Du 8 au 9 mai 2026, la salle des conférences de Ouaga 2000 a vibré au rythme d’un événement inédit, la première édition du Salon international de la performance africaine, SIPAD. Placé sous le thème « Consolider la souveraineté nationale par une performance endogène durable et responsable : QSE et RSE comme levier d’une transmission engagée », ce rendez-vous a marqué une étape décisive dans la réflexion sur le management et la performance au Burkina Faso.
Le SIPAD n’est pas né d’un hasard. Porté depuis plusieurs mois par son promoteur Abdoul Karim Zerbo, il s’est donné pour mission d’installer durablement une culture de la performance et du management dans le pays. L’événement a été présidé par le Ministre des Serviteurs du Peuple Mathias Traoré et a bénéficié du soutien de nombreuses personnalités parmi lesquelles Ousmane Ouattara, ministre secrétaire général du Gouvernement et du Conseil des ministres, ainsi que des parrains institutionnels et privés.

Une mobilisation, à la hauteur des ambitions
Les professionnels des secteurs public et privé, les experts nationaux et internationaux, les partenaires institutionnels et les entreprises se sont retrouvés pour deux jours d’échanges intenses. Le promoteur a insisté sur la nécessité de mettre en place, une feuille de route nationale autour des démarches Qualité Sécurité Environnement (QSE) et Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), ainsi qu’un réseau national de performance durable.

Un programme dense et diversifié
Le salon a été meublé par onze panels animés par des experts venus d’ici et d’ailleurs. Les thématiques abordées ont couvert un large spectre, allant de la performance des organisations à la souveraineté nationale, en passant par la qualité, la sécurité au travail, l’environnement et la responsabilité sociétale des entreprises.

Au-delà des panels, le SIPAD a proposé des ateliers pratiques, des rencontres B2B et des espaces de réseautage favorisant les synergies entre acteurs publics et privés. Cette diversité de formats a permis de transformer les idées en engagements concrets, conformément à l’esprit du salon.
Une tribune pour la souveraineté nationale
Dans son discours, Abdoul Karim Zerbo a rappelé que la performance n’est plus une affaire secondaire mais une question nationale. Selon lui, la souveraineté ne peut être proclamée sans institutions efficaces, entreprises productives, ressources valorisées, projets exécutés avec rigueur et citoyens protégés.

Il a souligné que bien avant que le monde ne parle de RSE ou de gouvernance responsable, le Burkina Faso portait déjà ces valeurs à travers une vision collective et une dignité nationale. En évoquant l’héritage du Président Thomas Sankara, il a montré que les campagnes de reboisement, la rigueur dans la gestion publique, la promotion de la consommation locale ou encore la défense de la dignité des travailleurs étaient déjà des formes de performance endogène et responsable.
Ainsi, le SIPAD s’inscrit dans une continuité historique. Il modernise l’action publique et privée en s’appuyant sur des valeurs africaines, burkinabè, adaptées aux réalités locales, plutôt que sur des modèles importés.
QSE et RSE comme leviers stratégiques
Les démarches QSE et RSE ont été au cœur des débats. Elles apparaissent comme des outils incontournables pour structurer une performance durable. La qualité permet d’améliorer les processus, de garantir des produits et services conformes aux attentes et de renforcer la compétitivité. La sécurité au travail protège le capital humain, réduit les risques et instaure un climat de confiance. L’environnement doit être préservé, les impacts anticipés et les organisations inscrites dans une logique de durabilité. La responsabilité sociétale intègre les préoccupations sociales, économiques et environnementales dans la stratégie des entreprises.
Ces leviers permettent de concilier performance économique et responsabilité collective, en cohérence avec l’appel du SIPAD à une transformation nationale.
Une mobilisation institutionnelle et citoyenne
La présence des ministres, parrains et partenaires a donné au salon une dimension institutionnelle forte. Mais au-delà des discours officiels, c’est la mobilisation citoyenne et professionnelle qui a marqué les esprits. Les participants ont montré que la performance n’est pas seulement une exigence technique mais un engagement collectif.
Le SIPAD a ainsi posé les bases d’une dynamique nationale où chaque acteur, institution, entreprise ou citoyen, est appelé à contribuer. La performance devient un projet partagé et une responsabilité commune.
Les valeurs de souveraineté économique, de gouvernance responsable, de protection de l’environnement et de dignité sociale sont réactualisées à travers les démarches QSE et RSE.
Cette articulation entre héritage et modernité confère au salon, une légitimité particulière. Il ne s’agit pas d’importer des modèles étrangers mais de construire une performance africaine, enracinée dans les réalités burkinabè et ouverte aux standards internationaux.
Un appel national à la responsabilité
Le SIPAD dépasse le cadre d’un simple événement. Il se présente comme un appel national à la responsabilité, à l’engagement et à la transformation. En réunissant experts, institutions et citoyens, il a montré que la performance est un enjeu transversal qui concerne tous les secteurs et toutes les couches sociales.
La souveraineté nationale, loin d’être un slogan, devient une exigence concrète. Produire ce que l’on consomme, maîtriser ses ressources, protéger son environnement et valoriser son travail sont autant de conditions pour que le Burkina Faso trace son propre destin.
À l’issue de cette première édition, plusieurs perspectives se dessinent. La mise en place d’un réseau national de performance durable regroupant institutions, entreprises et experts. L’élaboration d’une feuille de route nationale autour des démarches QSE et RSE. L’institutionnalisation du SIPAD comme rendez-vous annuel de réflexion et d’action sur la performance. Le renforcement des capacités des acteurs publics et privés à travers formations, ateliers et panels.

Ces perspectives traduisent la volonté de transformer les idées en engagements concrets, conformément à l’esprit du salon.
Vers une performance africaine responsable
Le SIPAD 2026 a ouvert une voie nouvelle pour le Burkina Faso. Celle d’une performance endogène, durable et responsable, au service de la souveraineté nationale. En mobilisant les démarches QSE et RSE, en valorisant l’héritage sankariste et en impliquant l’ensemble des acteurs, il a montré que la performance n’est pas une option mais une nécessité.
Ce salon n’est pas seulement un événement, il est le début d’une dynamique nationale. Une dynamique où la performance devient un projet collectif, une responsabilité partagée, une exigence de dignité et de souveraineté.
Elisabeth Koama/Ange Bamouni (stagiaires)
Queenmafa.net


