Hygiène menstruelle : Des élèves sensibilisées sur les bonnes pratiques

L’hygiène menstruelle est une question de santé et de dignité. Cependant, il existe encore de nombreux tabous autour de ce sujet, engendrant un difficile accès à l’information et aux services adaptés. Au regard de  cette situation, l’Association Convergence pour la santé, les droits et l’émergence économique pour l’Afrique (CSD2E/Afrique) en partenariat avec Médecins du Monde (MdM) a organisé, ce mardi 14 juillet 2029, une sensibilisation au profit des élèves, dont des filles handicapées visuelles et auditives de la ville de Ouagadougou.

 Cette activité s’inscrit dans le cadre de la célébration, en différé, de la journée de l’hygiène menstruelle. En plus de la commémoration et de l’information de la cible, elle vise à recueillir les difficultés rencontrées par les élèves handicapées en matière de gestion de l’hygiène menstruelle. Les bénéficiaires sont des élèves de la tranche d’âge de neuf à 14 ans et de 15 à 21 ans.

Nadissatou Karama , directrice exécutive de l’association CSD2E Afrique faisant une démonstration de l’utilisation des serviettes hygiéniques réutilisables.

Selon la responsable communication et plaidoyer de l’association, mademoiselle Awa Kounadee Traoré, les serviettes hygiéniques réutilisables sont très importantes pour ces filles car pour le citoyen lambda, acheter régulièrement du coton dans les boutiques et alimentations n’est pas facile.  En plus, c’est écologique. « Cela permettra donc, aux parents d’économiser », a-t-elle dit. Aussi, les séances de sensibilisation et de discussion permettront à ces filles, de pouvoir relever de nombreux défis en matière d’hygiène menstruelle.

Mme Foe (sage-femme), Mme Minata Ouédraogo (pr au lycée Cefise-Benaja ; Nafissatou Karama (directrice exécutive de l’association

La communication a porté essentiellement, sur l’hygiène (intime, menstruelle, corporelle, vestimentaire) et le processus de développement de la puberté. « L’objectif est de leur donner des informations fiables, adaptées à leur âge et à leurs besoins pour qu’elles puissent poser des actes responsables, éviter les infections, les grossesses non-désirées et mieux connaître le cycle menstruel », a expliqué la sage-femme Mme Foe.

Spécialiste en santé sexuelle et reproductive, elle a souligné le caractère tabou de l’hygiène menstruelle. En effet, les participantes étaient réticentes quand il fallait répondre à certaines questions. En réalité, elles ont des informations sur tout ce qui concerne l’intimité, la sexualité et les règles. Mais, elles n’en parlent pas parce que les parents eux-mêmes n’arrivent pas toujours, à trouver les mots qu’il faut et l’approche exacte pour discuter avec leurs enfants. Ça se comprend.

Pour que les élèves puissent bien assimiler la formation, l’enseignante a utilisé des jeux et des techniques de mini-évaluations. « Elles ont retenu que l’hygiène intime est très importante car ça permet de se sentir bien, d’être à l’aise, d’éviter les maladies », a-t-elle déclaré. Elle a indiqué qu’au fil des années, les parents réussiront à développer une certaine confiance en leurs enfants et les objectifs seront atteints.

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Dame Minata Ouédraogo, professeur au groupe scolaire Cefise-Benaja a conduit ses élèves à la rencontre. Elle a trouvé que cette sensibilisation est la bienvenue car ça aide les enfants en situation de handicap parce qu’à la maison, les parents n’arrivent pas à communiquer avec eux. « L’une d’entre elles, utilise des morceaux de pagnes. Avec le kit qu’elle a reçu, elle dit qu’elle saura comment faire », a-t-elle laissé entendre.

Quant à Soumayata Guigma, élève en classe de 4e au lycée Song-Taaba, elle a pris bonne note de ce qui a été dit. « Ne jetez plus vos cotons au hasard ! », a-t-elle conseillé. Diallo Mariama, de la 1re A4 au lycée mixte de Gounghin, a représenté l’ABPAM. « J’ai appris, un peu plus sur l’hygiène corporelle et la gestion des menstrues. A partir d’aujourd’hui, je vais changer mes habitudes », a-t-elle précisé. Elles sont toutes deux des handicapées visuelles.

La petite Mounira âgée de 9 ans de Cefise Benaja informe qu’avant de manger, on doit se laver les mains avec du savon. « Quand on veut se laver, on doit prendre de l’eau propre, on lave bien les intimes. On prend le filet et on lave bien le corps », a-t-elle expliqué.

Les représentants de MDM et la chargée de communication et la responsable communication et plaidoyer de l’association, mademoiselle Awa Kounadee Traoré.

 

Responsable plaidoyer à Médecins du Monde, Christian Ouédraogo a rappelé que tout ce qui concerne les questions liées à la sexualité, à la gestion de l’hygiène menstruelle reste tabou. De ce fait, les filles ne sont pas suffisamment informées. Aussi, n’ont-elles pas accès aux moyens de protection adéquats, les exposant ainsi à des risques au niveau sanitaire. « Selon certaines statistiques, les filles se voient souvent, obligées d’abandonner l’école », a-t-il déploré.

MdM en tant que partenaire de mise en œuvre de cette activité, rassure que les participantes pourront mettre en pratique, ce qu’elles ont appris. Toute chose qui va impacter leur santé, leur scolarité et leur dignité. La structure réaffirme son engagement à accompagner de telles initiatives qui promeuvent les droits de la femme.

Christian Ouédrago salue les efforts dans ce domaine et plaide pour une mobilisation plus accrue et un accès efficace des adolescents et des jeunes, à l’information et aux services en matière de gestion de l’hygiène menstruelle.

Au terme de l’activité, les participantes ont reçu chacune un lot de 03 serviettes hygiéniques réutilisables.

Françoise Tougry

 

 

 

 

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