Diaspora : Ana Djiga, une championne de l’art culinaire Made in Burkina

Elle, c’est Ana Faichatou Miriame Djiga, passionnée de gastronomie, d’évènementiel et de cuisine africaine. Burkinabè résidant en France, elle évolue dans le domaine de l’hôtellerie-restauration après un parcours riche en découvertes et en expériences, qui lui a permis de transformer cette passion, en véritable projet de vie. Récemment, lors de la 3ème édition du Festival Souss Gastro, elle a porté haut, le drapeau du Burkina Faso grâce une médaille d’or, une médaille d’argent, un trophée et des certificats. Rencontre avec une figure brillante de la diaspora!

Ana Djiga, c’est la petite fille que tout le monde remarquait dans la cuisine. Si elle n’est pas en train d’aider maman, elle est en train de « fabriquer » quelque chose et on la connaissait pour ça. Adulée par l’organisation et la cuisine. Elle est souvent, celle qui propose les menus lors des fêtes familiales et les idées. Même les adultes demandent parfois, son avis.

Après son baccalauréat en 2020, elle commence une année de licence en communication. À cette époque, son projet professionnel était de devenir wedding planner (organisation de mariages).

Par la suite, Ana s’est envolée pour la France afin de poursuivre ses études. « J’ai intégré un bachelor. Mais, j’ai rencontré des difficultés pour trouver un stage. Ce qui est souvent, compliqué lorsqu’on arrive dans un nouveau pays. C’est à ce moment-là que je me suis tournée vers une autre passion qui m’a toujours suivie : la cuisine », explique-t-elle.

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Le déclic

Elle réalise alors que le secteur de l’hôtellerie et de la restauration en France est très structuré et qu’il pourrait lui offrir de belles opportunités. Après réflexion, elle intègre, une fois de plus, une école qui   l’accompagne pendant trois années d’alternance. Années durant lesquelles, elle obtient un BTS. Puis, une licence.

Ana Djiga, le jour de la remise de diplôme

Pendant ces années, elle met à profit ses connaissances en travaillant dans une maison de cuisine traditionnelle française ainsi que dans un groupe de traiteurs évènementiels de luxe. « C’est là que j’ai eu le déclic. Je me suis rendue compte que je pouvais allier mes deux passions, l’évènementiel et la gastronomie. Cette passion ne m’a jamais quittée », confie Ana Djiga. Sachez que, même étudiante à l’étranger, Ana a gardé ses bonnes habitudes ! Elle est encore celle qui organise les anniversaires surprises, les fêtes d’intégration ou les repas entre amis.  « J’aime beaucoup m’adapter et explorer plusieurs styles de cuisine », lance-t-elle.

 

Une expérience multidisciplinaire

Aussi, faut-il le souligner, pendant les vacances, lorsque Ana Djiga rentre au pays, elle cuisine parfois, des plats locaux comme le riz gras et d’autres mets traditionnels. Mais, dans son environnement étudiant, elle aime réinventer les recettes et créer des fusions culinaires. En effet, autodidacte en pâtisserie, elle s’inspire beaucoup des grands Chefs burkinabè comme Lucien Benjamin Compaoré ou encore Chef André.

Pour rappel, elle a également eu la chance de travailler avec certains grands Chefs comme Mory Sacko. Celui-là même qui l’a inspirée par sa manière de fusionner la cuisine malienne et la cuisine asiatique.

 

Une carrière marquée par des prix et des honneurs

Durant son parcours, la jeune burkinabè a participé à plusieurs concours culinaires. On note entre autres, le concours organisé lors de la journée de la femme et un autre tenu, il y a environ deux ans et demi où elle a remporté le premier prix dans les catégories, plats traditionnels français et desserts à table.

Du 8 au 11 mai 2026, à Agadir au Maroc, elle a représenté dignement et valablement le Burkina Faso, dans le cadre de la 3ème édition du Festival Souss Gastro.

Ana Djiga, au festival Souss Gastro.  Assortiment de jus de fruits »

Elle a remporté le 1er prix dans la catégorie « assortiment de jus de fruits » avec ses 9 jus à base de fruits locaux (pain de singe, bissap rouge, bissap blanc, tamarin, detarium, liane…) décrochant ainsi une médaille d’or, un trophée et un certificat.

En outre, elle a obtenu une médaille d’argent et un certificat dans la catégorie mets patrimonial.

«J’ai remporté mes toutes premières médailles internationales et mon tout premier trophée international. J’espère sincèrement que ce ne sera pas le dernier. Mais, plutôt le début d’une grande aventure dans le monde de la gastronomie », souhaite-t-elle.

Selon Ana Djiga, les raisons qui l’ont motivée à prendre part à Souss Gastro sont avant tout, sa passion pour l’art culinaire et son amour des défis. Depuis son enfance, elle rêvait de représenter le Burkina Faso à travers la gastronomie. Aujourd’hui, c’est chose faite en témoigne, ses différentes distinctions.

Grâce à l’Association des Chefs Burkinabè qui lui a donné l’opportunité de participer à Souss Gastro, elle a immédiatement accepté de relever le défi malgré les difficultés qu’il pouvait y avoir autour.

« Pour moi, c’était une occasion unique de représenter mon pays et de montrer le talent de notre jeunesse », indique-t-elle.
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Un engagement salutaire

Pas-à-pas, de défis en défis, cheffe Ana Djiga laisse ses empreintes à chaque passage, à chaque participation.

« Chaque chef possède quelque chose qui le rend unique. En ce qui me concerne, c’est l’authenticité, la créativité et surtout, la prise de risque », souligne-t-elle.

Elle a choisi de sortir de sa zone de confort, de revisiter les recettes tout en respectant leurs origines et surtout, de croire en ce qu’elle fait avec confiance et passion.

A présent, titulaire d’un BTS en management hôtellerie-restauration et d’une licence en gestion de la restauration commerciale et collective, elle souhaite continuer à évoluer dans le monde de la gastronomie, apprendre davantage tout en repoussant ses limites.

« Et pourquoi pas, ouvrir un jour, mes propres restaurants et promouvoir encore plus, la cuisine africaine à l’international ? Mon objectif est également d’inspirer les jeunes comme moi, à croire en leurs rêves et à valoriser leur culture à travers la gastronomie », encourage-t-elle.

A la question de savoir quels sont les aspects de la culture burkinabè que les gens connaissent en France, Ana Djiga déclare que les burkinabè de la diaspora savent d’où ils viennent et restent attachés à leurs origines. Chaque trimestre, il y a au minimum, une cérémonie qui rassemble les burkinabè autour de la culture et récemment, a eu lieu le Dassandaga. Un festival où l’on expose les mets locaux et les arts du pays. « Donc, la Diaspora est très engagée culturellement », conclut-elle.

Françoise Tougry/Queenmafa.net

  

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