Autodidacte, entrepreneure et formatrice, Julie Essé est une modiste ivoirienne qui a fait de la confection d’accessoires de tête son domaine d’expression. À travers son entreprise Roschesli Création, elle valorise le savoir-faire artisanal, en contribuant à la formation et à l’autonomisation des femmes. A 44 ans, elle a renoué avec les études et obtenu son baccalauréat avant de poursuivre un cursus universitaire jusqu’au doctorat. Zoom sur une femme au parcours inspirant !
Chapeaux élégants, coiffes raffinées, barrettes, bibis et éventails, c’est le look avec lequel nous accueille Julie Essé, modiste ivoirienne au SIAO 2026.
À travers sa marque Roschesli Création, cette artisane ivoirienne donne vie à des accessoires destinés à accompagner les grands moments de la vie.

Spécialisée dans la confection d’accessoires de tête destinés notamment aux mariées, aux demoiselles d’honneur, aux témoins et aux dames de compagnie, elle a officiellement créé et formalisé son entreprise en 2010.
Présente dans le secteur de l’artisanat depuis une dizaine d’année, le savoir-faire de Julie Essé est le fruit d’une passion et d’un apprentissage personnel. « Je suis autodidacte en la matière. Mais, cela ne m’a pas empêché de faire des formations après pour enrichir ce que Dieu m’avait donné naturellement », a-t-elle expliqué.
Au fil des années, son engagement et son expertise lui ont permis de se distinguer dans le domaine de l’artisanat. En 2013, elle reçoit le prix de l’encouragement du ministère de l’Artisanat de Côte d’Ivoire.
Trois ans plus tard, en 2016, elle est désignée deuxième meilleure artisane du pays, une distinction décernée par le président de la République. En 2017, elle remporte le premier prix de la meilleure représentation au Salon de l’économie sociale et solidaire au Maroc. Elle reçoit également une distinction en France pour la meilleure représentation étrangère.
La transmission du savoir au cœur de son engagement
Pour Julie Essé, le savoir-faire doit être partagé et transmis afin de permettre à d’autres femmes de développer leurs compétences et de construire leur autonomie financière.
C’est dans cette dynamique qu’en 2020, en pleine période de pandémie de Covid-19, elle décide de mettre en place des sessions de formation destinées aux femmes désireuses d’apprendre la confection d’accessoires de tête.
Depuis le lancement de cette initiative, douze sessions ont été organisées et plus de 500 femmes ont bénéficié de son expertise. Certaines apprenantes viennent de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Togo, du Cameroun et de la France.

Au-delà de son parcours entrepreneurial, Julie Essé se distingue par sa détermination sur le plan académique. Après avoir interrompu ses études en classe de terminale au lycée classique d’Abidjan, en 1998, à la suite d’un échec au baccalauréat, elle décide 21 ans plus tard, de reprendre les études.
En 2019, à l’âge de 44 ans, elle se présente comme candidate libre et décroche finalement son baccalauréat. Elle poursuit ensuite ses études à l’Université Félix-Houphouët-Boigny, en Côte d’Ivoire, où elle obtient une licence, puis un master 2 en sociologie de la famille et de l’éducation.
Loin de s’arrêter à ces acquis, elle poursuit aujourd’hui des travaux doctoraux en sciences de l’éducation et en sociologie de l’éducation. Elle s’est également inscrite à l’Université Norbert-Zongo au Burkina Faso afin d’approfondir ses connaissances en andragogie, une discipline consacrée à la formation des adultes.
Abibata KARA, stagiaire



