Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Pour des agendas Féministes Paix et Sécurité Africaines de l’Ouest et du Sahel solidaires pour la paix », le consortium dirigé par Equipop, a organise une série de webinaires à l’intention des OSC partenaires de la région Sahel. Ces sessions visent à renforcer les connaissances et les compétences des organisations partenaires afin de soutenir durablement leurs actions en faveur des agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS).
Débutée ce mardi 18 aout 2026, cette rencontre a été l’occasion de croiser les expériences entre les trois pays du Sahel partenaires. Fatim Diallo, responsable du programme à Equipop a expliqué que ce projet vise à apporter un apport technique et financier aux organisations de la société civile féministe qui interviennent dans la mise en œuvre et le suivi des agendas FPS en nexus avec l’agenda JPS.
Dès sa prise de parole, le formateur, Fidèle Mbaiouassemnodji a souligné qu’il ne s’agit pas d’un cours académique mais d’un véritable partage d’expérience entre pays. Avant de rentrer dans le vif du sujet, une distinction entre genre et féminisme a été faite. Il est ressorti que le genre c’est l’ensemble des constructions sociales qui varient d’un contexte à un autre et le féminisme est un ensemble d’idées, de pensées conçues autour de l’égalité entre les hommes et les femmes.

Parlant de féminisme, pour le consultant, il faut continuer à lutter pour espérer qu’un jour l’équilibre s’installe. Apres la clarification de ces concepts, le fondement de l’agenda féministe, jeunes, paix et sécurité a été abordé. Fidèle Mbaiouassemnodji a expliqué que l’agenda féministe « Jeunes, paix et sécurité » a émergé pour répondre aux besoins spécifiques des populations souvent marginalisées dans le processus de paix. « Son évolution reflète une prise de conscience croissante de l’importance d’inclure les femmes et les jeunes pour des solutions durables dans des situations de crise humanitaire », a-t-il ajouté. Cet agenda se fonde sur des valeurs telles que d’égalité, d’inclusion, de justice sociale et des droits humains, mettant en avant une approche intersectorielle qui considère les multiples identités et expériences.
Le rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix a également été passé en revue. Ils sont reconnus comme des acteurs essentiels dans la prévention des conflits, la médiation et la construction sociale. Sur ce point, plusieurs participants ont fait des temoignages de conflits résolus grâce aux femmes. « Les femmes, quand elles sont impliquées, ça donne vraiment des résultats ».
Parlant du rôle des organisations de la société civile (OSC), le consultant a félicité et encourager celles présentes au Webinaire pour la qualité du travail.
Au-delà du rôle des différents acteurs, les échanges ont également porté sur les approches à privilégier pour favoriser des changements durables. C’est dans ce cadre que l’approche orientée changement (AOC) a été présentée. C’est une démarche participative qui met l’accent sur les effets à moyen et long terme des actions. Cette approche est très importante dans l’exécution d’un projet car elle permet de fédérer les parties prenantes autour d’une vision commune, de mieux comprendre et suivre les changements induits par les projets et renforcer l’implication des populations concernées.

Le formateur a insisté sur le fait de Renforcer l’implication des populations concernées. « Si vous n’impliquez pas les acteurs locaux dans l’exécution de votre programme, vous ne pouvez pas atteindre vos objectifs. Aussi, si vous ne renforcez pas la compétence de la population, après votre départ, le projet ne peut pas fonctionner. C’est une réalité que nous vivons tous les jours dans nos pays », insiste-t-il. La technique à privilégier dit-il, est de cherchez une organisation locale comme partenaire d’exécution en cas d’intervention dans une zone. Pour qu’après le départ de l’ONG, ils aient les compétences nécessaires pour continuer le projet.
Cette nécessité de prendre en compte les réalités locales a d’ailleurs été relevée par un participant : « on se rend compte qu’on veut monter un projet pour une population quelconque, mais on ne prend pas en compte les réalités de ces derniers. On apporte un projet sur le papier qui est bien ficelé, mais à la fin, on se rend compte que les réalités qu’on rencontre sont tellement différentes de ce qu’on a pu monter sur papier », a déclaré un participant. Pour lui, un projet qui a pour but d’avoir des finalités doit forcément prendre en compte la réalité de la population ou de la cible. Des organisations ayant déjà adoptées l’OAC témoignent de son efficacité.
Pour clôturer cette première journée, les participants ont reçu un exercice pratique consacré à la cartographie des acteurs/actrices du changement dans leur pays. Les résultats de ces travaux seront présentés lors de la prochaine session, avec pour objectif de mieux comprendre les dynamiques d’influence existantes et d’identifier les leviers permettant d’accélérer le changement dans la mise en œuvre des projets.
Latyfah Sawadogo



