« Le premier travail de la femme, c’est son mari » : Vérité, tradition ou vision dépassée ?

« Le mariage valorise la femme », dit-on souvent dans nos sociétés africaines. Pendant longtemps, cette idée était presque une obligation pour être respectée et acceptée, faisant du mariage une étape incontournable, voire prioritaire. Être épouse et mère était alors, perçu comme l’accomplissement principal. Mais, aujourd’hui, avec l’accès croissant des filles à l’éducation, l’évolution des mentalités et l’émergence de nouveaux modèles de réussite féminine, cette vision est, de plus en plus, remise en question. Entre respect des valeurs traditionnelles et aspiration à l’autonomie, la place du mariage dans la vie des femmes suscite désormais, un véritable débat : le premier travail d’une femme est-il vraiment, son mari ?

Le débat sur le rôle premier de la femme reste d’actualité. Si pour certains, le mariage occupe la première place dans la vie de la femme, d’autres par contre, considère cette vision comme dépassée et ne correspond plus à la réalité actuelle. Pour Oumou Kéré, étudiante en communication, se marier reste une priorité. « Dans la société africaine, la femme est très bien respectée lorsqu’elle est mariée », déclare-t-elle.

Elle explique que le parcours scolaire peut retarder cette étape importante. « Si tu veux aller loin à l’école, jusqu’au master ou doctorat, tu peux te retrouver à 27 ou 30 ans, et là ça devient compliqué de trouver un mari », ajoute-t-elle en insistant qu’il est préférable de se marier d’abord, quitte à travailler ensuite parce que le travail ne fuit pas. Pour elle, le mariage est quelque chose de passager, difficile à rattraper si le temps passe.

Une vision partagée par Daniel Lankoandé, commerçant, qui estime que la priorité principale de la femme, c’est son mari. Il explique que, selon la tradition, la femme doit d’abord s’occuper de son mari, de sa maison et de ses enfants. Cela permet de garder l’équilibre du foyer.

Eléonore Ouédraogo, étudiante en communication

Cette idée est catégoriquement rejetée par Eléonore Ouédraogo, étudiante en communication. « Cette affirmation ne tient pas du tout debout », dit-elle sans détour. Selon elle, cela revient à réduire la femme à un rôle de service. Elle insiste plutôt sur une autre priorité. « Le premier travail d’une femme, c’est son boulot. C’est de prendre soin d’elle-même. Le mari viendra après », affirme-t-elle en rappelant que le mariage repose sur l’entraide et non sur une dépendance.

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C’est justement ce point de vue que défend Méliane Bélemniégré, étudiante en sociologie. Pour elle, toute chose a de la valeur selon le contexte et celui d’aujourd’hui, a profondément changé. Elle rappelle qu’autrefois, les femmes étaient limitées aux besoins du foyer : mariage, enfants et gestion domestique.

« De nos jours, les femmes veulent s’épanouir, avoir une autonomie financière, participer à la vie sociale et politique », déplore-t-elle. Elle affirme que les mentalités des parents ont évolué et ils privilégient aujourd’hui, l’éducation et la stabilité financière de leurs filles.

Dans la même dynamique, Épiphanie Bationo, vendeuse de fruits, met en avant l’importance du travail. « Le premier travail d’une femme, ce n’est pas son mari, c’est son boulot », affirme-t-elle. Pour elle, l’indépendance financière est essentielle. Elle permet à la femme de se sentir en sécurité, d’avoir confiance en elle et d’avancer sans dépendre de qui que ce soit.

En fin de compte, la société est en pleine transition. Entre les valeurs traditionnelles qui placent le mariage au centre et les aspirations modernes tournées vers l’autonomie, les femmes redéfinissent leur place. Finalement, la question du « premier travail » de la femme dépend désormais des choix, des réalités et des ambitions de chaque femme, partagée entre héritage culturel et volonté de s’affirmer.

Augustine Sawadogo stagiaire

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