Au Burkina Faso, les mariages coutumiers et religieux bénéficient désormais d’une reconnaissance légale. Adoptée le 1er septembre 2025, la réforme du Code des personnes et de la famille permet leur transcription à l’état civil, leur conférant ainsi une valeur juridique.
Longtemps reconnus uniquement sur le plan social, les mariages coutumiers et religieux étaient exclus du cadre juridique formel. Avec l’adoption de la loi n°012-2025/ALT, cette réalité change.
Une fois transcrites à l’état civil, ces unions produisent les mêmes effets qu’un mariage civil, notamment en matière de filiation, de succession et de droits du conjoint. Cependant, cette reconnaissance reste encadrée. Elle n’est pas automatique et nécessite une démarche administrative.
Comme le rapporte AllAfrica, « Les époux doivent se présenter devant un officier d’état civil, accompagnés de témoins, afin de faire enregistrer leur union », souligne Edasso Rodrigue Bayala. Cette mesure s’inscrit dans des instructions adressées aux officiers d’état civil pour encadrer l’application de la loi sur tout le territoire.
La réforme répond à une réalité ancrée dans la société burkinabè, où de nombreux couples vivent en union coutumière ou religieuse. Jusqu’ici, ces unions n’étaient pas reconnues juridiquement, ils exposaient surtout les femmes et les enfants à des situations d’insécurité. « Ces unions très fréquentes au Burkina Faso n’avaient jusqu’à présent aucune valeur juridique. Mais, uniquement sociale. » rapporte AllAfrica.
Avec cette nouvelle disposition, l’État entend protéger les droits des femmes, sécuriser les héritages, réduire les conflits familiaux. Le ministre de la Justice, des Droits humains et des Relations avec les Institutions, Me Edasso Rodrigue Bayala, précise que « Ce nouveau code est une réponse aux aspirations profondes de notre société. Il allie innovation juridique, respect des valeurs culturelles et volonté de bâtir une famille burkinabè plus juste et plus solidaire », a-t-il déclaré après le vote.
La reconnaissance des mariages coutumiers et religieux marque une avancée dans l’adaptation du droit aux réalités locales. Elle permet de concilier tradition et modernité, tout en renforçant le rôle de l’état civil dans l’organisation de la société.
En donnant une valeur juridique à des pratiques longtemps marginalisées, le Burkina Faso franchit une étape vers une justice plus inclusive. Reste désormais à sensibiliser les populations afin que cette réforme ne reste pas seulement une loi! Mais, qu’elle devienne une réalité vécue par tous.


