L’Université Joseph Ki-Zerbo a accueilli, le 16 janvier 2026, une conférence publique marquant les 72 Heures de la Jeune Fille Patriote. Organisée sous l’égide du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, l’initiative a rassemblé autorités administratives, leaders associatifs, alumnis du Thomas Sankara Institute for Women et étudiantes autour d’un thème central : « La contribution de la jeune fille dans la révolution progressiste populaire ».
Dans un Burkina Faso engagé dans une dynamique de refondation, de souveraineté et de cohésion sociale, la rencontre a mis en lumière le rôle stratégique de la jeunesse, en particulier celui des jeunes filles, dans la construction d’un État résilient et tourné vers l’avenir.
Représentant les alumnis, Ouily Farida a inscrit son intervention dans l’héritage idéologique du président Thomas Sankara. Elle a rappelé que la vision sankariste appelait déjà à la pleine participation des femmes dans toutes les sphères de la société, non comme figurantes mais comme actrices du changement.

Pour elle, cette parole demeure une actualité brûlante dans un contexte national marqué par la quête de souveraineté et d’unité. « L’engagement, la créativité et le sens du devoir citoyen de la jeunesse féminine sont des atouts majeurs pour accompagner les efforts de transformation en cours », a-t-elle affirmé, soulignant que les jeunes filles formées au sein de l’institut sont aujourd’hui de véritables forces de proposition et d’actions.
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Cette vision est fortement partagée par le mouvement citoyen FEMIN-IN qui accompagne l’initiative. Sa Directrice exécutive, Bénédicte Bailou, a exprimé la fierté de son organisation de s’associer à une initiative qui incarne une jeunesse féminine consciente, audacieuse et engagée. Elle a insisté sur le fait que l’autonomisation des jeunes filles et des femmes n’est pas une option. Mais une nécessité pour toute communauté qui aspire au progrès. À travers Thomas Sankara Institute for Women, Femin-In œuvre à former des leaders capables d’influencer, de participer au débat public et de contribuer activement au développement économique, social et citoyen du pays.
Marraine de l’événement, la princesse Yabré Juliette Kongo a livré un message fort, à la fois politique et mobilisateur. Elle a expliqué avoir accepté ce rôle par sens de responsabilité et par conviction profonde que l’avenir du Burkina Faso se construit avec des jeunes filles conscientes de leur valeur, fières de leur identité et déterminées à agir pour le bien commun. « Aucune révolution progressiste ne peut réussir si elle exclut la moitié de la population », a-t-elle déclaré, appelant à un changement de mentalités et à la levée des barrières freinant encore le leadership féminin. Elle a exhorté les jeunes filles à oser rêver grand, à prendre la parole et à transformer les obstacles en opportunités.
S’exprimant après la cérémonie, la marraine est revenue sur son engagement de longue date auprès de ces jeunes filles qu’elle accompagne depuis plus de deux ans. À travers de nombreuses formations, a-t-elle expliqué, elles ont appris qu’elles appartiennent à des familles, à des communautés et surtout à une nation : le Burkina Faso. Convaincue qu’elles sont les piliers de la société, elle a réaffirmé sa volonté de continuer à les encadrer afin qu’elles puissent pleinement contribuer aux objectifs de la révolution progressiste. Elle a également salué l’émergence d’un Burkina Faso nouveau, porté par des citoyens désormais plus engagés et responsables.
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La voix des bénéficiaires s’est également fait entendre. Face à la presse, Nourra Ouédraogo, alumna du programme, a indiqué que ces 72 heures constituent un cadre de mise en pratique des connaissances acquises durant une année de formation en engagement citoyen. Elle se dit satisfaite de l’organisation et déterminée à apprendre des insuffisances pour améliorer les actions futures. Elle a souligné l’importance des thématiques abordées et des échanges, qui permettront de renforcer l’impact des initiatives sur le terrain.

Il a rappelé que la jeunesse représente près de 80 % de la population burkinabè et que la jeune fille y occupe une place centrale. Selon lui, on ne peut bâtir une nation forte et respectée sans la contribution active des jeunes filles. Leur engagement, a-t-il insisté, équivaut à l’engagement de toute la nation et mérite d’être encouragé et soutenu sur tous les chantiers de développement.
Au-delà de la conférence, les 72 Heures de la Jeune Fille Patriote se positionnent comme un espace de formation, de mobilisation et de conscientisation citoyenne. Une initiative qui réaffirme, avec force, que la révolution progressiste populaire ne saurait être menée sans la participation active, responsable et patriotique des jeunes filles du Burkina Faso.
Fabrice Sandwidi/Queenmafa.net









