Enseignante de profession, dans une école privée, dans la commune rurale de Saaba, madame Yanogo est une passionnée de la teinture. C’est en 2022, après une formation à laquelle elle prend part, que naît, peu à peu, son intérêt pour la teinture. Dès lors, elle confectionne à temps partiel, des pagnes communément appelés “ Koko Donda”.

Si au début, elle rencontrait quelques difficultés dans la réalisation de ces pagnes; aujourd’hui, c’est avec plus de confiance et assurance qu’elle effectue son activité.
“Dans mes premières réalisations, il m’arrivait de confondre les couleurs parce que, comme elles sont en poudre c’est difficile de les distinguer les unes des autres”, nous confie t-elle.
Le Koko Donda actuellement en vogue, est toujours en perpétuelle évolution. “C’est le fruit d’une constante créativité, il suffit de modifier la manière de faire pour obtenir un motif ou un design différent”, nous dit-elle.
Pour fabriquer un pagne, notre professionnelle passe environ 30 mn et pour obtenir des pagnes de qualité, une procédure minutieuse est fortement observée. Le tissu de couleur blanche est préalablement trempé dans l’eau. Après l’avoir essoré, il est manié selon le modèle souhaité avant d’être aspergé de colorants.

A l’occasion de la journée internationale des droits de la femme, Sylvie Yanogo admet n’avoir pas chômé. En effet, elle a réussi à satisfaire plusieurs commandes et dit être très contente de la décision du gouvernement qui est de valoriser la femme surtout, à travers le port du Koko Donda. “Grâce à cette recommandation de la part de nos autorités, nous teinturières, arrivons à écouler nos marchandises et cela nous galvanise et nous rend fières. Ces actions participent à notre autonomisation et par conséquent, notre émancipation en tant que femme. Franchement, cela est à féliciter. De plus, on consomme ce que l’on produit. Donc, cette initiative est à encourager”, lance-t-elle.
En dehors des pagnes Koko Donda, dame Yanogo passe par la teinture pour recycler des habits qui ont perdu leur éclat d’origine. En effet, cette idée ingénieuse, lui est venue lorsque son fils est confronté à une situation. Selon Sylvie, un soir, alors qu’elle était concentrée dans sa production, son fils rentre de l’école tout triste parce qu’il aurait tâché son t.shirt préféré lors d’un match de foot. Après le lavage, la tâche paraissait toujours. Profondément attristé, son enfant lui fait de la peine.
C’est alors qu’elle a eu l’idée de teindre l’habit pour calmer la situation. Après séchage, le rendu était beau et il était très content.
“Grâce à lui, j’ai su que l’on peut faire des merveilles avec la teinture. Sa sœur a, elle aussi, envoyé l’un de ses vêtements et depuis lors, cette pratique est de plus en plus courante dans mon fonctionnement’’, témoigne-t-elle.
Mais, comme tout autre métier, elle dit rencontrer certaines difficultés concernant la qualité des produits. Elle ajoute que souvent, dans le processus de fabrication, elle constate malheureusement que certains produits sont défaillants. Ce qui joue sur le rendu final des pagnes. “Parfois aussi, ce sont les tissus pagnes qui sont de mauvaises qualités”, précise-t-elle.

C’est l’occasion pour elle, d’interpeller les autorités à jeter un regard dans le domaine de la teinture des Koko Donda.
A en croire Sylvie Yanogo, un contrôle des produits chimiques auprès des fournisseurs seraient la bienvenue. “Si nous voulons évoluer, il faut que les commerçants nous fournissent des produits de qualité parce que la qualité de nos pagnes dépend forcément de la qualité des produits et matériels que nous utilisons”, lâche t-elle.
Outre la satisfaction personnelle et la fierté de voir ses clients porter ces magnifiques pagnes, la teinturière avoue tirer des bénéfices financiers à partir de la vente de ses pagnes. Étant seule à faire face aux besoins de ses enfants, après le décès de son mari, ces revenus supplémentaires lui permettent d’arrondir ses fins de mois.
Pour elle, une journée dédiée à la femme est une réelle motivation au regard de leurs efforts et apports dans la vie quotidienne.
D’ailleurs, en l’honneur de ce mois de la femme, elle invite ses sœurs, femmes et jeunes filles à se former dans le domaine du Koko Donda ou dans tout autre domaine (couture, coiffure, etc.) afin d’être financièrement autonome.
Alice Théodose Ouédraogo/Queenmafa.net


