« À l’école en toute sérénité » : Pour une éducation inclusive et de qualité  dans un contexte de résilience

Débuté cette année, « À l’école en toute sérénité » est un projet quinquennal de l’Association Zak-La-Yilguemdé (AZLY) basée à Manga, la cité de l’épervier. Soutenu par son partenaire néerlandais Kinderpostzegels, il prendra fin en 2030 et est à sa deuxième phase. L’association intervient principalement dans l’éducation, la résilience et santé mentale, la participation active des enfants. Pingdewendé Émile Ouédraogo, chargé de projet nous situe sur « À l’école en toute sérénité ».

Le programme « À l’école en toute sérénité », est mis en œuvre au Burkina Faso par un consortium d’organisations partenaires (l’Association Tout pour Tous Yennega (ATTous-Y), l’Association D’appui et d’Éveil Pugsada (ADEP), Action pour le Changement Positif de Comportement au Burkina Faso (ACPC-BF), l’Association des Jeunes pour le Bien-être Familial (AJBF) et l’Association Zak-La-Yilguemdé (AZLY)) dans cinq régions.

Dans le cadre de leurs activités, il est inscrit  l’épargne pour le changement « EPC », qui sont des groupes d’entraide féminins constitués de 25 personnes par groupe. Actuellement, 110 groupes sont enregistrés.

L’EPC a été créé dans l’axe Éducation, c’est-à-dire travailler pour que les enfants restent le plus longtemps possible à l’école en contribuant au renforcement de la qualité de l’éducation. L’association aide les familles qui s’engagent à utiliser les dividendes de l’économie pour leurs enfants.

A cela s’ajoutent des activités avec les encadreurs pédagogiques et les enseignants, des formations sur les thématiques d’éducation d’urgence et le management des structures éducatives sensibles à la santé mentale des enfants, en partenariat avec les techniciens du ministère de l’Éducation primaire et post-primaire.

Emile Ouédraogo, chargé de projet à AZLY

Le bien-être de l’enfant au-dessus de tout

Dans l’axe participation de l’enfant, c’est-à-dire mettre l’enfant au centre de son intérêt, il existe ce qu’on appelle « gouvernement scolaire ou club scolaire » .

Ce groupe permet d’offrir aux enfants, des compétences de vie courante : bon usage de net , art oratoire, poésie, théâtre, formations… Les majorettes composées de garçons et de filles sont un autre volet de cet axe.

Lire aussi Solidaires de la paix : Les femmes s’approprient la résolution 1325

Un réseau pour la protection de l’enfant

ALZY travaille en synergie avec un réseau de protection de l’enfant axé sur la Résilience et santé mentale. Il est dirigé par le procureur, soutenu par des services techniques y compris les associations du domaine de la protection de l’enfant.

« Quand on fait le plan d’action, on le leur soumet. Ils donnent le quitus avant qu’on ne transmette aux partenaires », explique-t-il.

Un renforcement des capacités sur la santé mentale est organisé au profit des enseignants et les élèves. L’objectif est de favoriser une participation active en classe et le respect des différentes sensibilités.

Les enfants étant constamment ensemble peuvent signaler une situation particulière d’un des leurs favorisant ainsi une prise en charge immédiate .

« Nous intervenons dans 38 établissements du primaire et du secondaire à Gogo et Guiba. Chaque école constitue un gouvernement scolaire avec un coordonnateur qui est un éducateur proche ou un référent de résilience », justifie-t-il.

Des retombées assez significatives

Le premier retour du projet « À l’école en toute sérénité », c’est principalement l’éveil des enfants et leur participation. Ils sont plus dynamiques et la relation de l’encadreur à l’élève a changé. On remarque une certaine proximité entre eux et le cadre de vie est désormais, favorable à l’apprentissage.

Le deuxième est la participation de l’enfant à travers un petit projet innovant « Porte-monnaie des enfants ». Ils reçoivent des formations de pairs éducateurs et de gestion financière. Le partenaire finance et l’association reverse les sous au « gouvernement scolaire » qui identifie ses activités, les exécute.

Les enfants apprennent à rendre compte en faisant les pièces justificatives, en rédigeant des rapports avec l’aide de leurs encadreurs.

Emile Ouédraogo, Aimée Bouda Yaméogo (secrétaire exécutive de l’association AZLY) et quelques collaborateurs

Le jardin nutritif, une opportunité de réinsertion socioprofessionnelle

Aux dires de Emile Ouédraogo, le Zoundwéogo est une province qui enregistre un fort taux d’abandon scolaire.

L’initiative du centre de formation autour du jardin, comme une sorte d’insertion socioprofessionnelle est partie du fait que beaucoup d’enfants abandonnent l’école et ne sont plus prêts à y retourner. « Dans des classes de 47 élèves, on se retrouve avec 7 garçons. Tous les garçons sont en train de rejoindre les sites d’orpaillage.

Autour de ce jardin-là, se font l’élevage des poulets et des porcs, la récupération des fientes pour les champs, etc. La formation aux métiers pour ceux qui ne sont plus dans le système scolaire pourrait éviter beaucoup de dérapages.

 Lire aussi Cohésion sociale : Wapassi Naaba appelle à la responsabilité citoyenne

Des porteurs de projets pleinement satisfaits

Selon Emile Ouédraogo, à l’heure actuelle, les activités se déroulent bien puisque le projet a fait l’objet d’une signature de convention avec le ministère de l’Éducation.

« Pour le moment, nous sommes satisfaits des résultats. Peut-être à la fin ou à mi-parcours, on va ensemble réévaluer. Le ministère de la famille et de la solidarité et le ministère de la santé sont d’accord avec nos objectifs qui sont encadrés », dit-il.

En vue d’impacter plus longtemps, AZLY en collaboration avec le consortium d’association partenaires de Kinderpostzegels  a réussi à faire intégrer les modules de santé mentale dans les curricula de base de formation du personnel de l’éducation en 2025.

« Ce sont des résultats majeurs impactés jusqu’au niveau national. Les ressources financières étant limitées, on est obligé de rester dans 38 écoles. Les intervenants dans les autres régions aussi ont plus ou moins entre 20 et 30 écoles. Donc, la mise à l’échelle va être plus profitable à tout le pays », espère-t-il.

L’éventail du projet est large : Programme élargi de vaccination, lutte contre le paludisme, suivi -évaluation des moustiquaires imprégnées MILDA, l’entrepreneuriat féminin avec les femmes, les filles déscolarisées et les déplacés internes, des hommes formés, etc.

Pour rappel, le Réseau ouest africain des associations et ONG de lutte contre les violences basées sur le genre (ROAO-LVBG) a organisé une rencontre d’échanges pour sensibiliser les acteurs et actrices. L’activité s’est tenue du 18 au 19 août 2026 à Manga. Nous avons saisi l’occasion pour découvrir AZLY d’où cet article.

Françoise Tougry

 

Dernières nouvelles

ARTICLES SIMILAIRES