Ce lundi 24 août 2026, le Consortium Plurielle, en partenariat avec l’ONG Diakonia, a organisé une conférence publique consacrée aux agendas Femmes, Paix et Sécurité (résolutions 1325) et Jeunesse, Paix et Sécurité (résolutions 2250) à Ouagadougou. Cette rencontre a pour objectif de renforcer les connaissances des participants et leur rôle dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix. Des spécialistes du domaine ont animé trois panels.
La participation des femmes et des jeunes aux processus de paix ne peut plus être considérée comme un simple discours. Elle constitue une condition essentielle à la prévention des conflits, de la cohésion sociale et au vivre-ensemble.
La Camarade Kiswendsida Marie-Madeleine Pouya, sociologue de formation, Experte en genre et changement social a défini les notions de paix et sécurité, l’instauration du Prix Nobel de la paix et l’implication des femmes en tant que médiatrices dans les différends familiaux. A ce niveau, elle a indiqué que Bertha von Suttner est la première femme à avoir reçu ce prestigieux Prix, en 1905. Quant à Malala Yousafzai, elle l’a obtenu en 2014 pour son combat pour le droit à l’éducation en faveur des filles.

Plusieurs autres femmes ont reçu cette distinction. Mais, il a fallu attendre longtemps avant qu’une africaine, Wagaru Maathia d’origine Kenyane ne la reçoive en 2004 grâce à son association dénommée Green Belt Movement qui milite dans le domaine de la protection de l’environnement.
« Alors que de nombreuses femmes sont médiatrices dans leur village, elles sont restées invisibles malgré, leurs actions impactantes qui sont rarement documentées ou valorisées à la hauteur de leur importance », a-t-elle laissé entendre dans sa communication.
Ce manque de visibilité ne signifie pas une absence d’engagement. Elle traduit plutôt un déficit de reconnaissance sociale. De nombreuses initiatives locales ont permis de prévenir des tensions, de favoriser le règlement pacifique des différends et de maintenir le lien social dans des contextes difficiles. Ces expériences constituent des pratique modèles qu’il faut capitaliser, faire connaître et intégrer dans les politiques publiques.
Selon la consultante, les femmes et les jeunes jouent un rôle important dans la cohésion sociale, les familles et les communautés parce qu’elles interviennent souvent comme facilitatrices de dialogue et actrices de solidarité.
La paix inclusive suppose donc, de dépasser les représentations traditionnelles qui associent principalement la sécurité aux institutions militaires ou politiques. « La paix se construit également dans les quartiers, les villages, les associations, les établissements scolaires et les organisations communautaires. Les femmes et les jeunes doivent être reconnus comme des acteurs à part entière de cette construction », a-t-elle précisé.
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Deux agendas complémentaires pour une même ambition
Le deuxième panéliste Wilfried Sebgo, spécialiste en genre, paix et sécurité a également évoqué la participation, l’inclusion dans un contexte de crise sécuritaire. L’une des préoccupations est de voir comment renforcer le leadership des femmes et des jeunes filles dans les mécanismes de gouvernance de prévention des conflits et de consolidation de la paix.
Pour le panéliste, en période d’instabilité, les femmes et les jeunes filles subissent, le plus, les conséquences humanitaires. Cependant, ces conséquences passent inaperçues voire ignorées.
Wilfried Sebgo a aussi souligné que la présence des femmes dans les instances de décision reste un combat. Pourtant, elles sont compétentes. Afin de résoudre le problème, plusieurs secteurs doivent être pris en compte.

L’autonomisation des femmes donne aux jeunes filles les moyens financiers pour leur indépendance. Le mentorat peut être une initiative pour booster les jeunes filles en mettant, en lumière, les femmes leaders comme exemples.
Tous les acteurs, hommes, femmes et jeunes filles sont invités à s’engager pleinement dans la déconstruction des stéréotypes socioculturels liés au genre, à se rallier pour la même cause et à miser sur la gestion transparente des ressources financières, etc.
« La participation ne peut être effective sans un renforcement de leurs capacités, une formation adaptée et un accompagnement leur permettant d’assumer des responsabilités dans les organisations et les espaces de décision », a expliqué le consultant.
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La dernière panéliste Orokya Ouattara Traoré, conseiller en promotion au ministère de la famille et de la solidarité a expliqué les résolutions 1325 et 2250 du conseil de sécurité des Nations Unies reposent sur quatre piliers à savoir la prévention, la participation, la protection et le relèvement.
Les deux résolutions sont complémentaires et ne peuvent être dissociées. Elles visent à renforcer la participation citoyenne, prévenir les violences, protéger les populations vulnérables et favoriser une paix durable. Dans le contexte burkinabè, marqué par les défis sécuritaires, les déplacements de populations, les effets du changement climatique et l’accès inégal aux services sociaux, cette approche intégrée est fondamentale.
A écouter Orokya Traoré, le Burkina Faso a engagé plusieurs actions dans ce sens, impliquant la création de structures institutionnelles dédiées à l’élaboration d’outils de formation et de sensibilisation, la production de rapports de suivi ainsi que la contextualisation des indicateurs afin de mieux refléter les réalités nationales.
L’une des recommandations fortes faites par les trois panélistes est d’investir davantage dans la formation et l’autonomisation des femmes et des jeunes. Cet investissement ne doit pas être limité aux financements de projets.
Il doit aussi concerner le développement des compétences dans la perspective d’une relève capable de poursuivre les efforts engagés, l’accès à l’information, la mise en réseau, l’accompagnement institutionnel et la possibilité d’exercer des responsabilités, etc.
La paix durable ne se construit donc ni par des textes seuls, ni par des actions isolées. Elle repose sur une mobilisation collective, une coordination entre les acteurs, des ressources suffisantes et une réelle volonté de partager le pouvoir de décision. La contribution des femmes et des jeunes n’est pas un supplément aux politiques de paix. Elle est un pilier fondamental.
Fadima Cissé stagiaire



