Malgré la modernisation des ustensiles de cuisine, la poterie traditionnelle occupe une place dans les habitudes des populations africaines. De la préparation des repas aux pratiques thérapeutiques et rituelles, les objets en terre cuite restent précieux. À travers son activité, Safoura Koumaré, potière à Tiériba, basée à Ouagadougou, témoigne de la diversité des usages de cet artisanat et de sa résistance face à la modernité.
Longtemps associée aux pratiques domestiques, la poterie est un savoir-faire précieux dans les sociétés africaines. Même avec la popularité des ustensiles modernes, les objets en terre cuite ont leur place dans les foyers. Pour Safoura Koumaré, potière à Tiériba basée à Ouagadougou, la poterie reste indispensable à la vie quotidienne.

Canaris, récipients de conservation, pots de fleurs ou encore objets de décoration, les créations des potières répondent à de nombreux besoins. « La poterie sert à tout le monde, aux femmes, aux hommes et aux enfants », a expliqué Safoura Koumaré. Elle a évoqué l’utilisation des canaris dans certaines pratiques traditionnelles de préparation de médicaments et de soins.
Au-delà de leur fonction domestique, les objets en terre cuite occupent une place dans les habitudes culinaires. Selon la potière, la cuisson dans les récipients en argile donne un goût différent de celle des marmites modernes. « Si tu manges les plats préparés dans les récipients en argile, tu sens toi-même que ce n’est pas la même chose », a-t-elle affirmé.

Si les ustensiles en métal et d’autres matériaux gagnent du terrain dans les cuisines, la poterie n’a pas pour autant disparu. Elle continue d’être utilisée et commercialisée, preuve de l’attachement de certaines populations à ces objets traditionnels.
Au-delà de leur usage domestique, les marmites et les canaris en terre cuite sont également utilisés dans certaines pratiques traditionnelles et rituelles, notamment pour la préparation de médicaments, les soins et l’accomplissement de certains rituels. Ces récipients occupent une place importante dans les pratiques sociales, culturelles et thérapeutiques de nombreuses communautés.

Les objets en poterie se distinguent également par la diversité de leurs usages. Certains servent de seaux pour la toilette, de gourdes ou encore de louches. Les canaris, quant à eux, sont utilisés pour conserver les semences, le poisson et la viande séchés. Ils servent aussi à entreposer certains fruits afin de favoriser leur mûrissement.
Autant d’usages qui témoignent de la place qu’occupe la poterie dans les pratiques quotidiennes et les habitudes de conservation des aliments.
Abibata KARA, Fadima Cissé, stagiaires



