C’était un dimanche après-midi au mois de janvier 2026. Mariam, une fillette de moins de 5 ans, a retrouvé Boureima sous un manguier. Un adulte de 46 ans qu’elle connaît et qu’elle appelle « Tonton ». Ce jour-là, comme d’habitude, la petite Mariam s’est dirigée vers Boureima et s’est assise sur ses jambes.
Selon les déclarations de l’accusé à la barre, c’est en ce moment précis qu’il a profité pour introduire son doigt dans le sexe de la fillette qui a crié. L’accusé dit avoir aussitôt retiré son doigt. D’après son propre témoignage, la victime est rentrée chez elle après.
Mais cette dernière a senti des douleurs, lors de la douche, quand la main de sa mère touche son sexe. « Ça fait mal », dit-elle à sa maman qui a bien voulu comprendre ce mal soudain. C’est ainsi que Mariam révèle l’impensable. « Tonton a mis son doigt là-bas, ça me fait mal, et j’ai crié». La fillette semblait assommer sa mère avec cette phrase. La nouvelle atteint rapidement le papa de Mariam.
A la barre de Chambre criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga II, le 16 avril dernier, Boureima n’a pas nié les faits. Bien au contraire. Il a plaidé coupable, tout en implorant la clémence de la chambre. « Je demande pardon, je suis âgé, je ne vais plus recommencer», a-t-il déclaré.
Les juges ont voulu savoir si en plus du doigt, l’accusé n’a pas introduit son sexe dans les parties génitales de la victime. Mais Boureima est formel : « Non, je n’ai pas introduit mon sexe, c’est mon doigt, seulement », en montrant son index à la chambre.
Dans sa réponse, l’accusé tente de lier son acte au destin. « C’est le destin, je ne comprends pas ce qui m’a poussé à poser un tel acte», indique-t-il, avant de dire à la chambre : « Je ne suis pas fier de mon acte, je regrette, je demande pardon ».
Après les réquisitions du parquet, Boureima a été autorisé à dire son dernier mot. Ce dernier a de nouveau imploré la clémence de la Chambre, faisant observer qu’il est vieux et qu’en prison, personne ne viendrait lui rendre visite.
Dans son arrêt, la Chambre criminelle a reconnu Boureima coupable des faits de viol aggravé sur une fillette de moins de 5 ans. Elle l’a donc condamné à 11 ans de prison dont 6 ans fermes, et à une amende ferme de 3 millions F CFA. Il a également été condamné à rembourser les 60 000 FCFA représentant les frais des examens médicaux.


