Une conférence publique consacrée à l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité (résolution 1325) et à l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (résolution 2250) s’est tenue, ce lundi 24 août 2026 à la Maison de la Femme, à Ouagadougou. À l’issue des échanges, les participants ont eu l’occasion de partager leurs impressions, leurs acquis et leurs propositions pour renforcer la participation des femmes et des jeunes dans la construction de la paix. Pour plusieurs d’entre eux, la rencontre a également permis de mieux comprendre les résolutions 1325 et 2250 et de prendre conscience de la nécessité de faire connaître davantage ces engagements au sein des communautés.
Pour certains participants, la conférence a été une véritable découverte. C’est le cas de la coordonnatrice régionale de projets à l’Association burkinabè pour le bien-être familial (ABBF) à Ouagadougou, Absèta Ganamé, épouse Méda, qui explique que la rencontre lui a permis de mieux comprendre le contenu de ces agendas. « C’est la première fois que j’entends ça », confie-t-elle. Pour elle, il est désormais nécessaire de renforcer la communication et de mieux coordonner les actions des différents acteurs.

Le manque d’information ne concerne d’ailleurs pas uniquement, les personnes qui découvrent ces agendas. Plusieurs participants ont relevé que même certaines organisations engagées dans la promotion de la paix ne maîtrisent pas encore suffisamment les résolutions 1325 et 2250. Une situation qui, selon eux, montre l’importance de poursuivre la sensibilisation et de rapprocher davantage l’information des communautés.
Les femmes et les jeunes au cœur de la construction de la paix
À la suite des échanges, une autre idée s’est imposée : les femmes et les jeunes ne doivent pas être considérés uniquement comme des victimes des conflits. Mais aussi, comme des acteurs capables de contribuer à leur prévention et à leur résolution.

Pour le chargé de communication et représentant de l’Association pour la promotion féminine de Gaoua, Youl Sié, les femmes et les jeunes doivent être davantage associés aux processus de paix. Il rappelle que les femmes et les enfants représentent une grande partie des personnes déplacées internes au Burkina Faso. Pour lui, leur implication est donc indispensable pour parvenir à une paix durable.
La conférence a également amené certains jeunes à revoir leur propre perception de leur rôle dans la résolution des conflits. « Nous, en tant que jeunes, nous pouvons avoir une plus-value dans ce processus », explique le représentant de l’Association pour la promotion féminine de Gaoua. Il entend désormais participer aux discussions communautaires, notamment lors des rencontres autour des conflits, au lieu de considérer ces questions comme une affaire des personnes âgées.

Pour Nourdine Koala, de la Coordination nationale de la communauté des jeunes engagés au Burkina Faso, la rencontre a également permis de mieux comprendre les possibilités offertes aux jeunes. Il estime qu’une meilleure collaboration entre les acteurs est nécessaire et que les organisations de femmes doivent pouvoir prendre toute leur place dans les actions liées à ces agendas
Faire parvenir l’information jusque dans les communautés
Pour les participants, l’un des principaux défis reste la vulgarisation des résolutions. Plusieurs proposent de multiplier les actions de sensibilisation, notamment à travers les associations, les émissions radio, les théâtres-forum et les réseaux sociaux.

La secrétaire générale de l’Association pour la Promotion féminine de Gaoua, Youl Tiénomana, va plus loin. Elle suggère de rendre les informations disponibles en langues locales afin de toucher les populations. « Avec le français, ce n’est pas tout le monde qui maîtrise. Mais, si c’est en langues locales, je pense que le message sera bien passé », souligne-t-elle.
Cette nécessité d’aller au-delà des grandes villes est également relevée par Nourdine Koala. Selon lui, les initiatives doivent être davantage renforcées dans les zones rurales et les localités éloignées, où certaines personnes disent encore n’avoir jamais entendu parler des résolutions.
Passer de l’information à l’action
Au-delà de la sensibilisation, les participants souhaitent surtout que les connaissances acquises soient transformées en actions concrètes. La coordonnatrice régionale de projets à l’ABBEF envisage ainsi de jouer un rôle de relai auprès des femmes de sa communauté. Elle considère que les femmes doivent comprendre qu’elles sont, à la fois, victimes des conflits. Mais aussi, actrices et porteuses de solutions.
Du côté des jeunes, l’engagement passe également par le partage de l’information. Nourdine Koala prévoit informer d’autres jeunes sur l’existence des textes qui reconnaissent leur contribution à la paix et à la sécurité.

Pour l’étudiante en Lettres modernes et représentante du Réseau des Femmes Leaders pour la Tolérance et la Paix dans la région des Kuilsé, Salamata Ouédraogo, la conférence rappelle surtout la nécessité de prendre en compte la voix des femmes et des jeunes dans la société. Elle insiste également sur l’importance de défendre les droits des femmes et de faciliter leur accès aux ressources, notamment à la terre et à l’eau.
À travers ces différentes interventions, les participants retiennent surtout la nécessité de mieux faire connaître les agendas Femmes, Paix et Sécurité et Jeunesse, Paix et Sécurité. Mais, aussi de donner aux femmes et aux jeunes une place plus importante dans les initiatives de paix. Pour eux, la conférence ne doit pas rester un simple cadre d’échanges : les connaissances acquises doivent désormais être partagées et transformées en actions dans les communautés.
Augustine Sawadogo (stagiaire)



