Elle avait déjà marqué l’histoire du Burkina Faso grâce à un orchestre dont elle faisait partie. Une fois de plus, elle est sous le feu des projecteurs pour une raison bien précise. Kadi Bassavé alias Idak puisque c’est d’elle qu’il s’agit va être inscrite sur la Rue des Étoiles, dans le cadre de la deuxième édition. Le mérite revient à une artiste qui a su traverser le temps en s’imposant.
«La famille Bassavé vous salue au nom du peuple », vous rappelez-vous, cette chanson des années 80-90? Ceux qui ont connu l’orchestre ont été bercés par cette mélodie, fredonnée un peu partout. De nombreuses générations ont également été marquées par ce chant.
Mis en place par Abdoulaye Bassavé, ayant servi comme agent de l’agriculture dans la province du Sourou, en son temps et Marie Béré, sa femme, l’orchestre prend vie avec l’accompagnement de ses enfants. C’est la première fois dans notre pays qu’une initiative privée de ce genre voit le jour. Ainsi, ils deviennent un groupe de musiciens qui sème profondément la joie dans le cœur des mélomanes.

Authentique et solidaire
Née a Dori, Idak a des frères et sœurs : Fanta, Safoura «Delta», Mamadou, Aïcha et Idrissa. Après le décès des parents, la famille a reçu un gros choc. Mais, Idak a essayé de maintenir la flamme de la musique, leur héritage culturel. Pour que cette valeur demeure bien ancrée dans l’histoire et dans la société, elle soutient sa sœur Safoura qui se lance aussi dans la musique. Malheureusement, elle décède en février 2015 au moment même où sa carrière prend de l’envol. Un autre coup dur qui vient plonger la famille dans le désarroi! Mais, Idak refuse contre vents et marées, de laisser éteindre l’étoile de la musique au sein de cette famille. Comme une araignée, elle tisse sa toile mêlant défis, courage, persévérance , détermination et perspectives.
Idak a, à son actif, une multitude de concerts, de galas et des participantions à des événementiels au Burkina Faso et dans la sous-région.
Une carrière inspirante
En 1998, elle décide d’évoluer en solo. Un engagement qui lui permet de sortir son premier album « Homme intègre ! L’album connaît un succès au Burkina Faso.
En outre, en 2001, Idak Bassavé détient plusieurs autres nominations au Kundé d’Or. A cela s’ajoute, sa nomination au Kora Award en Afrique du Sud. La même année, elle prend part au «Bénin Awards » à Cotonou.
En 2002, elle décroche le Clip d’or, décerné par la RTB avec son titre « Mouzo haouré ». Toujours en 2002, elle est invitée par la première Dame du Niger à un grand concert au palais des congrès de Niamey. Et la liste n’est pas exhaustive.
Décorée Chevalier de l’ordre du ́mérite burkinabè en 2005, Idak est polyglotte. En effet, elle parle le mooré, le dioula, le sissala, le créole, le nouni, le peulh, le français. Artiste talentueuse, ses chansons phares sont Homme intègre, Bayiri, Ya tond so, Sodassa, Le Faso feat Malcom, Tond Kana Sak Yandé, Tond Tenga, Burkina Unité. Son instrument préféré est la batterie.

En novembre 2025, elle reçoit un trophée lors de la nuit de la mode africaine.
Récemment, elle était en tournée en Côte d’Ivoire et en Chine, où elle a revisité son répertoire musical. Elle est rentrée, il y a quelques jours. Au fait, sur invitation de l’ambassade du Burkina en Chine, Idak était à l’honneur et elle a fait des prestations pour la célébration du 65e anniversaire de l’indépendance du pays des hommes intègres, dans cette contrée. L’artiste saisit l’occasion pour apprendre aux chinois, la danse du wagali. Des pas que ces derniers ont esquissés avec fierté!
Mission accomplie
Depuis ses premiers instants dans la musique, Idak nourrit un rêve qui ne l’a jamais quittée, faire un featuring avec la diva de la musique ivoirienne, Aïcha Koné. A présent, c’est chose faite car un album unit les deux voix grâce à la chanson «La paix dans le monde».
Ambassadrice de paix, elle totalise, cette année 2026, 42 ans de carrière musicale. En plus de sa casquette d’artiste musicienne, Idak s’est lancée dans l’entrepreneuriat, pour contribuer à créer de l’emploi et promouvoir l’autonomisation des femmes et des jeunes.
On retient de cette aventure que la grande famille Bassavé a fait et continue de faire les beaux jours de la musique Burkinabè, ici et ailleurs.
Françoise Tougry/Queenmafa.net









