Le verdict est tombé, ce mercredi 28 octobre 2026 au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Kaya pour les mis en cause de pratique et tentatives d’excision. L’auteure principale TK ( nom d’emprunt ) et ses trois complices coupables des pratiques et tentatives d’excision sur des fillettes âgé de 4 mois à 9 ans ont respectivement écopé des peines à la hauteur de leurs actes.
Après 72h d’audiences foraines, dans la commune de Boussouma, dame TK, sexagénaire et originaire de kelbo a été condamné à 24 mois de peine d’emprisonnement dont 12 mois ferme, plus une amende de 500 000 FCFA assorti de sursis.
Quant à ses trois complices, chacune écope d’une peine d’emprisonnement de 24 mois dont six mois ferme et d’une amende 500 000 FCFA assorti de sursis.
Les faits remontent au 22 septembre 2026, lorsque la police fait irruption au domicile de l’exciseuse. Sur les lieux, plusieurs personnes ont été interpellées.
Un dossier de mutilation génitales féminines qui implique une trentaine de victimes et d’accusés.
A la barre, la principale accusée, dame TK avoue, totaliser 15 ans d’expériences dans la pratique de mutilation génitales féminines. Une pratique qu’elle affirme hériter de ses parents. Ses trois complices, toutes de la soixantaine et qui étaient chargée d’immobilier les victimes sont aussi toutes originaires de Kelbo et résident à Kaya.

Les parents des victimes, composés d’environs 33 femmes et un homme ayant amené leurs enfants pour excision ont également écopé d’une peine d’emprisonnement de 24 mois plus une amende de 500 000 FCFA chacun le tout assorti de sursis.
Seule dame relaxée pour le compte du bénéfice du doute, SS (non d’emprunt) a été selon son récit, remettre un téléphone dans la concession de TK. « C’est là que la police m’a embarquée. J’étais à la maison lorsqu’on m’a appelée d’aller remettre un téléphone » a t- elle affirmée.
Si certains ont insisté sur le fait qu’elle ignorait l’interdiction de la pratique de l’excision au Burkina Faso, d’autres par contre disent avoir agi au nom de la coutume.
Face au TGI de Kaya, tous demandent la clémence des autorités compétentes. Désormais, consciente des sanctions pénales qui leur ont été infligée, elle promettent d’abandonner la pratique de l’excision.
Selon le procureur du Faso près du TGI de Kaya ,Théodore Bancé, l’excision est punie au Burkina d’une peine d’emprisonnement ferme d’un an à 10 ans et d’une peine d’amende de 500 000 à 3 000 000 de FCFA.

Les audiences foraines, organisées avec l’appui de L’Agence belge de coopération internationale, vise à rapprocher la justice aux justiciables afin d’assurer une justice pour tous.
Au-delà de son aspect correctionnel, elle est un exercice de sensibilisation citoyenne. Pour le premier substitut du procureur du Faso près du TGI de Kaya, Wendlassida Gaston Zaongo, cet exercice va permettre aux communautés de relayer l’information au sein des leurs, de savoir ce qui est interdit et de surcroît ce qui est sévèrement réprimé.
Il invite les concernés à sensibiliser leurs proches sur la rigueur de la loi vis-à-vis de cette pratique.
En marge des audiences foraines, s’est tenue au même moment, là délivrance par ordonnance des actes d’État civil, et la délivrance sur place, des actes judiciaires tel que le casier judiciaire et le certificat de nationalité.
L’Agence belge de coopération internationale (Enabel), soucieuse des actions de promotion des droits des femmes et des filles, a accompagné le Tribunal de Grande
Instance de Kaya dans l’organisation de ces audiences foraines.
Selon le chargé de projet Goudouma Bruno KERE, cette audience foraine n’est pas la première et d’autres audiences foraines sont à venir afin de dissuader d’avantage les populations à abandonner ces pratiques.

Quant aux accusés, le tribunal leur donne 10 jours pour faire recours si toutefois, le verdict ne leur convenait pas.
Abdoulaye Ouédraogo
Corine Sawadogo



