Des blessures aux victoires : L’histoire poignante de Salamata Moreau Ilboudo

Vivant à l’étranger et mère de trois enfants, Salamata Moreau Ilboudo est une femme dont le parcours force le respect. Après un échec en classe de 6e, elle abandonne ses études, très tôt et choisit de confronter le monde professionnel. Commence alors, un parcours semé d’embûches. Malgré tout, à 43 ans, elle décroche un BEP en cuisine. De l’imprimerie à la cuisine, en passant par le fonctionnariat, Salamata touche à plusieurs métiers et traverse des épreuves qui auraient pu briser plus d’une personne. Des difficultés ordinaires aux coups, les plus durs de la vie, elle essuie presque tout… Parfois dans la douleur, parfois dans le silence! Devenue coach de vie et en développement personnel, elle est rentrée au Burkina Faso pour un court séjour. Saisissant l’occasion, elle a organisé une rencontre pour un partage d’expériences. La salle de conférence de l’ABMAQ a abrité les échanges, le mardi 9 septembre 2026 à Ouagadougou.

Salamata Moreau Ilboudo a décidé de prendre sa vie en main, nonobstant ses souffrances. Avec le soutien de son époux, de ses enfants, de sa famille et de bonnes volontés, loin de renoncer, elle apprend, se relève et avance. Chaque épreuve devient une leçon et chaque chute une raison de se remettre debout. Aujourd’hui, son histoire témoigne d’une incroyable capacité de résilience et rappelle que le parcours scolaire ne détermine pas toujours, jusqu’où une personne peut aller.

Quand elle était petite, elle rêvait de devenir une amazone, ressembler à la princesse Yennenga. Elle tient sans doute, sa force de cette figure emblématique de l’histoire du Burkina.

Salamata Moreau Ilboudo, coach de vie autodidacte; fonctionnaire ATTEE Adjointe technique territoriale des établissements d’enseignement et présidente de l’association Song-Taaba.

Pour ajouter une corde à son arc, à 43 ans, elle décroche un BEP en cuisine. Selon elle, pour parvenir à sortir la tête de l’eau, il est fondamental de cultiver le leadership, la patience, la persévérance, la maîtrise de soi et l’humanisme. « Je veux leur dire que tout est possible. J’ai traversé des moments difficiles au travail. J’ai eu du harcèlement moral et physique, du mépris, du racisme, de  l’esclavagisme, des procès, le cancer du sein, l’embolie pulmonaire… Malgré tout, j’ai pu m’en sortir », explique-t-elle.

 Transformer l’expérience en source d’inspiration

Dans la lutte pour sa survie, elle s’est inspirée du président sud africain Nelson Mandela en Prison, de Napoléon Hill (auteur américain de développement personnel), de Thomas Sankara (ancien président du Burkina Faso), Oprah Winfrey (animatrice, productrice de télévision et de cinéma, actrice, critique littéraire, essayiste et directrice de la publication de magazines américaine), Simone Veil (ancienne présidente du parlement européen) et bien d’autres illustres auteurs dont le parcours transforme des vies. Forte de ce relèvement, elle a pris l’engagement d’accompagner tout ceux qui traversent une situation très difficile et de les accompagner d’où sa casquette de coach de vie.

Partageant le combat de Salamata Moreau, Abdoul Moumouni Soré , DG de BESMAC Trankil SARL l’a soutenue dans l’organisation de la conférence.

Lire aussi Psychologie : la coach Norah Kafando met à nu, les blessures invisibles qui empêchent l’épanouissement

Samiratou Ouédraogo, agent au ministère en charge de l’eau dit avoir apprécié le degré de résilience de Salamata Moreau. Selon ses dires, la coach montre comment face aux différentes épreuves de la vie, il faut tenir bon, comment persévérer, comment défendre ses droits et ne jamais abandonner ses rêves.

« Ce que j’ai retenu, elle ne s’est pas laissée handicaper par le fait de n’être pas allée loin à l’école, de n’avoir pas eu de diplôme. Elle s’est relevée, s’est battue et elle est là où elle doit être, aujourd’hui. C’est un exemple à suivre », déclare-t-elle.

Samiratou Ouédraogo en T.shirt marron, Tégawindé Arnaud Nikièma en chemise carrelée; Abdoul Moumini Soré à l’extrême droite.

A partir de ces échanges, Samiratou Ouédraogo a décidé de changer certaines de ses habitudes, le plus important étant de toujours aller de l’avant.

« Même si les situations ou les circonstances montrent que c’est difficile, aie confiance en ce qui t’a fait commencer et dis-toi que tu vas y arriver !», encourage-t-elle.

Tégawendé Arnaud Nikièma a participé à la conférence et exprime sa satisfaction d’avoir retenu deux leçons principales qui vont désormais, guider sa vie.

La première chose est qu’il faut lire pour apprendre. La deuxième chose, c’est la foi dans tout ce qu’on fait. Ainsi, on peut arriver à surmonter nos difficultés et aller de l’avant.

« Dans mes habitudes, je vais essayer d’intégrer la lecture parce qu’avant, j’étais plus habitué à regarder des résumés. Mme Moreau a un parcours de combattant. On voit qu’elle s’est battue pour tout ce, en quoi, elle croyait », lance-t-il.

Françoise Tougry

 

Dernières nouvelles

ARTICLES SIMILAIRES