Les règles douloureuses peuvent être éprouvantes pour certaines femmes, au point d’affecter leur quotidien, leur sommeil ou encore leurs activités. Pourtant, ces douleurs sont parfois très minimisées ou considérées comme une conséquence normale des menstruations. Derrière cette banalisation, certaines jeunes filles vivent une souffrance réelle, souvent difficile à faire comprendre à leur entourage. Témoignage de Nina Ouédraogo, étudiante en philosophie, qui, au-delà de la douleur physique qu’elle subit depuis ses premières règles, se heurte également à l’incompréhension de son entourage.
Nina souffre de règles douloureuses depuis ses premières menstruations. Elle raconte avoir eu ses premières règles alors qu’elle était en classe de troisième. Dès cette première expérience, les douleurs étaient déjà présentes et se sont poursuivies jusqu’à aujourd’hui. Contrairement à certaines jeunes filles qui peuvent être surprises pour la première fois, Nina dit n’avoir pas eu peur car elle était déjà informée sur le sujet. « J’étais à l’école quand ça m’est arrivé pour la première fois. Je me suis simplement protégée, sans inquiétude particulière », explique-t-elle.
Si ses premières menstruations n’ont pas été une source de peur, elles ont marqué le début d’une souffrance qui persiste encore. Depuis, chaque période de règles s’accompagne de douleurs qu’elle décrit comme très intenses. « C’est une douleur inexplicable, des contractions pas possibles », témoigne-t-elle.
Contrairement à certaines femmes, dont les douleurs se limitent aux quelques heures de gêne qu’elles peuvent ressentir pendant leurs menstruations, celles de Nina, bouleversent directement son quotidien. L’école, le travail, les activités et même le sommeil sont affectés. « Cela affecte mes activités de ce jour, l’école, le travail, ainsi que le sommeil. Je ne peux pas dormir à cause de la douleur » dit -t-elle.
Elle explique qu’elle est contrainte de manquer très souvent les cours pendant ces périodes. « Même quand ça vient chez moi, je ne peux pas partir à l’école. »
Pour Nina, ces périodes de menstrues sont une épreuve douloureuse qu’elle vit en silence sans véritable prise en charge. Elle explique qu’elle ne fait habituellement rien pour soulager ses douleurs. Lorsqu’elle a ses règles, elle subit la douleur jusqu’à la fin de ses menstrues. Elle dit n’avoir consulté un professionnel de santé qu’une seule fois. « On m’a injecté des produits », raconte-t-elle.
Une souffrance que l’entourage peine à comprendre
Au-delà de la douleur physique, Nina doit également faire face à l’incompréhension de son entourage. Selon elle, les règles douloureuses ne sont pas toujours considérées avec le sérieux qu’elles méritent. « Les gens voient ça drôle », déclare-t-elle, indignée.
Elle dit également avoir été confrontée à des remarques laissant entendre qu’elle ne serait pas réellement malade. « Ils n’arrivent pas à comprendre la douleur que je subis », rapporte-t-elle. Nina affirme aussi avoir déjà entendu que ses douleurs étaient simplement normales puisque toutes les femmes connaissent les menstruations. Ine manière de relativiser sa souffrance qu’elle dit avoir vécue à plusieurs reprises.
Malgré tout, cette situation ne l’empêche pas de parler de ses règles. Elle ne ressent pas de honte ou de gêne à ce sujet et ne considère pas les menstruations comme tabou. « C’est un sujet que tout le monde sait et maîtrise. Donc, pas de tabou! », estime-t-elle.
Malgré ces douleurs qui perturbent régulièrement son quotidien et tous les préjugés qui vont avec, Nina affirme que cela n’a pas affecté sa confiance en elle.
Les femmes et les jeunes filles souffrant de ce mal doivent être mieux accompagnées
Face à cette expérience douloureuse, Nina souhaite que les femmes et les jeunes filles qui vivent cette douleur chaque mois puissent bénéficier d’un meilleur accompagnement. Pour elle, cela passe par des conseils. Mais aussi par un accès plus abordable aux médicaments permettant de soulager la douleur. « Réduire les prix des calmants pour permettre à chaque fille qui en souffre de pouvoir acheter » déclare-t-elle.
Son message s’adresse également à ceux qui considèrent les douleurs menstruelles comme sans importance. « À ceux qui ne considèrent pas ça comme une maladie, ils doivent prendre cela au sérieux, car vraiment les jeunes filles souffrent et elles doivent être accompagnées » insiste-t-elle.
Nina interpelle également les autorités et les professionnels de santé afin qu’ils renforcer la sensibilisation autour des règles douloureuses et de faciliter l’accès aux produits destinés à soulager les personnes concernées.
Augustine Sawadogo stagiaire



