Dans le cadre de la campagne 1325, le Conseil régional de Tenkodogo a abrité, le samedi 5 septembre 2026, une soirée de projection cinématographique. Cet événement vise à utiliser le 7e art comme un véritable outil de sensibilisation et de conscientisation sur les maux de la société, en mettant un accent particulier sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et l’implication des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix.
Acteurs de la société civile, acteurs culturels, femmes, jeunes et autorités se sont mobilisés pour assister à la projection cinématographique et échanger sur des thématiques majeures touchant le quotidien des populations. « Pleurs de veuves » et Fatimata Sow » de Régina Nacro ainsi que « Drame vécu par les survivantes de violences : l’urgence d’agir », réalisé dans le cadre du produit ReVie étaient au menu. Nous avons tendu le micro à quelques participants qui ont exprimé leur ressenti entre prise de conscience et tristesse, et partagé leur vision sur les défis à relever.
Latifatou Sana, femme entreprenante
Selon cette femme entreprenante et militante associative, les œuvres projetées traduisent une réalité poignante et c’est déplorable de voir encore des choses comme ça malgré les multiples sensibilisations auprès des communautés. En dehors de ce qu’elle savait déjà, elle a compris que la violence basée sur le genre est une lutte de longue haleine. À travers ces films, il est clair que les femmes ont peur de lever le voile et de dire ce qu’elles vivent.
« Je suis consciente qu’il y a vraiment du travail à faire. La lutte contre les VBG est une lutte de longue haleine. On va serrer la ceinture ensemble pour accompagner les organisations et protéger les femmes. Tous les films m’ont marquée, car c’est le vécu des gens et les douleurs qu’elles ont traversées. Tant qu’on n’a pas atteint nos objectifs sur la lutte contre les VBG, ce sera difficile d’avoir une paix durable », a-t-elle indiqué.
Elle a réaffirmé son engagement à toujours appuyer les organisations féminines pour stopper les violences basées sur le genre, et permettre à chaque femme de s’épanouir.

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Miser avant tout, sur la jeunesse
Nadienadieba Salifou a, quant à lui, mis en avant la portée des récits diffusés, tout en insistant sur l’importance d’agir auprès de la jeunesse pour prévenir l’insécurité et les violences.
« On parle beaucoup de la violence sexuelle ou physique. Mais, j’ai aussi vu la violence psychologique que les gens subissent. Ce qui m’a le plus marqué, ce sont les femmes qui subissent des violences dans le contexte actuel, avec des risques de maladie ou de mort. Si on commence par la jeunesse, on peut éviter tout ça, parce que c’est la jeunesse qui fait tout. Si vous voyez ce qui se passe actuellement, c’est la jeunesse que les terroristes utilisent pour pouvoir attaquer », a-t-il souligné.
De son côté, il a rassuré qu’il misera sur la sensibilisation de la jeunesse. Si les jeunes sont conscientisés de l’ampleur et de la gravité de cette violence, cela peut se résorber. « Grâce à l’ONG Références, ses femmes trouvent un refuge et reprennent leur vie », a-t-il ajouté.
Lucie Ouandaogo, chargée de la mobilisation féminine dans la coordination provinciale des arts et de la culture, s’est réjouie de l’engouement suscité par cette activité.
« Ce sont des initiatives qui encouragent à transmettre les bonnes informations et ça m’a beaucoup plu. Il y a des familles qui sont présentes, des jeunes… Ça nous encourage vraiment, à passer certaines informations pour ne pas nuire. Je remercie également les promoteurs qui ont eu l’idée d’amener ce ciné débat pour aider les femmes. C’est une activité à saluer », a-t-elle mentionné.
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Cette soirée a permis de revenir sur deux textes majeurs promouvant la paix et la sécurité.
La Résolution 1325 adoptée en 2000 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, prône la protection des femmes contre les violences et exige leur participation effective dans les instances décisionnelles ainsi que dans les processus de prévention et de résolution des conflits.
La Résolution 2250 adoptée en 2015 reconnaît le rôle crucial de la jeunesse dans la construction de la paix et appelle à intégrer les jeunes dans les initiatives de développement et de sécurisation sociale.
Fadima Cissé stagiaire



