Dans un contexte national marqué par une crise sécuritaire persistante, où les femmes figurent parmi les premières victimes des violations des droits humains, Aïcha Ouédraogo Zampalegré a brillamment soutenu son mémoire de Master de recherche en Droit international et Droits de l’Homme, consacré à la protection des droits de la femme dans le contexte de crise sécuritaire au Burkina Faso. Selon Aconews.net, par son travail, la nouvelle diplômée contribue à nourrir le débat sur la place des femmes dans les politiques de paix et de sécurité et réaffirme une conviction essentielle : la protection des femmes n’est pas un enjeu secondaire, mais un pilier fondamental de la résilience et de la reconstruction nationale.
À travers ce travail de recherche, la juriste met en lumière une réalité souvent reléguée au second plan. L’impact spécifique de l’insécurité sur les droits fondamentaux des femmes et les limites des mécanismes censés les protéger. Sa réflexion s’articule autour d’une interrogation centrale : les dispositifs juridico-institutionnels existants permettent-ils réellement d’assurer une protection effective des droits des femmes dans les zones affectées par l’insécurité ?
L’étude révèle que si le Burkina Faso dispose d’un cadre juridique relativement avancé en matière de droits des femmes, notamment à travers la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), le Protocole de Maputo et la législation nationale relative aux violences basées sur le genre, leur application demeure largement entravée par la réalité du terrain. Déplacements forcés, violences sexuelles, mariages précoces, accès limité à la justice et aux services de protection constituent le quotidien de nombreuses femmes vivant dans les zones en crise.
En opposant le droit proclamé au droit vécu, la recherche met en évidence un paradoxe préoccupant. Les normes existent, mais les femmes peinent à en bénéficier effectivement. L’affaiblissement de la présence de l’État, les contraintes sécuritaires et institutionnelles ainsi que le manque de mécanismes adaptés aux contextes d’urgence réduisent considérablement la portée des textes juridiques.
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Face à ce constat, Aïcha Ouédraogo plaide pour une approche plus pragmatique et centrée sur les réalités féminines. Elle recommande notamment le renforcement de l’accès des femmes à la justice, la coordination entre acteurs étatiques, humanitaires et communautaires, ainsi que l’intégration systématique de l’approche genre dans les politiques de sécurité et de réponse humanitaire.
Au-delà d’un simple exercice académique, ce mémoire se veut un appel à l’action. Il rappelle que la protection des droits des femmes en période de crise ne saurait se limiter à des engagements normatifs, mais doit se traduire par des actions concrètes, accessibles et adaptées.









