Au premier regard, ils ont ressenti quelque chose. Puis, petit-à-petit, ils sont passés à la vitesse supérieure. Juste une rencontre entre un jeune homme et une fille et très vite, la petite amie commence à faire la lessive, la vaisselle, le ménage et la cuisine pour son gars. Aujourd’hui, ces cas sont légions et pour certaines personnes, c’est un critère, voire un privilège pour être épousées. Sur ce sujet, nous avons recueilli l’avis de citoyens dans la capitale Ouagalaise.
Pour Mr Timpiiga, déjà la notion de privilège, c’est un engagement. C’est peut-être une question de génération parce qu’à leur temps, laver les habits de son petit ami, préparer, nettoyer la maison, etc. était tout à fait normal. C’est un comportement qui rentrait dans le processus de familiarisation entre les deux personnes.
« Il faut que vous vous frottiez pendant un certain temps, que vous vous rendiez de petits services, qu’on puisse voir un peu le caractère de l’autre. Nous n’appelions pas ça, privilège sans engagement car nous estimons que cela rentre dans le cadre de la relation normale entre un jeune homme et une jeune fille qui veulent apprendre à se connaître afin de bâtir du solide dans le futur. S’engager sans savoir, sans connaître à qui, on a affaire, souvent, ça donne des illusions par la suite », a-t-il déclaré avant d’ajouter que si certaines filles refusent, c’est parce que de nos jours, les engagements sont devenus individuels contrairement au passé où les engagements allaient jusqu’au niveau familial, à la famille élargie.
Il explique que maintenant, il a constaté que les engagements se lilitent à deux individus n’impliquant pas la famille. Dans ces genres de situations, on peut malheureusement tomber sur cas d’abus, de la part de l’un ou de l’autre, chacun tirant profit des services de l’autre sans réellement aboutir à quelque chose de concret. Nécessairement, même si c’est au niveau individuel, il faut forcément un processus par lequel, les deux individus vont interagir de façon assez profonde. Le temps de très bien se connaître, de voir ce que l’autre peut accepter, ce que l’autre est capable de faire et vice-versa.
Il reste convaincu que c’est parce que les gens ne prennent pas le temps de bien se connaître avant de s’engager dans le foyer qu’il y a des divorces.
« Si on n’a pas pris le temps de se rendre de petits services, si on se marie sans ces préalables, un jour, l’homme ou la fille dira : je ne savais pas que ça sera comme ça. Si j’avais su, je n’allais pas m’engager », clarifie-t-il.
Autre génération, autre avis
Contrairement à monsieur Timpiiga, mademoiselle Mamatou Derra trouve que ce n’est pas normale d’aller laver les habits de son gars, faire la cuisine, la vaisselle… sans que la personne ne fasse tes fiançailles ou ne t’épouse officiellement. « Pourquoi tu vas aller chez lui, faire tout ceci, non ! Personnellement, je dis que ce n’est pas normal parce que ce genre de privilèges, nous devons le réserver qu’à nos époux et si c’est le seul critère pour être mariable, c’est qu’il ira chercher ailleurs parce que je ne suis pas d’accord avec ça », a-t-elle lancé.
Mademoiselle Habibatou Dakambari est du même bord. Elle pense aussi que ce n’est pas normal d’accorder à un homme qui ne t’a pas encore épousé le privilège d’un mari.
« En le faisant, qu’est-ce qui va encore le motiver à t’épouser surtout que certains hommes en profitent pour exploiter les filles et les abandonner après pour épouser une qui ne l’avait jamais fait avant », interroge-t-elle tout en déplorant ce sentiment de mépris.
Awa Traoré (Stagiaire)


