Miss littérature Burkina Faso 2022 : Quand la passion devient un engagement

Au Burkina Faso, la promotion du livre demeure un enjeu important. De plus en plus, les initiatives visant à valoriser la culture littéraire se multiplient. Parmi ces initiatives figure le concours Miss Littérature, une compétition qui met en lumière la beauté intellectuelle des jeunes filles.

C’est dans cet univers que s’illustre Christine Zoarma, sacrée championne Miss Littérature Burkina Faso 2022 et deuxième dauphine Miss Littérature Afrique 2023. La jeune écrivaine est également étudiante en première année de Master en littérature africaine écrite à l’université Joseph-Ki Zerbo. Christine Zoarma s’impose progressivement comme une voix engagée pour l’émancipation intellectuelle des jeunes, en particulier des filles à travers la littérature.

Passionnée de lecture depuis le lycée, elle a fait de cet amour pour les livres un véritable engagement. Pour elle, la littérature est bien plus qu’un simple domaine d’étude : c’est une vocation. Une passion qui l’a conduite à participer au concours Miss Littérature Burkina Faso, expérience qu’elle considère aujourd’hui comme déterminante dans son parcours : « C’est l’une de mes plus belles expériences. Cette compétition a forgé la jeune fille forte, déterminée et persévérante que je suis aujourd’hui », affirme-t-elle.

L’engagement de Zoarma ne se limite pas à son titre de Miss Littérature, elle participe aux initiatives destinées à promouvoir le leadership féminin. Parmi ces initiatives, on note la création du club de lecture Flamme de l’espoir qui œuvre pour la promotion du livre et de la lecture auprès des jeunes en particulier les femmes à travers l’organisation des cafés littéraires, des campings littéraires et d’autres activités culturelles… On note aussi son engagement au sein de l’ONG  l’initiative Pananetugri pour le bien être de la femme (IPBF).

Parmi les œuvres qui ont marqué Christine Zoarma dans son parcours littéraire figure L’Alchimiste de Paulo Coelho. Un roman qui résonne profondément avec son propre parcours.  « Quand je lis ce livre, je me vois dans l’histoire. Il parle d’un jeune berger qui part à la recherche de son trésor malgré les difficultés. Je me bats également malgré les obstacles pour atteindre mes objectifs », explique-t-elle.

« La valeur d’une femme ne se mesure pas à sa situation matrimoniale »

Elle déplore les difficultés auxquelles font face les femmes intellectuelles notamment les préjugés. « Quand une femme commence à s’élever, certaines personnes cherchent à la dénigrer ou à la freiner. Il y a aussi la pression sociale liée au mariage. Beaucoup pensent qu’une femme n’est accomplie que lorsqu’elle est mariée », regrette-t-elle. Une pression qui peut décourager certaines jeunes filles ambitieuses. Elle insiste sur le fait que la valeur d’une femme ne se mesure pas à sa situation matrimoniale. Une femme peut être célibataire et avoir un impact immense sur la société.

A la question de savoir quel rôle joue la littérature dans l’émancipation des femmes, Christine nous confie que la littérature fait partie intégrante de nos vies. Elle permet aux femmes de s’exprimer, de réfléchir et de contribuer au développement de leur pays. De plus en plus, des femmes s’engagent dans l’écriture et utilisent la littérature comme un moyen de défendre leurs idées et de porter des causes importantes, notamment celle des droits des femmes.

À l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, Christine Zoarma invite ses paires à donner un sens profond à cette célébration. Pour elle, le 8 mars ne doit pas se limiter à une simple fête, mais à un moment de réflexion et de prise de conscience de notre valeur et potentiel. C’est une occasion pour célébrer nos luttes, nos victoires mais aussi nos échecs parce que ce sont eux qui nous permettent de grandir et de devenir la meilleure version de nous-mêmes.

LATIFATOU SAWADOGO(stagiaire)

 

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