles fera également l’objet d’un encadrement renforcé. Désormais, les acteurs intervenant dans l’importation, le montage/fabrication et la distribution devront disposer des agréments requis.

A cet effet, les importateurs devront obtenir une autorisation spéciale d’importation afin de permettre un meilleur suivi des produits, depuis leur origine jusqu’à leur mise sur le marché.

Le gouvernement maintient par ailleurs, la suspension de l’exportation de certains produits, tels que le riz, le niébé, les céréales et le bétail sur pied, afin de garantir l’approvisionnement du marché national. Cette mesure vise à éviter que des produits fortement demandés au Burkina Faso ne soient exportés alors que les besoins de la population ne sont pas suffisamment couverts. Il a également annoncé la poursuite des efforts en faveur de la production nationale et de l’industrialisation, avec notamment le renforcement des capacités des unités nationales produisant du sucre, de l’huile alimentaire et du savon. Ainsi, la durée de validité des autorisations spéciales d’importation est passée de 12 à 6 mois, pour permettre d’accélérer    l’arrivée des produits sur le marché national.

Pour le gouvernement, les commerçants qui respectent les règles demeurent des partenaires essentiels dans l’approvisionnement des populations.

Par ailleurs, le ministre Serge Gnaniodem Poda a rappelé que les comportements spéculatifs et les violations répétées de la réglementation ne seront plus tolérés. Les contrôles seront ainsi intensifiés sur les marchés, les stocks, les lieux de stockage et l’ensemble des circuits de distribution. « Il n’y aura plus de pitié », a-t-il souligné en invitant les consommateurs à dénoncer toute pratique contraire à la loi en appelant aux numéros suivants : 80 00 11 84/ 80 00 11 85/ 80 00 11 86

Le gouvernement entend donc par ces mesures, de faire respecter les prix réglementés, garantir la disponibilité des produits et surtout empêcher que la spéculation ne se fasse au détriment du pouvoir d’achat des populations burkinabè.

Sawadogo Augustine (Stagiaire)

 

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