Compétences féminines :  Mariam Yago, une interprète judiciaire à l’avenir prometteur

Au Tribunal de grande instance (TGI) de Kaya, une jeune dame trace avec rigueur et détermination, les premiers sillons de sa carrière. Assistante en interprétation judiciaire, elle s’est davantage fait connaître du public lors des audiences foraines organisées à Boussouma autour des mutilations génitales féminines. Animée par une véritable passion pour le droit et un engagement professionnel prometteur, elle incarne une nouvelle génération de femmes qui œuvrent au service de la justice. Zoom sur le parcours d’une passionnée de droit à l’aube d’une carrière pleine de promesses!

C’est une femme au teint ébène, taille moyenne à la silhouette généreuse qui s’est imposée pendant ces trois jours d’audiences. Joviale, on peut facilement lire, sans tour de magie, la jeunesse sur son visage.

Mariam Yago Ouédraogo est aujourd’hui, interprète judiciaire. Tout commence, par sa candidature à un concours direct de la deuxième promotion d’assistant en interprétation judiciaire lancé par le ministre des Serviteurs du Peuple.

Fraîchement bachelière, Mariam postule et réussit au concours en 2024. Elle alors, participe pendant 21 mois, à la formation à l’ENAM.

A l’issue de la formation, elle fait 6 mois de stage pratique au tribunal de grande instance OUAGA 1.

« Après le stage, nous avons été affectés dans les différents tribunaux. Il y a certains de mes collègues qui sont à OUAGA 1. D’autres à OUAGA 2 », explique- t-elle.

Mariam Yago Ouédraogo,Assistante en interprétation

Avec seulement 08 mois de service au Tribunal de Grande Instance de Kaya, Mariam Yago Ouédraogo a officiellement pris fonction, en février 2026.

Bien à l’aube de sa carrière, Mariam Yago Ouédraogo trace son chemin avec professionnalisme, à l’image de son important rôle joué, lors des audiences foraines sur les mutilations génitales féminines.

« Normalement, nous sommes impartiales. Mais, en tant qu’être humain, des fois, il y a des émotions. Puis, nous devons traduire fidèlement ce que les juges disent, les procureurs aux prévenus, aux témoins et à la partie civile et vice-versa », a-t-elle rassuré.

Comme elle le signifie, en tant qu’être humain, il y a parfois des émotions et il lui arrive parfois, d’être sensible.

« Quand on parle de l’excision ou bien des dossiers de viol, on ne peut pas rester insensible. En tant que femme, c’est très difficile de rester insensible. Aussi, quand on assiste à des audiences d’excision, ça nous touche puisque c’est une atteinte même à l’intégrité de la femme », reconnaît-elle.

Sans le cacher, Mariam éprouve une grande fierté de pouvoir travailler au TGI de Kaya et de surtout, servir de relais entre les autorités compétentes et les parties civiles.

Malgré les multiples campagnes de sensibilisation, Mariam déplore le fait que certaines personnes continuent de pratiquer l’excision. Puis, elle tire la sonnette d’alarme en prenant l’exemple sur les prévenus du TGI sur les pratiques et tentatives d’excision.

« C’est vraiment regrettable de voir des situations comme ça. Comme vous avez pu le voir, la plupart des prévenues disent que certaines même était déjà au courant., elles savaient que c’est interdit. Mais, elles le pratiquent toujours », regrette-t-elle.

Mariam invite le ministère de la santé à continuer, si possible, à renouveler la sensibilisation, spécialement dans la ville de Kaya.

À l’endroit des femmes, dit-elle, surtout de mes mamans et de mes jeunes sœurs, je voudrais leur dire d’arrêter l’excision.

Abdoulaye Ouédraogo

 

 

 

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