De Tilaï d’Idrissa Ouédraogo à Buud Yam de Gaston Kaboré, en passant par Katanga, la danse des scorpions de Dani Kouyaté, les trois Étalons d’or de Yennenga ont été projétés dans le cadre de la Semaine de la critique de cinéma de Ouagadougou (SECRICO). La projection de Katanga, la danse des scorpions, jeudi 10 septembre 2026 à Ouagadougou, a ainsi marqué la fin de cette série consacrée aux films qui ont marqué l’histoire du cinéma burkinabè.
Prévue du 8 au 12 septembre 2026, la SECRICO consacre ses trois premières journées à la projection et à la critique de ces trois œuvres récompensées par l’Étalon d’or de Yennenga. L’objectif est de permettre aux participants de mieux comprendre la manière dont ces films ont été conçus, tout en favorisant la réflexion et l’émulation autour du cinéma burkinabè. L’activité est organisée par l’Association des critiques du cinéma au Burkina Faso.
Après Tilaï et Buud Yam, c’est donc Katanga, la danse des scorpions qui a été mis à l’écran. Réalisé par Dani Kouyaté et tourné en mooré, avec des sous-titres en français, le film a remporté l’Étalon d’or de Yennenga lors du FESPACO en 2025. Le film relate l’histoire d’un jeune homme nommé Katanga, dans le royaume imaginaire de Ganzurgu. Alors que le roi Pazouknam vient de déjouer un complot contre son pouvoir, il décide de nommer son cousin Katanga à la tête de l’armée afin de renforcer son autorité.

Chargé de cette lourde responsabilité, Katanga consulte un devin. Celui-ci lui annonce que le trône de Pazouknam pourrait un jour, lui revenir. Mais, il prédit également qu’il pourrait mourir dans un futur complot. Cette prophétie fait naître en lui, une ambition de plus en plus grande. Sous l’influence de son épouse Pougnéré, Katanga commence alors à prendre des dispositions pour accéder au pouvoir.
Au fil de l’histoire, Katanga change progressivement de visage. Lui qui était présenté comme un homme respecté et loyal devient manipulateur et violent. Obsédé par la conservation du pouvoir, il s’isole et se laisse entraîner dans une spirale de décisions qui le conduisent à perdre son humanité.
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Le film concilie ainsi pouvoir, ambition, loyauté, trahison et destin. Il joue également sur le rapport entre le visible et l’invisible. Les scènes de soldats à moto et armés de fusils côtoient des séquences qui semblent appartenir à un autre temps. Les passages en noir et blanc, les rêves et les visions prophétiques renforcent cette dimension symbolique, inspirée des récits africains traditionnels.

À travers le parcours de Katanga, Dani Kouyaté montre comment la recherche du pouvoir peut transformer un homme et le conduire à perdre son humanité.
Comme pour les deux précédentes œuvres, la projection a été suivie d’un échange avec les participants. Animée par le cinéaste Sékou Traoré, il a décortiqué le film, notamment la narration, les décors et la construction de l’histoire.
Une occasion pour ces derniers de mieux comprendre les choix effectués derrière l’œuvre et les différents éléments qui composent son récit.
Pour l’actrice, réalisatrice et scénariste franco-burkinabè ayant pris part à la séance, Mouna N’diaye cette démarche est très importante. La projection de ces œuvres permet selon elle, de faire découvrir davantage le cinéma national aux jeunes générations.

Elle estime également que cette initiative contribue à promouvoir le cinéma burkinabè, mais aussi à préserver la mémoire de son histoire.
Ces œuvres, qui ont traversé le temps et marqué le parcours du septième art burkinabè, constituent ainsi un patrimoine à faire connaître aux générations actuelles.
Augustine Sawadogo stagiaire



