Au Burkina Faso, dans certaines communautés ou ethnies, l’organisation des cérémonies nuptiales ou traditionnelles est réservée à des gens d’une catégorie bien précise. Ces personnes exercent selon des codes sociaux bien définis, des croyances et des coutumes transmises de génération en génération. Chez les mossés, par exemple, on offre toujours le soumbala avec du gombo sec. Pourquoi cette association ? Pour en savoir davantage, nous sommes allées à la rencontre de Yaaba, une septuagénaire, commerçante de produits vivriers et de légumes secs au marché de Gounghin.
D’après Yaaba, les temps ont changé. À son époque, certaines règles et certains interdits étaient strictement respectés par tous. Les comportements étaient encadrés par les traditions et chacun savait ce qui était permis ou non.
Selon elle, dans la tradition moagha, le soumbala était autrefois, offert lors de certaines occasions et le don était fonction de la nature de l’évènement.
Quand il s’agit d’un mariage arrangé, les mamans de la mariée l’accompagnent chez son mari avec quatre boules de soumbala, plus du gombo sec.
Pour une femme qui vient d’accoucher, il lui était offert du soumbala. Peu importe, le nombre, plus du gombo sec.
Pour les autres types de mariage, on offre du soumbala plus du gombo sec. Peu importe, le nombre.
Les circonstances de l’utilisation du soumbala
Dans toutes les occasions de don de soumbala, le gombo sec est associé. En effet, « Le soumbala est souvent, accompagné du gombo sec tout simplement parce que, pour préparer une sauce, on utilise généralement, ces deux ingrédients ensemble. Ils se complètent », précise-t-elle avant d’ajouter, « De la même manière qu’on ne donne pas la sauce sans le tô, on ne sert pas non plus le tô sans sauce », confie Yaaba tout en déplorant le fait que recevoir le tô sans la sauce ou vice-versa est devenu monnaie courante.
S’agissant du gombo, qu’il soit coupé en rondelle ou en longueur, l’essentiel est qu’il soit sec.
Selon cette même tradition, une jeune fille ne peut pas offrir du soumbala à quelqu’un. Tendance qui est souvent banalisée de nos jours. « Aussi en tant que jeune fille, tu ne peux pas te lever et prendre ton argent pour acheter des graines de gombo pour semer. Cela est réservé strictement aux femmes mariées. Cependant, tu peux aider une tierce personne à semer son gombo » déclare-t-elle.
Un retour aux sources, bien plus que nécessaire
Dans le cadre du mariage, la maman de la future mariée prépare ce qu’on appelle le « Peugo », un panier qui contient un ensemble d’outils essentiels pour la nouvelle mariée. Ainsi, dans le « peugo » on retrouve du soumbala, le légré (plat en bois), deux pagnes traditionnels de couleur noir et blanc, un soutougou (louche en bois), une calebasse, une spatule, un balai, un plat en terre cuite et du gombo sec.

Selon Yaaba une grande partie de la jeunesse ignore aujourd’hui, ces traditions. Elle estime que ces savoirs devraient être transmis surtout, aux jeunes filles. Cependant, elle ne blâme pas cette génération car pour elle, la responsabilité revient davantage aux parents, qui n’ont pas toujours su transmettre ces connaissances.
« Les parents ne peuvent transmettre que ce qu’ils ont eux-mêmes reçu. Ainsi, si la chaîne de transmission est rompue, c’est souvent parce que les générations précédentes n’ont pas elles-mêmes été suffisamment en contact avec ces savoirs », conclue-t-elle.
Béatrice KOALA (Stagiaire)


