Entrepreneuriat féminin : De l’école à la coiffure, l’itinéraire de Yendouboamé Moakré

Au marché de Dassasgho, à Ouagadougou, Yendouboamé Moakré exerce la coiffure depuis 14 ans. Mariée et mère de trois enfants, elle a choisi ce métier après avoir rencontré des difficultés dans son parcours scolaire. Aujourd’hui, malgré le manque de moyens et de matériel, elle persévère pour gagner sa vie et contribuer aux dépenses de sa famille.

Assise à son espace de travail au marché de Dassasgho, Yendouboamé Moakré accueille ses clientes avec les moyens dont elle dispose.

Son histoire professionnelle commence après une scolarité qui ne se déroulait pas comme elle l’espérait. Face à cette situation, elle décide de s’orienter vers la coiffure.

Pour acquérir de l’expérience, elle travaille pendant cinq ans auprès d’une coiffeuse professionnelle avant de se mettre à son propre compte. Depuis, quatorze années se sont écoulées. Mais, les difficultés continuent de jalonner son parcours.

Des journées incertaines et des moyens limités

Si elle a réussi à faire de la coiffure son activité principale, les revenus qu’elle en tire restent insuffisants pour couvrir entièrement les besoins de son foyer. Selon elle, le nombre de clientes varie  d’un jour à l’autre. Il lui arrive de recevoir seulement deux ou trois clientes dans la journée ou de passer des journées sans aucune prestation.

Coiffeuse et vendeuse de mèches, Yendouboamé Moakré multiplie les efforts pour améliorer ses revenus.

À la coiffure, elle associe la vente de mèches, dans l’espoir de diversifier ses sources de revenus. Malgré ces efforts, les recettes restent modestes. « Avec le peu que je gagne, je n’arrive pas à assurer totalement les besoins de ma famille. Mais, je fais ce que je peux. C’est toujours mieux que rien », confie-t-elle.

Le manque de matériel est également un obstacle à son activité. Pour elle, disposer d’un équipement adapté permettrait d’améliorer ses prestations et de travailler dans de meilleures conditions. Mais faute de ressources financières suffisantes, ses ambitions restent pour le moment difficiles à concrétiser.

Un rêve freiné par le manque de moyens

Yendouboamé Moakré travaille au sein du marché, alors qu’elle nourrit le projet d’installer son propre salon à l’extérieur, au bord d’une voie publique. Un emplacement qui lui offrirait, espère-t-elle, des possibilités pour développer son activité et accueillir sa clientèle. Mais ce projet nécessite des moyens financiers dont elle ne dispose pas encore.

Après cinq années d’apprentissage auprès d’une professionnelle, Yendouboamé Moakré s’est lancée à son propre compte.

À cette contrainte, s’ajoutent les horaires de fermeture du marché, généralement fixés entre 17 h et 18 h. Une situation qui limite ses possibilités de travail, notamment lorsque des clientes se présentent alors qu’il est déjà temps de fermer. Contrairement à un salon situé en bordure de voie où elle pourrait organiser ses horaires selon ses besoins, son emplacement actuel l’oblige à interrompre son activité plus tôt qu’elle ne le souhaiterait.

Aux femmes qui souhaitent entreprendre

Malgré les difficultés, Yendouboamé Moakré ne regrette pas son choix professionnel. Elle encourage les femmes qui souhaitent se lancer dans la coiffure à oser franchir le pas et à s’investir dans cette activité.

Son parcours illustre les efforts de nombreuses femmes qui, à travers de petites activités génératrices de revenus, tentent de gagner en autonomie financière et de soutenir leurs familles.

Abibata Kara / stagiaire

 

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