À Bobo-Dioulasso, la compagnie Fientan, composée de danseurs sourds et malentendants, révolutionne la scène artistique grâce au Vibra-Signe, une technique innovante créée par le chorégraphe burkinabè Yaya Sanou.
Fondée en 2018, la troupe s’appuie sur une méthode originale qui combine la langue des signes, les vibrations du sol et le toucher pour permettre aux danseurs de ressentir le rythme. « Quand les pieds nus sont posés sur le sol, on ressent les vibrations. J’essaie de créer un lien entre cette résonance, la musique et les mouvements », explique Yaya Sanou.
Née d’un défi personnel, cette technique visait à offrir aux jeunes sourds de son quartier la possibilité de pratiquer la danse traditionnelle, pilier de la culture burkinabè. Aujourd’hui, elle permet aux danseurs de développer une perception unique du tempo, fondée sur les sensations corporelles plutôt que sur l’ouïe.
Pour les membres de la compagnie, la danse est bien plus qu’un art : c’est un moyen d’expression et d’émancipation. « La danse m’aide à m’épanouir, à communiquer et à raconter mon histoire », témoigne la danseuse Sanou Waramata.
Le talent de Fientan a franchi les frontières. La troupe a remporté la médaille d’or en création chorégraphique aux IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa, avec le spectacle « Adepte de mon être », qui met en lumière les défis et la volonté d’inclusion des danseurs sourds et malentendants.
À travers le Vibra-Signe, Yaya Sanou démontre que la danse peut se vivre par le corps, les vibrations et l’émotion, ouvrant la scène à celles et ceux que le silence n’empêche pas de créer.
Source : Africanews


