Selon les faits, Agui, 11 ans, élève dans la classe de Karim dans une localité située non loin de la capitale, a entretenu une relation avec son enseignant à partir de novembre 2024. De cette relation est née une grossesse. À la découverte de celle-ci, les parents de la jeune fille l’ont expulsée du domicile familial. Informé de la situation, l’enseignant a tenté de trouver une solution en contactant, via les réseaux sociaux, un service d’avortement. C’est dans ce cadre qu’il a été interpellé par la police avant d’être placé à la MACO en février 2026.
À la barre, le prévenu a reconnu les faits. « Je reconnais les faits. Je regrette ce qui s’est passé. En tant qu’éducateur, je n’aurais pas dû. Notre relation a commencé en 2024. On conversait au téléphone et c’est arrivé. Je me protégeais, sauf une fois où je ne me suis pas protégé. Je regrette », a-t-il déclaré.
Interrogé par le procureur sur son attitude, celui-ci lui a lancé : « À cet âge, accepteriez-vous de donner votre propre fille en mariage ? » « Non », a répondu Karim.
À son tour, la victime a expliqué : « Je partais volontairement chez lui. On s’écrivait au téléphone et c’est arrivé. Je suis enceinte et mes parents m’ont chassée de la cour. » À la question de savoir si elle avait été forcée, elle a répondu par la négative. Elle a également précisé avoir acquis elle-même son téléphone.
Lors des débats, l’avocat de la défense a interrogé le représentant de la famille de la victime sur une éventuelle démarche de pardon. Celui-ci a indiqué : « Au départ, ce n’était pas facile. Mais nous nous sommes compris. Il n’y a plus de problème». La famille a d’ailleurs déclaré ne formuler aucune réclamation et a sollicité la libération de l’enseignant.
Pour sa part, l’avocat de la défense a plaidé la clémence du tribunal, mettant en avant le pardon de la famille, le statut de père de trois enfants de l’accusé et son absence d’antécédents judiciaires. « Il a tiré des leçons de sa détention à la MACO. C’est un délinquant primaire », a-t-il insisté.
Dans son dernier mot, Karim a exprimé des regrets : « Je regrette beaucoup ce qui s’est passé ».
Dans son verdict, la chambre criminelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I a relaxé l’accusé des faits de tentative d’avortement. En revanche, elle l’a déclaré coupable de viol aggravé et l’a condamné à 7 ans de prison, dont 5 ans ferme et une amende ferme de 1 million de FCFA.


