Comme à l’accoutumée, le monde entier célèbre le 28 juillet de chaque année, la journée mondiale contre l’hépatite. L’édition 2026, placée sous le thème « Hépatites : faisons tomber les barrières » vise a pour objectif de promouvoir un meilleur accès à l’information, au dépistage, aux soins et à la vaccination. Dans l’optique d’informer le public sur les hépatites virales B et C, nous apportons plus de précision dans cet article, sur la situation de l’une des maladies les plus dangereuses dans le monde et au Burkina Faso.
Situation dans le Monde
Selon L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 254 millions de personnes étaient touchées par l’hépatite B dans le monde en 2022, qui reste la première cause de cancer du foie.
Sur l’hépatite C, 170 millions de personnes sont infectées (3%) dans le monde, avec une incidence de 3 à 4 millions de nouveaux cas par an et responsable de 70% des hépatopathies chroniques.

Cependant, les hépatites virales sont sous-diagnostiquées et très peu de personnes infectées sont prises en charge.
Seulement 21% et 10% des personnes touchées sont diagnostiquées respectivement pour l’hépatite C et l’hépatite B.
Pour la prise en charge, 13% des personnes infectées par le virus de l’hépatite C reçoivent un traitement contre 2% des personnes atteintes de l’hépatite B.
Situation au Burkina
Au Burkina Faso, les hépatites virales B et C demeurent peu connues des populations en dépit d’une situation sanitaire préoccupante. Les données quoique anciennes, témoignent de l’impact de ces pathologies sur la santé des populations. Une étude réalisée en 2010 avait donné une prévalence de 9,1 % pour l’hépatite virale B et 3,6 % pour l’hépatite C en population générale (Meda and all, sur échantillons de l’EDS 2010).
Concernant l’hépatite virale B, les régions les plus touchées sont les Cascades, le Sahel, I’Est et le Centre-Est avec des prévalences de plus de 10%.

En ce qui concerne l’hépatite virale C, une épidémie a été notée au Sud- Ouest avec une prévalence de 13,2% et 6,2% dans les Cascades. En 2023, de la période de janvier à septembre, il a été enregistré 12213 personnes testées positives à l’hépatite virale B sur 208123 personnes testées soit 5,86% de taux de positivité.
Quant à l’hépatite virale C, sur 27253 personnes testées 1293 étaient positives soit un taux de positivité 4,74%. Ces infections sont responsables de cirrhoses et de cancers du foie aboutissant à une mortalité importante (900 décès par an).
Hépatites virales au Burkina, des actions de lutte entreprises
En réponse au problème de santé publique posé par les hépatites virales, le gouvernement du Burkina a adopté plusieurs actions.
Le Programme Sectoriel Santé de lutte contre le VIH/SIDA-IST et les hépatites virales (PSSLS -IST/HV) est une structure créée en 2013.
ll a en charge la lutte contre les hépatites virales depuis le 22 mars 2023, sous la tutelle technique de la Direction de la Protection de la Santé des Populations (Cf organigramme du Ministère de la Santé du 22/03/2023 en annexe).
Sa mission est d’organiser, coordonner, suivre et évaluer les activités de lutte contre le VIH/Sida, les infections sexuellement transmissibles et les HV.
II travaille en collaboration avec toutes les structures centrales, intermédiaires et périphériques.
Dirigé par un coordinateur nommé par arrêté ministériel, le programme, dans le cadre de la mise en œuvre de ses activités, bénéficie de l’appui des partenaires techniques et financiers tels que le Fonds Mondial (FM), IUNICEF, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), USAID (PEPFAR), la Clinton Health Access initiative (CHAI), de la Banque Mondiale à travers le SP/CNLS-IST et I’ONUSIDA.
Le PSSLS-IST/HV collabore également avec les Organisations de la Société civile (OSC).
Abdoulaye Ouédraogo


