Femmes, jeunes, paix et sécurité : le slam pour faire entendre les voix qui comptent

À l’occasion des 25 ans de la résolution 1325 sur Femmes, Paix et Sécurité et des 10 ans de la résolution 2250 sur Jeunesse, Paix et Sécurité, le consortium Plurielle a organisé, le 26 août 2026 à Ouagadougou, une compétition de slam autour de la participation des femmes et des jeunes à la construction de la paix au Burkina Faso.

Conduite par l’association Les Amazones pour le développement, cette activité s’inscrit dans la « Cam’Pagne 1325 chez nous », lancée du 24 au 26 août par le Consortium PLURIELLES, une coalition de sept organisations de la société civile Burkinabè, en partenariat avec l’ONG Diakonia.

Pendant trois jours, la campagne a réuni différents acteurs autour de la nécessité de faire connaître et de mieux appliquer les résolutions 1325 et 2250. À travers les prestations des candidats, le slam est devenu un moyen de porter des messages sur la place des femmes et des jeunes dans la société, notamment dans les décisions liées à la paix et à la sécurité.

Huit candidats ont participé à la compétition, dont deux prestations ont été projetées, les candidats concernés étant hors de Ouagadougou. Pour départager les participants, le jury présidé par Virginie Yaméogo, experte en genre s’est appuyé sur plusieurs critères : la pertinence du thème, la qualité du message, l’interprétation scénique, la sensibilisation et la créativité. À l’issue de cela, les trois meilleurs prestations ont été retenues.

Les candidats et les membres du jury Les trois lauréats au centre (Zouaïratou Cissé, Jean-Jacques Sandwidi, Cédric Bazyomo). Les autres participants ont reçu des prix d’encouragements.

Au terme de la compétition, la troisième place est revenue à Cédric Bazyomo, avec  une moyenne de 78/100. Il s’est réjoui de ses résultats et estime qu’à travers sa voix, il pourra contribuer au changement  et briser le silence.  Pour lui, l’objectif principal n’était pas de gagner. Mais  de sensibiliser,  de contribuer à redéfinir la place des femmes et des jeunes dans la société.

Lire aussi Burkina Faso : Des femmes leaders outillées sur la Résolution 1325 pour le renforcement de la paix

Jean-Jacques Sandwidi s’est classé deuxième avec une moyenne de 80/100. À travers sa prestation, il a défendu l’idée que la paix doit être une affaire de tous et que les femmes et les jeunes, qui constituent une grande partie de la population, doivent avoir leur place dans les décisions qui concernent la société. Pour sa première participation à une compétition de slam, il dit avoir surtout ressenti de la fierté d’avoir osé prendre la parole en public. Pour Jean-Jacques Sandwidi, le slam constitue également un outil puissant de sensibilisation. Il compte continuer à écrire, à prendre la parole et à faire entendre son message au-delà de cette compétition. Son choix de participer était lié au contexte sécuritaire du Burkina Faso et à la place encore limitée accordée aux femmes et aux jeunes dans les décisions importantes.

La première place a été remportée par Zouaïratou Cissé, étudiante en droit, avec une moyenne de 82,1/100. Sa prestation s’est particulièrement démarquée aux yeux du jury par sa compréhension du thème, la qualité de son message, sa créativité et son interprétation scénique. Sa manière de mettre en valeur la femme a également contribué à son classement.

Visiblement émue par cette victoire, la lauréate dit avoir surtout retenu le fait que son message ait été entendu. « À travers ma voix, j’aimerais faire valoir nos voix à toutes », a-t-elle expliqué.

Sa participation a été motivée par son intérêt pour les questions liées aux femmes. Mais aussi, par sa volonté, en tant que jeune, de contribuer à la construction de la paix. Pour elle, le slam peut servir de moyen de sensibilisation, notamment sur les violences basées sur le genre, en permettant de porter des messages qui peinent parfois à trouver leur place dans l’espace public.

Au-delà de la scène, tous les candidats entendent poursuivre cet engagement en encourageant d’autres jeunes filles à prendre la parole. Ils souhaitent notamment accompagner celles qui ont du mal à s’exprimer en public afin qu’elles puissent, elles aussi, faire entendre leurs voix. « Je peux accompagner d’autres filles afin qu’elles puissent s’exprimer », explique Zouaïratou Cissé appelant celles qui ont quelque chose à dire pour briser le silence.

Lire aussi Conférence publique sur les agendas FPS et JPS : les participants appellent à renforcer la sensibilisation et l’implication des femmes et des jeunes

Du côté du comité d’organisation, l’objectif de cette compétition était justement de contribuer à changer les perceptions sur les femmes et les jeunes, souvent marginalisés dans certains espaces. La présidente du jury Virginie Yaméogo, experte en genre estime que les femmes ne doivent pas être limitées au rôle de mère ou de femme au foyer. Elles ont, selon elle, les capacités et le courage nécessaires pour participer pleinement à la reconstruction du pays. « La femme vaut plus que ça », a-t-elle affirmé, appelant à lui donner davantage de place et de voix dans la société. Elle estime que les femmes disposent des idées, du courage et des capacités nécessaires pour participer à la reconstruction du Burkina Faso.

La remise des prix s’est déroulée, ce 27 août 2026 au terrain de foot du centre commercial de Ouaga 2000. Au -delà des trois premiers prix, tous les candidats auront droit à une attestation de reconnaissance.

À travers cette compétition, « Cam’Pagne 1325 chez nous » aura ainsi permis de transformer la scène en espace de sensibilisation. Une manière, pour les organisateurs et les participants, de rappeler que la construction d’une paix durable passe aussi par la participation effective des femmes et des jeunes.

Augustine sawadogo stagiaire

 

 

 

 

 

 

 

 

Dernières nouvelles

ARTICLES SIMILAIRES