La salle P-suT de l’université Joseph Ki Zerbo, située à Ouagadougou a vibré, ce samedi 07 mars 2026, au rythme de la finale de la 5ème édition du concours d’art oratoire organisé par l’association « Voix de la Femme ». Composée de deux catégories dont celles scolaire et universitaire, les équipes venues de Koudougou ont remporté les deux premiers prix officiels de la compétition.

Délocalisée de Koudougou pour la première fois, la finale du concours d’art oratoire « voix de la femme » a tenu toutes les promesses, en présence de différentes personnalités.
Avec leur surnom de dames influentes, l’équipe universitaire de Koudougou, composée de Sondo reine, Sanou T laïmatou et Quanita Ouédraogo a remporté pour la 5ème fois consécutive, la compétition d’art oratoire « voix de la femme ».
Après avoir défendu le thème « les femmes sont entièrement responsables de leur faible représentation au niveau des instances décisionnelles », elles ont convaincu le jury avec une moyenne de 24,60/ 30.

De son côté, le Collège Saint Joseph Moukassa de Koudougou avec une moyenne de 26,44 sur 30 n’a laissé aucune chance à son adversaire dans la catégorie scolaire.

A travers ce prix remporté par le collègue le Collège Saint Joseph Moukassa de Koudougou en 5 éditions , l’établissement scolaire confirme sa domination dans la compétition d’art oratoire. Les lauréates, toutes venues de Koudougou, repartent avec chacune une enveloppe de 75 000 CFA, un trophée, des attestations de reconnaissance et bien d’autres gadgets.
Selon Reine Sondo, étudiante en histoire et archéologie et membre de l’équipe universitaire de Koudougou, c’est une fierté de remporter ce prix, face à l’équipe de Ouagadougou. « Nous sommes sacrée championnes et c’est un réel plaisir de repartir avec ce trophée », a-t-elle déclaré.
Consciente des difficultés auxquelles sont confrontés les organisateurs de la compétition, elle encourage les siens à ne pas abandonner . « Nous remercions les organisateurs qui n’ont pas bronché à nous accompagner du début jusqu’à la fin de la compétition », a souligné Reine Sondo.
Membre de l’équipe finaliste malheureuse, Zouaïratou Cissé a remporté le prix de la meilleure oratrice catégorie universitaire avec une moyenne de 18 /20.

Mais, comme on pouvait l’imaginer au regard de son éloquence, sa classe et maitrise de soi face au public, Bama Elfriede Jessica Yiboula de l’équipe scolaire de Koudougou a quant à elle été sacrée meilleure oratrice dans la catégorie scolaire.
A ces titres individuels, les meilleures oratrices remportent chacune un trophée, une enveloppe de 10 000 FCFA et une attestation de reconnaissance.
Afin d’accompagner les oratrices à avoir un avenir meilleur, l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) offre une formation en entrepreneuriat à celles-ci.
A cela s’ajoute un bon de permis de conduire au profit des oratrices offert par une entreprise de la place.
On ne s’inquiète pas pour l’avenir des filles au Burkina Faso.
Promotrice de la compétition d’art oratoire « voix de la femme », Thiono Rasmata ne cache pas son admiration pour les oratrices.
« Je suis étonnée, surtout au niveau scolaire, de voir les enfants manipuler les mots à ce point », a avoué Thiono Rasmata.
Parlant des difficultés rencontrées, elle regrette le manque de sponsors et d’accompagnement. « C’est un effort du comité d’organisation et un soutien de la marraine, du parrain et nous avons pu réaliser ceci aujourd’hui », a laissé entendre Rasmata Thiono.
Au regard des efforts fournis par les oratrices en cette 5ème édition de la finale du Concours d’art oratoire « voix de la femme », Rasmata Thiono souhaite avoir plus de sponsors pour les éditions à venir, afin de récompenser les lauréates au titre de leurs compétences.
Selon Sagêdoubkèta Sylvie Ouedraogo, marraine de la 5ème édition de la compétition, c’est avec une grande émotion qu’elle participe à la finale de la compétition. « Je suis impressionné par la culture que les filles ont sur les thématiques telles que le genre, le leadership, le développement personnel, l’Autonomisation de la femme et la place de la femme dans la politique », a-t-elle reconnu.

Avec ce que j’ai entendu, dit-elle, on ne s’inquiète pas pour l’avenir des filles au Burkina Faso.
A l’en croire, ce sont des femmes, qui sont aptes à se défendre, à défendre leurs intérêts et de femmes qui connaissent leurs droits et qui peuvent être des repères pour d’autres femmes. « Pour moi, c’est très important de participer à cet événement et de les encourager à continuer », a-t-elle expliqué, avant de solliciter l’aide des autorités burkinabè, pour accompagner ce processus. « Un jeune qui passe son temps à s’entraîner pour ce débat, n’est pas un jeune qui va aller prendre la drogue. C’est un jeune qui est occupé à se cultiver, pour le bien de la société burkinabè », a reconnu la marraine.

« Autonomisation féminine, un socle de développement endogène pour une société solidaire en temps d’insécurité », c’est le thème retenu pour la 5ème édition de la compétition .
Lancée le 17 janvier dernier, la compétition a enregistré 13 équipes au niveau universitaire, et 08 équipes au niveau scolaire venues de Ouagadougou avec pour frais de participation la somme de 10 000 FCFA.
Avec également 08 équipes au niveau scolaire, Koudougou, soit la troisième ville la plus peuplée du Burkina Faso a enregistré 11 équipes dans la catégorie universitaire au départ de la compétition.
Abdoulaye Ouédraogo
Anouchka Zongo


