Des disputes et des mésententes dans les couples, c’est fréquent. Cependant, chacun peut travailler à apaiser la situation. C’est ce que pense Hermine Tiarida Dah, point focal de l’Association pour la Promotion féminine de Gaoua (APFG), à Batié. Zoom sur une médiatrice ayant contribué à réunir des couples qui étaient disloqués.
Âgée de 35 ans, Hermine Tiarida Dah, est née à Koriba dans la région du Sud-Ouest. Après avoir obtenu son BEPC, Tiarida Dah s’est battue pour assurer sa scolarité et celle de ses sœurs avec des moyens de bord. Elle se rendait au Ghana et menait de petites activités pour subvenir aux besoins de la famille.
En terminale, elle décide alors, de s’inscrire parallèlement au Concours de l’École nationale des Enseignants du Primaire (ENEP). « Malheureusement, quand on a fini, le test d’intégration n’a pas été lancé. Donc, je suis repartie comme ça », dit-elle, toute triste.
Suite à cette expérience jugée décevante par Tiarida, elle a eu l’idée de réunir toutes les filles-mères de sa zone qui n’avaient rien à faire et ensemble, elles ont trouvé une occupation. Elles ont demandé un terrain qu’elles ont transformé en champs d’arachides. Les retombées profitent à elles, toutes.
« Être médiatrice a changé ma vie ».
Tiarida s’est mariée en 2011 quand elle avait 21ans. Le couple a eu trois enfants et l’un d’entre eux a été rappelé à dieu. Comme tous les couples, il y a des hauts et des bas. Dans son ménage, Tiarida et son époux ont aussi eu des mésententes qui ont conduit à une séparation et elle est repartie chez ses parents avec les deux enfants. Situation difficile à vivre, malgré elle. Elle tenait le coup tout en espérant qu’un jour, tout cela ne serait plus, qu’un souvenir derrière elle.

Dans cette localité, elle aide les femmes en difficultés dans les foyers en les approchant pour comprendre ce qui se passe. Elle écoute d’abord, le mari. Ensuite, la femme. Enfin, elle réunit les deux pour les entendre face-à-face en vue de trouver une solution. Si le problème est trop compliqué, elle l’envoie au niveau de l’action sociale.
« Parfois, un homme peut venir me voir et me dire de demander pardon à sa femme pour lui ou vice-versa et je le fais », dit-elle.
Chemin faisant, les uns et les autres ont commencé à se réconcilier. Une prouesse qui a porté des fruits puisque son mari est revenu à de bons sentiments en lui demandant pardon pour qu’ils repartent sur de nouvelles bases.
« Il m’a dit que si j’arrive à réconcilier des couples alors que nous-mêmes, on n’est pas ensemble, ça le dérange. On s’est réconcilié, il y a un an », confie-t-elle.
Le mari a confessé s’être laissé influencer par certaines personnes qui l’ont convaincu que si Tiarida réussit, elle va le quitter parce qu’il n’est pas allé loin dans les études.
« Voilà pourquoi, il me maltraitait. Présentement, on est ensemble. C’est une joie pour moi, d’être un exemple », avoue-t-elle.
Elle invite tous les hommes et toutes les femmes à instaurer la communication et la confiance, pour un foyer uni et solide car il y va du bien-être des enfants.
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La sorcellerie, un obstacle à l’épanouissement de la femme
Tiarida raconte qu’une dame a été accusé de sorcellerie. La population est sortie massivement, armée de bâtons, de couteaux et de machettes pour en finir avec elle. Elle a même été rouée de coups. Cette dernière a eu la vie sauve grâce à l’intervention de l’action sociale et de la police nationale. L’affaire est en justice.
« Présentement, on traite un autre dossier comme ça. Mystiquement, on dit que la sorcellerie existe. Vous accusez quelqu’un. Mais, il n’y a pas de preuve. On se demande si la sorcellerie existe, vraiment », s’interroge-t-elle, précisant que ces genres de problèmes méritent d’être résolus, vu que ça prend de l’ampleur.
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Une épargne utile
Sous la conduite de Tiarida, les groupements de femmes font des épargnes chaque semaine, chacune selon ses moyens et au bout d’un an, elles font le bilan. Certaines gagnent 50 mille, 100 mille ou 200 mille FCFA. Si elles n’ont pas tout récupéré, on puise dedans pour faire des prêts à d’autres femmes qui vont mener des activités génératrices de revenus. Au bout de deux mois, elles ramènent l’argent et gardent le bénéfice.
« Quand les hommes se sont rendus compte que les femmes aussi arrivent à participer, un peu aux dépenses de la famille, beaucoup de choses ont changé au niveau de la population », fait-elle savoir.
L’APFG a permis de mettre en place, une boutique en faveur des groupements de femmes qui font du soumbala, du soja, etc. C’est encore grâce à cette association que Tiarida a participé à l’atelier de formation des formateurs et formatrices en plaidoyer et approches féministes. Une activité initiée par Diakonia Sahel du 20 au 26 septembre 2025 à Loumbila. « Je suis reconnaissante à l’APFG et à Diakonia. Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi., traduit-elle.
Françoise Tougry / Queenmafa.net









