Le jeudi 12 mars 2026, devant la chambre criminelle du Tribunal de grande instance Ouaga I, Bola, militaire d’élite marié et père de deux enfants à Zongo, a comparu pour répondre des faits d’assassinat de sa compagne Ata.
Les faits remontent en 2025. Le couple habitant entretenait une relation depuis plusieurs années. Au fil du temps, la relation entre les deux partenaires était marquée par des conflits fréquents car Bola soupçonne Ata d’infidélité. Le soir du drame, après une nouvelle dispute, Ata aurait annoncé à Bola, son intention de mettre fin à leur relation. C’est ainsi que Bola a tiré six balles sur Ata, entraînant sa mort.
À la barre, l’accusé a affirmé avoir eu vent des infidélités de sa compagne depuis le théâtre des opérations tout en précisant qu’il l’aimait beaucoup.
A la question du tribunal de savoir ce qui s’est passé le jour des faits, Bola répond : « Je ne sais pas ce qui s’est passé. Je l’ai appelée pour que nous discutions et que nous nous entendions ». L’interrogeant sur le nombre de balles tirées, il confie ne pas savoir que ses tirs étaient dirigés contre elle parce qu’il faisait nuit.
Toutefois, le procureur a relevé plusieurs incohérences dans ses déclarations, notamment sur les circonstances des tirs et son comportement après les faits.
Selon un témoignage lu à l’audience, Bola aurait transporté le corps de la victime avant de l’abandonner dans une décharge. Un autre témoignage, celui de son épouse, indique qu’il était sorti de son domicile le soir des faits en prétextant se rendre à une boutique et est rentré pendant qu’elle dormait.
Le procureur poursuit avec d’autres questions.
L’acte n’était-il pas délibéré ? Bola reste silencieux. « Portez-vous une arme lorsque vous allez chez votre amie ? » questionne le tribunal. Bola répond par l’affirmatif en argumentant que la zone est dangereuse et que son statut lui permet de porter son arme en permanence. Êtes-vous normal ? Répondez », rétorque le procureur. « La nuit, j’entends parfois, quelqu’un m’appeler. Le jour des faits, je n’ai pas su comment cela s’est passé. », déclare Bola.
Les examens psychiatriques prouvent pourtant, que vous êtes normal, renchérit le procureur. Est-ce parce qu’elle vous a annoncé la fin de la relation que vous lui avez tiré dessus ? » « Non. », déclare l’accusé.
« Aviez-vous planifié votre acte ? » « Non. », répond-t-il.
La partie civile a soutenu que l’acte était prémédité, déduisant que Bola avait organisé la rencontre dans un lieu isolé avant de faire usage de son arme de service. Elle a réclamé plus de 60 millions de FCFA de dommages et intérêts au profit des proches de la victime.
Le ministère public a estimé que tous les éléments constitutifs de l’assassinat étaient réunis et a requis la réclusion criminelle à perpétuité.
L’Agent judiciaire de l’État a demandé que la responsabilité civile de l’État soit écartée, considérant que le militaire avait agi en dehors de ses fonctions.
De son côté, la défense a plaidé la requalification des faits en meurtre, soutenant que l’accusé avait agi sous le coup de l’émotion après l’annonce de la rupture et qu’il n’existait aucune preuve de préméditation.
Dans son dernier mot, Bola a présenté ses excuses à la famille de la victime et sollicité la clémence du tribunal.
L’affaire a été mise en délibéré et le verdict est attendu ultérieurement.
Source Zoodomail


