En 2021, en collaboration avec l’ambassadrice de bonne volonté pour le musée national, la camarade cinéaste Apolline Traoré, le musée a acquis des œuvres d’artistes contemporains burkinabè qui sont exposées en plein air. Ici, nous avons l’œuvre de Sahad Koanda, dénommée Wayiyan.
Inaugurée en janvier 2022, Wayiyan ou la solidarité, l’unité ou encore la cohésion sociale est une œuvre réalisée par Sahad. Au-delà de son imagination, ce sont des métaux qui quittent leur corps de rouille pour renaître dans un musée national. Un espace de dignité, de respect et d’honneur !
Les peindre revient à leur donner, une nouvelle apparence, un nouveau souffle dans un monde nouveau. La multitude des couleurs symbolise la pluralité des langues, des ethnies, des communautés, des religions. Tout cela est fixé à la même racine, un cheval.
Le cheval est un symbole universel puissant qui incarne à la fois la liberté, la force physique, la noblesse et le mouvement. Compagnon historique de l’humanité, il représente le dynamisme, le courage face aux obstacles et l’énergie vitale qui pousse à aller de l’avant. Supportant le poids de toutes ces charges et tolérant les différences, il garde son équilibre et maintient son harmonie.
Selon Harouna Damiba, guide au musée national, Wayiyan signifie globalement en mooré, « Répondez à l’appel ! On a un message pour vous. Venez écouter ! ». Ici, le message, c’est le vivre-ensemble. Sculpteur, peintre, musicien, designer, il met sa passion au service des expositions et des résidences d’artistes au Burkina Faso et partout.
Grâce à la peinture et la créativité, il laisse ses empreintes. Celles d’un jeune burkinabé qui, d’un simple regard, a su transformer de vieux métaux en patrimoine. Il embarque tout un pays dans une aventure extraordinaire, alliant valeurs artistiques et culture de la paix pour que le Burkina Faso brille dans un esprit de patriotisme et de solidarité.

Selon l’idée de l’artiste Sahad Koanda, les Wayiyan ne sont pas forcément ceux qui sont au niveau des ronds-points et qui militent pour la promotion de la paix. Les Wayiyan, c’est aussi l’ensemble des Burkinabè qui s’engage pour que la nation reste toujours debout.

Wayiyan, plus qu’un objet d’art
Issu d’objets de récupération, à première vue, pour le citoyen lambda, il est bizarre et l’on se demande, quelle est son importance. Eh bien ! Il sert à plusieurs choses. Il s’agit, entre autres, de protéger l’environnement en réutilisant ces objets au lieu de les jeter, d’en faire des objets décoratifs et utiles, de faire des économies en donnant une seconde vie à ces objets usagés.
Chaque visiteur, chaque touriste immortalise son passage ici en prenant des photos qui serviront de canal de communication, d’histoire et d’archives.
Désormais, chaque objet de récupération en dehors du fer (une bouteille en plastique, une boîte de conserve, des cartons, les seaux, les chaises…) ne doit plus être vu comme de simples déchets. Chacun doit apprendre à les trier, à les réutiliser ou à les transformer.
Lire aussi Super Galian : Les femmes sur la plus haute marche, une première au Bukina Faso
L’importance de soutenir de telles initiatives
Elles peuvent aussi contribuer à créer de petites activités génératrices de revenus.
Évoluer dans ce domaine est bien. Mais, cela nécessite un appui conséquent, de la part des mécènes, de bonnes volontés ou des partenaires techniques et financiers aptes à encourager l’autonomisation des jeunes.
Ils peuvent également financer les projets de collecte, de tri, de recyclage et de transformation des déchets.
En outre, former les jeunes et les associations aux techniques de récupération, de recyclage et de fabrication d’objets utiles est une bonne perspective dans la mesure où ils leur fournissent des machines, des outils de transformation, des équipements de protection, des espaces de travail, etc.
En magnifiant cette œuvre d‘art, Sahad Koanda lance un message fort à tout le monde. Même hors de nos frontières ! Il faut absolument accompagner les petites entreprises qui fabriquent des objets à partir de matériaux récupérés.
Soutenir la sensibilisation des populations sur le tri et la réutilisation des déchets, faciliter l’accès au marché en aidant les producteurs à commercialiser leurs objets, encourager l’innovation et les initiatives locales qui transforment les déchets en produits à valeur ajoutée, cela a toujours un impact positif sur la société.
En résumé, les PTF peuvent faire comprendre que l’objet récupéré n’est pas seulement un déchet : c’est une ressource qui peut contribuer à la protection de l’environnement, à la création d’emplois et au développement économique local.
La découverte du Wayiyan entre dans le cadre de l’excursion touristique organisée par Faso Tourisme au profit des lauréats du Galian 2026. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre de la saison du tourisme interne.
Françoise Tougry



