Artisane modiste ivoirienne, Julie Essé participe au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) depuis 2010. À travers sa marque Roschesli Création, elle valorise le savoir-faire artisanal dans la confection de chapeaux et d’accessoires de tête. Autodidacte, formatrice et lauréate de plusieurs distinctions, elle porte également un parcours académique marqué par une reprise des études à 44 ans.
Des chapeaux élégants aux coiffes raffinées, en passant par les barrettes, les bibis et les éventails, Julie Essé donne vie à des accessoires qui accompagnent les grands événements de la vie. À la tête de Roschesli Création, cette artisane ivoirienne est spécialisée dans la confection d’accessoires de tête destinés notamment aux mariées, aux demoiselles d’honneur, aux témoins et aux dames de compagnie. Ses créations sont également adaptées aux baptêmes et à d’autres cérémonies comme les décès

Présente dans le domaine de l’artisanat depuis 2010, elle a officiellement créé et formalisé son entreprise, la même année. Son parcours repose sur la passion et un apprentissage personnel. « Je suis autodidacte en la matière. Mais, cela ne m’a pas empêchée de faire des formations après pour enrichir ce que Dieu m’avait donné naturellement », a-t-elle expliqué.
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Une expertise confirmée par des distinctions
Au fil des années, son expérience lui a permis de développer ses compétences et de se faire une place dans le secteur de la mode et des accessoires. Son engagement lui a valu plusieurs distinctions.
En 2013, elle reçoit le prix de l’encouragement du ministère de l’Artisanat en Côte d’Ivoire.
En 2016, elle est distinguée deuxième meilleure artisane du pays, un prix décerné par le président de la République.
En 2017, elle décroche également le premier prix de la meilleure représentation au Salon de l’économie sociale et solidaire au Maroc, ainsi qu’une distinction en France pour la meilleure représentation étrangère.
Transmettre le savoir-faire à la nouvelle génération
Au-delà de ses créations, Julie Essé accorde une place importante à la transmission. En 2020, en pleine période de pandémie de Covid-19, elle décide de mettre en place, des sessions de formation afin de partager son savoir-faire avec d’autres femmes.
Depuis le lancement de cette initiative, 12 sessions de formation ont été organisées et plus de 500 femmes ont été formées. Certaines apprenantes viennent de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Togo, du Cameroun et même de la France. Une manière pour l’artisane, de contribuer à la valorisation des métiers manuels et à l’autonomisation des femmes.

Sa participation au SIAO s’inscrit dans cette dynamique de promotion professionnelle. Toutefois, l’ambiance commerciale ne répond pas encore à ses attentes. « Le marché n’est pas comme ce qu’on a connu, il y a quelques années. C’est très calme. C’est lent. Il n’y a pas beaucoup de ventes », a-t-elle déploré.
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À 44 ans, elle reprend le chemin de l’école
Si son parcours artisanal témoigne de sa détermination, son itinéraire académique révèle une autre facette de sa personnalité. Après avoir interrompu sa scolarité en classe de terminale au lycée classique d’Abidjan, en 1998, à la suite d’un échec au baccalauréat, Julie Essé décide de renouer avec les études 21 ans, plus tard.
En 2019, à 44 ans, elle reprend les cours en candidate libre et obtient son baccalauréat. Elle poursuit ensuite, son parcours à l’Université Félix-Houphouët-Boigny, en Côte d’Ivoire, où elle décroche une licence. Puis, un master 2 en sociologie de l’éducation et de la famille.
Aujourd’hui, elle poursuit des travaux doctoraux en sciences de l’éducation et en sociologie de l’éducation. Elle s’est également inscrite à l’Université Norbert Zongo pour approfondir ses connaissances en andragogie, une discipline consacrée à la formation des adultes.
À travers son expérience, Julie Essé adresse un message aux jeunes filles et aux femmes : ne jamais renoncer à ses rêves, malgré les obstacles. Pour elle, les difficultés font partie de tout parcours. Mais, elles ne doivent pas devenir une raison d’abandonner.
Abibata Kara, Fadima Cissé, stagiaires



