SIAO 2026 : les sœurs religieuses valorisent les produits locaux

Présentes à la 18e édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), les Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso exposent une diversité de produits cosmétiques, agroalimentaires et de phytothérapie. À travers leur unité de production SAB Faso Neema, elles entendent contribuer à la valorisation des ressources locales et à l’amélioration des conditions de vie des producteurs.

Le stand de l’unité de production SAB Faso Neema, animé par les Sœurs de l’Annonciation de Bobo-Dioulasso, offre une diversité de produits issus de la transformation locale. À l’occasion du SIAO 2026, ces religieuses font découvrir leur savoir-faire et leur engagement en faveur de la valorisation des ressources du Burkina Faso.

Responsable de l’unité de production, Sœur Thérèse Kélembô explique que leurs activités couvrent trois principaux domaines : la cosmétique, l’agroalimentaire et la phytothérapie. Dans la gamme cosmétique figurent notamment des savons, des pommades, des laits corporels et des lotions. L’unité propose également une gamme de produits à base de noni, une plante qu’elle cultive au sein de sa communauté à Bobo-Dioulasso. Cette gamme comprend du jus, de la poudre, des produits effervescents, des pommades et des laits corporels.

Dans le domaine agroalimentaire, les religieuses transforment plusieurs matières premières locales.

Elles proposent notamment du miel, des sirops et du jus de citron pur pasteurisé, du soumbala, ainsi que différents jus naturels à base de gingembre, de bissap, d’ananas, de mangue et de tamarin. À cela, s’ajoutent du beurre de karité et des biscuits confectionnés à partir de produits locaux tels que le petit mil, le gros mil, le maïs et la patate douce.

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Derrière cette diversité se trouve une passion que Sœur Thérèse nourrit depuis plusieurs années. Religieuse infirmière de formation, elle s’est intéressée à la transformation des produits locaux. Son expérience pastorale au Bénin a renforcé cet intérêt. Dans un établissement hospitalier confessionnel à Tanguiéta, elle découvre une utilisation plus développée de la phytothérapie dans la prise en charge de certaines pathologies. Elle observe également le dynamisme de la transformation des produits locaux, notamment les jus et les savons.

Des produits transformés

De retour dans cette dynamique, elle approfondit ses expériences et poursuit ses propres recherches. « La transformation des produits locaux est une passion pour moi », confie-t-elle. Sans avoir suivi de formation spécifique dans ce domaine, elle dit s’appuyer sur ses aptitudes personnelles, ses recherches et son goût pour la transformation.

Au-delà de la production, cette initiative entend aussi soutenir les acteurs de la chaîne de valeur locale. En achetant le beurre de karité auprès des femmes productrices ou les citrons auprès des cultivateurs, l’unité contribue à créer des débouchés pour leurs matières premières. Ces achats permettent aux producteurs de tirer des revenus de leurs activités, tandis que leur transformation en produits finis apporte une valeur ajoutée supplémentaire.


Pour les Sœurs de l’Annonciation, la participation au SIAO est une première.

Après plusieurs participations à la Semaine nationale de la culture (SNC) et à la Foire internationale de Bobo-Dioulasso (FIBO), elles ont saisi cette occasion grâce à l’accompagnement du PADEL, qui leur a permis d’obtenir un stand.

Cette présence est aussi une opportunité de faire connaître leurs produits, de développer leur clientèle et de rencontrer d’autres acteurs de la transformation. « Nous sommes des religieuses. Mais, avant tout, des femmes », souligne Sœur Thérèse, qui voit dans cette participation une occasion de montrer leur capacité à entreprendre et à contribuer au développement économique.

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Elle se réjouit de l’accueil réservé à leurs produits depuis le début du salon. Selon elle, leur secteur bénéficie d’une visibilité moins importante que celui du textile et de l’artisanat d’art, très représentés au SIAO. Une situation qui rend cette vitrine d’autant plus intéressante pour leur unité.

Au sein de la congrégation, qui compte près de 300 religieuses, plusieurs sœurs contribuent aux activités de production. Leurs compétences sont complémentaires : certaines ont des connaissances en marketing, d’autres en informatique ou dans l’enseignement. Une diversité de profils qui favorise l’organisation et le fonctionnement de l’unité.

À celles et ceux qui souhaitent se lancer dans la transformation des produits locaux, Sœur Thérèse recommande, avant tout, la passion et la connaissance de ses propres aptitudes. « Si tu veux faire quelque chose, il faut d’abord aimer la chose », conseille-t-elle.

Abibata Kara, Fadima Cissé stagiaires

 

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