Chez l’enfant, l’automédication est particulièrement à risques car l’organisme est en développement et la marge de sécurité des médicaments est souvent, plus étroite. C’est l’explication donnée par la pédiatre Dr Alice Zoungrana Kaboré.
D’un point de vue médical, on distingue plusieurs risques majeurs :
1. Les erreurs de dose : le risque le plus fréquent
– Les erreurs de dose peuvent être occasionnées par la mauvaise mesure des sirops, à cause de l’utilisation de cuillères non adaptées.
Par exemple : le surdosage en paracétamol pouvant entraîner une atteinte grave du foie.
2. Les effets indésirables et la toxicité
L’enfant réagit différemment au médicament par rapport à l’adulte. Il manifeste de la somnolence excessive, par exemple, avec la chlorephéniramine.
Il peut également avoir des vomissements, des convulsions ou des réactions allergiques dans certains cas de surdosage ou pour certains médicaments qui sont contre-indiqués chez l’enfant.
3. Le mauvais diagnostic : traiter un symptôme, sans identifier la cause réelle
Par exemple : Paludisme non diagnostiqué et on traite uniquement la fièvre ou on traite une toux sans traiter la pneumopathie sous-jacente. Cela va entraîner une infection grave négligée, due à un retard de prise en charge.
4. Le retard de consultation médicale
Les parents multiplient les traitements à domicile et l’enfant arrive tard à l’hôpital. Conséquence, cela peut transformer une maladie simple en urgence vitale.
5. La résistance aux médicaments
L’utilisation inappropriée des antibiotiques, par une mauvaise observance (Arrêt précoce du traitement ou doses insuffisantes) peut entraîner des bactéries qui deviennent résistantes aux traitements futurs ou rendre les traitements futurs moins efficaces.
6. Les interactions médicamenteuses : L’association de plusieurs médicaments sans contrôle peut entraîner un cumul de substances similaires.
Par exemple : plusieurs sirops contenant le même principe actif peuvent conduire à un risque de surdosage caché.
7. Masquage des symptômes
Certains médicaments font baisser la fièvre et calment la douleur. Mais, ils cachent l’évolution réelle de la maladie, retardant ainsi le diagnostic.
8. Les risques spécifiques aux nourrissons qui ont des organes immatures (foie, reins).
Donc, une sensibilité accrue aux médicaments. Ainsi, un médicament banal peut devenir dangereux voire toxique.
En résumé
Les principaux risques sont :
– Les erreurs de dose
– La toxicité médicamenteuse ;
– Le mauvais diagnostic ;
– Le retard de soins ;
– Les résistances ;
– Les interactions ;
– Le masquage des symptômes.
« Notre slogan en pédiatrie : Chez l’enfant, il n’y a pas de “petit médicament sans risque” : toute prise sans diagnostic peut devenir une erreur grave », a martelé Dr Alice Zoungrana Kaboré.
Alice Théodose Ouédraogo stagiaire
Qsueenmafa.net


