Hémorragie du post-partum : La SOGOB et ses partenaires réfléchissent sur un fléau aux lourdes conséquences

Chaque jour, des milliers de femmes perdent la vie en donnant la vie. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles brisées, des enfants privés de leur mère. Parmi les causes majeures, l’hémorragie de la délivrance demeure l’une des plus meurtrières alors qu’elle est, dans bien des cas, évitable. C’est fort de ce constat que la Société de Gynécologie Obstétrique du Burkina (SOGOB) et les partenaires techniques et financiers se sont réunis, ce vendredi 3 avril 2026 à Ouagadougou. L’objectif est de réfléchir à de nouvelles stratégies pour faire réculer de manière significative, la mortalité maternelle liée à l’hémorragie du post-partum (HPP).

Hier, dans la matinée, le vice-président de la SOGOB Pr Issa Ouédraogo a procédé au lancement de l’atelier de concertation. Son mot d’ouverture est suivi d’un exposé sur l’état des lieux de la HPP et de la santé maternelle.
Le gynécologue-obstétricien a, dans sa présentation, fait ressortir des chiffres qui font froid dans le dos.
Dans le monde, chaque minute, 380 femmes deviennent enceintes dont 190 grossesses non désirées; 110 femmes ont une complication gravidique. 40 femmes ont une complication d’avortement; En 2023, 260 mille femmes sont décédées pendant une grossesse ou un accouchement.
Toujours en 2023, environ 92% des décès maternels dus à la HPP sont survenus dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire de la tranche inférieure et la plupart aurait pu être évitée. La liste n’est pas exhaustive.
A regarder ces statistiques, on réalise à quel point, la mortalité maternelle est dangereuse. D’où la nécessité de battre le fer pendant qu’il est chaud.
Selon le chargé de programme santé maternelle au Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), depuis de nombreuses années, la structure soutient la lutte contre l’hémorragie du post-partum et la mortalité maternelle. « Nous apportons un appui dans divers domaines, en termes de renforcement de capacités des acteurs et des prestataires, une dotation en matériel médico-technique et médicaments, etc. Donc, nous allons encore nous inscrire dans cette dynamique pour appuyer le ministère de la santé dans la lutte contre ce fléau », a rassuré Michel Nassa Sawadogo.
(De la gauche vers la droite) Pr Yobi Alexis Sawadogo,  Pr Issa Ouédraogo et Michel Nassa Sawadogo
Dans sa déclaration, Pr Issa Ouédraogo a mentionné que malgré l’existence de protocoles, de compétences et d’outils essentiels, les défis persistent. Il s’agit spécifiquement de l’insuffisance d’équipements, des ruptures de produits sanguins, du manque de formation continue, de la faiblesse du système de référence et de contre-référence ainsi que l’accès inégal aux soins, etc.
« Votre soutien ne doit pas seulement être technique ou financier. Il doit être stratégique, durable et orienté vers des résultats concrets. Il s’agit ici de sauver des vies, de préserver l’avenir de nos communautés et de garantir le droit fondamental de chaque femme à un accouchement sécurisé», c’est en termes que le vice-président, Pr Issa Ouédraogo exhorte la vingtaine de partenaires qui soutient la SOGOB à des actions plus fortes.
Pr Issa Ouédraogo
Au cours de l’atelier, les participants ont échangé à bâtons rompus tout en faisant des suggestions.
Ainsi, à l’issue de cet atelier, le vice-président estime que les objectifs sont atteints parce que les partenaires ont réaffirmé leur engagement à accompagner la SOGOB en mettant à la disposition des formations sanitaires et des praticiens, les sacs d’évaluation et la carbétocine thermostable, une molécule qui va permettre de révolutionner la lutte contre l’hémorragie du post-partum. Il dit être satisfait des échanges qui ont été riches et fructueux en partages d’expériences. « Les partenaires techniques et financiers se sont engagés à revoir les différents plans d’action qu’ils vont élaborer. Nous espérons que d’ici l’année prochaine, nous allons nous retrouver et faire un bilan de tout ce dont on a discuté », a-t-il souhaité.
Françoise Tougry/ Queenmafa.net

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