Depuis le mois de mars, la température au Burkina Faso est marquée par une forte chaleur pouvant aller jusqu’à 45 degrés. Cette canicule entraîne une forte consommation d’eau fraîche et de glace offrant aux vendeuses de cette denrée, des opportunités de business rentable et aux consommateurs, de quoi se rafraîchir.
En circulation, il n’est pas rare de voir des usagers se protéger du soleil avec des torchons imbibés d’eau posés sur la tête. Dans les boutiques et points de vente d’eau, la demande d’eau fraîche surpasse parfois, l’offre. Mais, au-delà de l’eau fraîche, la denrée la plus recherchée durant cette période reste la glace, une eau congelée, attachée dans des sachets.
Pour comprendre l’influence de cette période de l’année sur l’activité qu’est la vente de glace, nous sommes allés à la rencontre d’une vendeuse exerçant dans le domaine depuis sept ans.
Elle nous confie que la saison chaude de cette année a été particulièrement favorable à son activité.
« La forte chaleur a beaucoup favorisé la vente de glace. J’ai quatre congélateurs et les années précédentes, le stock pouvait généralement tenir jusqu’en fin de journée. Mais cette année, c’était complètement différent. Certains jours, dès 10 heures ou 11 heures, il n’y avait déjà plus de glace disponible. Même à midi, les congélateurs étaient, souvent vides », dit-elle.
Face à cette affluence, la vendeuse explique avoir souvent été confrontée à des ruptures de stock. « Je n’arrivais même pas à satisfaire toute la clientèle. Beaucoup de clients venaient alors que le stock était déjà épuisé. Certains négociaient même pour acheter de la glace à moitié formée. Malheureusement, une fois le stock écoulé, il fallait attendre les nouvelles productions. Souvent, après avoir rechargé les congélateurs, il n’était plus possible de servir les clients le même jour et il fallait attendre le lendemain pour disposer à nouveau de glace prête à la vente. La demande a donc été nettement plus forte que les années précédentes », a-t-elle déclaré.
La demande de glace provient essentiellement des habitants du quartier. Mais aussi, des revendeurs. « Mes principaux clients sont les habitants du quartier. Mais, j’ai également beaucoup de vendeuses de kiosques, de jus et d’autres petits commerces qui s’approvisionnent chez moi pour leurs activités », a-t-elle expliqué.
La glace est vendue au prix de 50 F l’unité. Les recettes varient selon l’intensité de la chaleur et l’affluence de la clientèle. « Lorsque la demande était moins forte notamment pendant les journées plus fraîches, je pouvais réaliser environ 6 000 FCFA de ventes. À l’inverse, les jours de forte affluence, je pouvais vendre jusqu’à 10 000 FCFA de glace, soit la totalité du stock disponible », dit-elle.
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Les coupures de courant, un coup dur
Cette activité constitue une source de revenu pour la vendeuse car elle arrive à couvrir les charges comme les factures d’électricité et d’eau. Mais aussi, à rémunérer ses employés et mettre un peu d’argent de côté pour faire face aux imprévus ou réinvestir dans l’activité.
Comme toute activité, celle-ci rencontre des difficultés. Pour notre vendeuse, la difficulté majeure est la coupure d’électricité car la période de canicule s’est accompagnée de délestage répétées.
« Les coupures d’électricité ralentissaient la production de glace. Souvent, lorsque la glace n’était pas encore bien formée, nous étions gênés et nous préférions ne pas la vendre. Mais avec les fortes chaleurs, certains clients insistaient tellement qu’ils nous suppliaient presque de leur en donner malgré tout », déplore-t-elle.
Un autre défi auquel elle fait face est l’annulation des commandes à la dernière minute. « Certains clients passent des commandes. Puis, au dernier moment, changent d’avis ou ne viennent plus les récupérer », a-t-elle indiqué. Pour y remédier, elle privilégie désormais, la vente directe plutôt que les réservations.
Même si la canicule complique le quotidien des Burkinabè, elle représente malgré tout, une opportunité économique pour certains acteurs comme les vendeurs de glace, de jus…
Latyfah Sawadogo (Stagiaire)


