Danseur et chorégraphe, Yacouba Ouédraogo œuvre à la valorisation et à la transmission des danses traditionnelles burkinabé. Initiateur du stage de danse Warba tenu du 27 au 28 Mars 2026 au centre la termitière, il ambitionne de redonner à cette Danse bien connu en pays Moaga, toute la place qu’elle mérite au Burkina Faso et à l’international. Dans un entretien qu’il nous a accordé le 7 Avril dernier, il revient sur la première édition de l’évènement.
Qui est Yacouba Ouédraogo ?
Je suis artiste, danseur, interprète et chorégraphe. Je suis également directeur artistique de l’association Willigri, qui porte le projet K’Art’ier en Mouvement. Je suis professeur de danse en France, à l’école supérieure La Manufacture Vendetta Mathea – Aurillac. Par ailleurs, j’ai été bénévole au sein de l’hôpital Schiphra où je travaillais avec des personnes atteintes de cancer.

Parlez-nous de votre parcours dans la danse ?
J’ai commencé la danse en 2002 avec la danse traditionnelle warba. En 2013, lors du FESPACO, j’ai découvert la danse contemporaine, ce qui m’a poussé à suivre une formation de six ans au sein du Centre pour le Développement Culturel la termitière CDC et j’ai obtenu mon diplôme en danse. Ensuite, j’ai poursuivi en France où je suis aujourd’hui professeur.
Qu’ est-ce qui vous a motivé à faire de la danse ?
Ma mère était danseuse traditionnelle du Kigba, et je l’accompagnais souvent. J’avais également un voisin danseur qui m’a aussi encouragé à me lancer. C’est comme ça que tout a commencé.
Pourquoi avoir initié ce stage ?
Je constate que certains danseurs négligent les bases des danses traditionnelles. Il est important de maîtriser le warba, qui est une danse emblématique du Burkina Faso. Comme c’est une première, nous avons fait gratuitement pour tester l’engouement du public et permettre au plus grand nombre d’y participer.
Combien de participants avez-vous formés ?
Nous avons commencé avec huit participants, puis une douzaine le deuxième jour, soit environ une vingtaine au total, incluant des locaux et des étrangers venus de la France, de l’Italie et de la République Tchèque.
Ils ont appris les bases du warba, notamment la décomposition des mouvements : le bassin, les pieds, la tête, et la dissociation du haut et du bas du corps. Nous avons aussi travaillé sur une chorégraphie. Oui, chaque participant a réalisé un solo pour montrer ce qu’il a appris. Le stage étant court nous n’avons pas délivré des attestations.
Pourquoi est-il important de valoriser le warba ?
Parce que c’est notre identité culturelle. En Europe, ce qui nous distingue, c’est justement notre danse traditionnelle. Il est donc essentiel de la maîtriser et de la transmettre. Malheureusement les jeunes ne s’y intéressent pas suffisamment. Beaucoup pensent déjà maîtriser le warba, alors qu’ils ne connaissent pas les techniques en profondeur.
Avez-vous bénéficié de partenariats ?
Oui, le centre CDC m’a offert l’espace. C’est mon principal partenaire.
Avez-vous rencontré des difficultés ?
J’ai organisé seul, ce qui n’est pas facile, mais tout s’est bien passé dans l’ensemble.
Comment avez-vous mobilisé les participants ?
J’ai mobilisé les personnes via les réseaux sociaux et les inscriptions par WhatsApp.
Quel impact ce stage a-t-il eu ?
Les retours ont été très positifs, surtout de la part des participants étrangers qui ont découvert quelque chose de nouveau.
Une deuxième édition est-elle prévue ?
Oui, si les conditions sont réunies, une deuxième édition est prévue au mois de décembre 2027 et elle va s’étendre sur plusieurs jours.
Quels sont vos projets à venir ?
Je souhaite développer le projet Quartier en Mouvement pour aboutir à des rencontres internationales de danse africaine. Mon ambition est de promouvoir la diplomatie culturelle en Afrique.
Mot de fin
Je remercie Queen Mafa pour cette interview. Et j’encourage les danseurs à persévérer malgré les difficultés. Il ne faut jamais abandoner ses rêves.
Ange BAMOUNI


