Depuis le lundi 8 décembre 2025, le ministère de la Santé a rassemblé des journalistes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et Banfora autour de la thématique du décès maternel et périnatal. Représentant le secrétaire général du ministère de la santé, le gynécologue obstétricien Pr Adama Ouattara a procédé à la clôture de la deuxième session de briefing et d’information des journalistes sur la problématique de la surveillance et la riposte organisée au Burkina Faso sous forme d’incident. Il s’est dit satisfait du déroulement des travaux.
Débutée le 8 décembre, la rencontre organisée par le ministère avec l’appui technique et financier de la représentation de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pris fin, le 10 décembre. 72h durant lesquelles, les journalistes ont davantage compris le concept de la mortalité maternelle, néonatale et périnatale. En effet, selon les explications de Pr Adama Ouattara, une femme enceinte qui meurt à l’hôpital n’est pas forcément de la faute de l’hôpital. Son décès peut avoir plusieurs causes.
Il peut être lié à des questions de communauté parce que les décisions sont souvent, prises tardivement quand il s’agit d’envoyer les femmes enceintes à l’hôpital. Ça peut être lié à des problèmes de transport, de la maison à l’hôpital. Son décès peut également être un problème lié à un retard, à l’intérieur de l’hôpital.
« Quand on fait une désagrégation, 75% des décès maternels et périnatals ont un lien avec le premier retard. Donc, c’est dire que nous attendons beaucoup de vous pour un accompagnement efficace dans la lutte contre ce fléau », a-t-il justifié.
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Les journalistes présents ont participé à la conception d’un plan d’action et des messages potentiels à l’endroit de la population sur la lutte contre la mortalité maternelle et périnatale. Pr Ouattara s’est réjoui de toutes les propositions qu’il a jugées pertinentes.
« Nous sommes fiers de ce qui a été fait par les journalistes et cela renforce notre conviction selon laquelle, on ne peut gagner ce combat sans eux. Ils ont suggéré que ceux qui ont été associés à la conception soient également pris en compte dans la mise en œuvre. Nous avons pris bonne note. Le travail sera soumis à nos partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux autorités, au niveau national », a-t-il souligné.

Venus de différentes rédactions pour prendre part à cet atelier de capacitation, les journalistes sont de la presse écrite, presse en ligne, radio et télévision.
Pour Saturnin Paré RTB télé du Gouiriko, avoir reçu des connaissances va contribuer a être plus opérationnels dans les rédactions.
« Nous ne savons faire qu’une seule chose : l’information au bénéfice des populations. Merci pour cette belle occasion que vous nous avez donnés et qui va certainement, susciter en chacun de nous, une certaine spécialisation sur ces questions de décès maternels et périnatals », a-t-il soutenu.

Elle a rappelé que souvent, face à certaines situations difficiles, les gens ne savent pas comment les gérer tellement elles sont délicates. Maintenant, avec le renforcement de capacités dont elle a bénéficié, elle saura comment tendre la main en cas de besoin.
« Arrivés dans notre localité, nous serons un relai pour sensibiliser la population sur l’accompagnement des femmes enceintes », a-t-elle précisé.
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Sotuo Justin Dabiré est de la télévision BF1 Bobo. Il a déclaré avoir reçu beaucoup d’informations sur le décès maternel et périnatal. Ces connaissances vont l’aider en tant que journaliste, à mieux comprendre la santé de la mère de l’enfant.
« Cela va également, nous permettre d’organiser des sujets d’initiatives. Je me sens vraiment très utile et dès la semaine prochaine, je vais lancer des sujets pour pouvoir éveiller, sensibiliser, interpeller », a affirmé cet homme de média.

Même s’il y a une tendance à la baisse constatée en 2024, c’est triste de voir que pour donner la vie, des femmes doivent perdre la vie. Dans le but de changer la donne, le ministre de la santé a partagé sa nouvelle vision qui est de considérer chaque décès de femmes ou d’un nouveau-né comme un incident.
« Je pense que c’est une bonne dynamique parce que ça veut dire que la voix de ces femmes a été entendue. C’est pourquoi le ministère prend des dispositions pour éviter ces cas-là », a-t-elle justifié.
Françoise Tougry/Queenmafa.net









